- Julien Mazzoni | Crée le 15.07.2026 à 11h48 | Mis à jour le 15.07.2026 à 12h57ImprimerTeva Puahio, Caël Normandon et Oriane Trolue font partie des trente et un élus qui découvrent le Congrès à l’occasion de cette mandature. Photomontage LNC / Julien MazzoniTrente-quatre des cinquante-quatre conseillers du Congrès ne siégeaient pas dans l’assemblée sortante. Un renouvellement de 63 % où se côtoient premiers mandats, retours d’anciens représentants, mais aussi d'anciens membres du gouvernement vers l’hémicycle. Pour mesurer ce que cette recomposition peut changer, trois de ces nouveaux élus livrent leurs premières impressions : Caël Normandon, Oriane Trolue et Teva Puahio.
Caël Normandon (Les Loyalistes) a découvert, vendredi 10 juillet, les travées du boulevard Vauban et a accédé, dès la séance d’installation, à la cinquième vice-présidence du Congrès. "Dans un pays où on dit souvent que la jeunesse n’a pas de place ou qu’elle manque d’écoute, être membre de cette institution à 26 ans, c’est une chance et une opportunité", mesure le benjamin de l’hémicycle.
Seuls vingt membres du Congrès sortant ont conservé leur poste. Près de deux sièges sur trois ont ainsi changé de titulaire. Autre point marquant, la nouvelle assemblée affiche 49,2 ans de moyenne d’âge, contre 57 ans auparavant, et une parité exacte, avec vingt-sept femmes et vingt-sept hommes, contre respectivement 28 et 26 en fin de mandat. À 74 ans, c’est Paul Néaoutyine qui en est le doyen.
La tendance n’est cependant pas uniforme. Les six élus de Kanaky pour tous sont des entrants, comme les deux élus issus d’Agissons ensemble pour le Nord et les trois de l’UC-FLNKS des Îles. À l’inverse, l’UNI ne compte que deux nouveaux membres sur six et l’UC-FLNKS du Nord, trois sur sept.
Ces trente-quatre nouveaux visages ne font toutefois pas tous leurs débuts en politique. Pascal Vittori, Marie-Pierre Goyetche et Basile Citré ont déjà connu le Congrès. Laurie Humuni a siégé dans le gouvernement Mapou, Naïa Wateou, en plus d’avoir été élue, appartient à l’exécutif sortant, et Christopher Gygès a lui aussi une solide expérience gouvernementale. Le renouvellement mêle donc primo-élus, revenants et transferts d’une institution à une autre.
"Apprendre" et porter sa génération
Originaire de Ouégoa, Caël Normandon est élu dans le Sud et conseiller municipal de Nouméa. Son engagement remonte à 2018, lors de la campagne du premier référendum. Au Congrès, il explique vouloir travailler sur les conditions de vie des étudiants, le statut des apprentis, l’entrée des jeunes dans la vie active ou encore l’environnement.
Dans un groupe de vingt-deux élus où siègent plusieurs responsables chevronnés, il revendique avant tout la volonté "d’apprendre". Son parcours personnel, entre le Grand Nord et la capitale, lui servira également à nourrir son dialogue avec les indépendantistes, estime le jeune élu. "J’ai grandi à Ouégoa, dans un lieu où on vit tous les jours ensemble. Et je découvre qu’en fait, les institutions, c’est aussi ça." Au-delà des désaccords sur l’avenir institutionnel, il est convaincu qu’il est possible de se retrouver sur les dossiers du quotidien.
Du militantisme féministe à la loi
Oriane Trolue (Kanaky-NC) connaissait déjà le Congrès, mais plutôt côté coulisses. Juriste et ancienne collaboratrice auprès du gouvernement, elle y assistait à des réunions, mais sans prendre part aux décisions. "En tant qu’élue, c’est différent", témoigne-t-elle. En 2019, elle figurait en 42e position sur la liste indépendantiste. Sept ans plus tard, son parcours dans les structures du FLNKS et les associations féministes l’a conduite jusque sur les bancs de l’hémicycle.
Pour ses premières impressions, elle dit ressentir la nécessité "d’être à la hauteur de l’institution et de la population" qui lui a fait confiance. Ses priorités : l’égalité entre les femmes et les hommes, la protection de l’enfance, la lutte contre les stéréotypes de genre et les discriminations.
Car la seule parité au Congrès ne suffira pas en elle-même à produire des politiques de lutte contre les inégalités de genre, prévient-elle. "Le fait d’être une femme, ce n’est pas une immunité contre les biais patriarcaux ou l’aliénation patriarcale." Habituée à travailler avec des militantes de sensibilités différentes, elle entend bien éprouver cette méthode au cours de son mandat, face à des rapports de force politique souvent tendus.
De l’ombre à la lumière
Teva Puahio (Éveil océanien), quant à lui, arrive par une autre porte, celle de sa commune. Premier adjoint de Thio de 2005 à 2013, il s’était éloigné de la politique pour se consacrer à sa famille et à son entreprise. En quelques mois, il a conquis la mairie de Thio en mars, puis un siège à la province Sud et au Congrès.
Ancien collaborateur, il connaît déjà l’institution, mais assume de devoir encore se former pour en maîtriser les rouages. "Être élu, c’est bien, mais il faut ensuite devenir un élu aguerri", explique-t-il. Mines, emploi, agriculture, pêche, tourisme et transports figurent parmi ses priorités, étroitement liées à sa petite commune de la côte Est. Son double mandat sera aussi pour lui l’opportunité de rapprocher ces deux temporalités qui ont parfois du mal à s’accorder. "Quand tu es dans le monde institutionnel, tu perds un peu la notion du temps", illustre-t-il. En tant que maire, les habitants lui rappellent régulièrement l’urgence des besoins quotidiens.
Sa victoire à Thio a donné un nouvel ancrage à l’Éveil océanien sur la côte Est, même si Teva Puahio avait conduit une liste d’ouverture, tout en assumant son appartenance au mouvement. Il y voit un moyen de dépasser l’image de "parti communautaire" longtemps accolée à l’Éveil océanien, qu’il espère prolonger sur les bancs du Congrès.
Reste maintenant un dernier étage à renouveler. Les membres du prochain gouvernement devront être élus par le Congrès d’ici au 31 juillet. Si certains de ceux qui siègent boulevard Vauban rejoignaient l’exécutif, ils seraient remplacés par leur suivant de liste. Cette nouvelle redistribution dira si le mouvement observé dans les provinces et au Congrès gagne aussi le gouvernement, ou si les responsabilités exécutives restent confiées aux figures les plus aguerries.
34 entrants, 34 sortants
Le terme "entrant" désigne ici un élu qui ne figurait pas dans la composition du Congrès sortant. Certains ont cependant déjà siégé lors d’une mandature antérieure ou exercé des fonctions au gouvernement.
Les 34 entrants
Les Loyalistes – Le Rassemblement, Forts et Unis (14)
Marie-Laure Ukeiwë, Lionel Paagalua, Pascal Vittori, Amandine Bui-Duyet, Christopher Gygès (élu en 2019, puis nommé au gouvernement), Cynthia Jan, Loïc Basset-Creugnet, Naïa Wateou (élue, puis nommée au gouvernement en novembre 2025), Caël Normandon, Guylène Wamedjo, Jordan Courtot, Levay Roy, Laure Moreau et Xavier Rossard.Un autre monde est possible ! (2)
Teva Puahio et Sandra Hema.Kanaky pour tous (6)
Johanito Wamytan, Oriane Trolue, Dominique Fochi, Marie-Pierre Goyetche, Jean-Patrick Toura et Laurie Humuni.Union nationale pour l’indépendance (2)
Joseph Boewe et Doriane Poymegna.UC-FLNKS du Nord (3)
Jacinthe Kaichou, Florentin Dedane et Gaston Nedenon.Agissons ensemble pour le Nord (2)
Vanessa Wacapo et Edwin Billiet.Nation Autochtone (2)
Basile Citré et Melia Qenenoj.UC-FLNKS des Îles (3)
Mickaël Forrest, Odri Wajoka et Jean-Albert Wadedeu.Les 34 élus qui quittent les bancs du Congrès
Alesio Saliga, Aniseta Tufele, Annie Qaeze, Caroline Machoro-Reignier, Charles Washetine, Daniel Goa, Emmanuelle Khac, Françoise Suvé, Guy-Olivier Cuenot, Inès Kouathe, Isabelle Kaloï, Ithupane Tieoue, Jean Creugnet, Jean Kays, Jean-Gabriel Favreau, Jean-Pierre Djaïwé, Kadrilé Wright, Lionnel Brinon, Louis Mapou, Magali Manuohalalo, Marie-Line Sakilia, Mathias Waneux, Muriel Malfar-Pauga, Nadia Heo, Nadine Jalabert, Pascale Montagnat, Philippe Blaise, Philippe Dunoyer, Reine Hue-Vendégou, Roch Wamytan, Sylvain Pabouty, Vaimu’a Muliava, Wilfrid Weiss et Yoann Lecourieux.
MERCI DE VOUS IDENTIFIER
Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.X
J'AI DÉJA UN COMPTEJE N'AI PAS DE COMPTE- Vous n'avez pas encore de compte ?
- Créer un nouveau compte
Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement. -
-
DANS LA MÊME RUBRIQUE
-
VOS RÉACTIONS




Les transports aériensà consulter ici











