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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 22.04.2026 à 14h07 | Mis à jour le 22.04.2026 à 14h07
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    Le député de La France insoumise (LFI), Bastien Lachaud, a annoncé le dépôt d’une proposition de résolution, afin de créer une commission parlementaire sur la gestion de la crise insurrectionnelle par l’État. Photo Archives LNC / Anthony Tejero
    Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le député La France insoumise Bastien Lachaud annonce avoir déposé une demande de commission parlementaire afin de "faire toute la lumière" sur la gestion des émeutes de mai 2024 par l’État, qu’il qualifie de "répression féroce".

    Le groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a déposé une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur la gestion par l’État des émeutes de 2024. L’annonce a été faite par le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Bastien Lachaud, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux.

    L’objectif : "faire toute la lumière" sur ces évènements que l’élu qualifie de "révoltes populaires". "Quinze personnes [quatorze selon le bilan officiel, NDLR] ont perdu la vie, des milliers ont été blessés." Le député d’opposition, très engagé sur la question calédonienne, y voit ainsi le moyen de placer l’État face à ses responsabilités, qu’il accuse d’avoir rompu avec le principe d’impartialité par toute une série d’actions menées ces dernières années (maintien de la date du troisième référendum, nomination de Sonia Backès au gouvernement, etc.) et d’avoir ainsi créé les conditions de l’insurrection du peuple kanak.

    "Comment le gouvernement n’a-t-il pas pu voir qu’en passant en force [sur le dégel du corps électoral NDLR], il allait produire ce résultat ? Comment a-t-il organisé cette répression ? Comment est-il responsable de ces morts, de ces blessés ? Il est indispensable que nous puissions mettre au jour l’ensemble de ces mécanismes pour s’assurer que plus jamais cela ne puisse se reproduire, pour en finir avec la gestion coloniale des territoires ultramarins, dont Emmanuel Macron se fait aujourd’hui une grande spécialité." Dans un rapport rendu en janvier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) avait déjà épinglé l’État sur sa gestion de la crise calédonienne, estimant que plusieurs droits fondamentaux n’avaient pas été respectés par les autorités et les forces de l’ordre, et que la réponse répressive s’était avérée disproportionnée.

    "Exigence démocratique"

    C’est désormais à la commission permanente de l’Assemblée nationale de valider ou non la création de la commission. Celle-ci ne rendra pas d’avis sur le fond, mais statuera sur la recevabilité de la proposition du groupe LFI, en particulier s’agissant de l’exposé des motifs. Une commission d’enquête parlementaire est composée de trente députés à la proportionnelle des groupes, qui a la possibilité de convoquer des responsables, auditionner des témoins et obtenir tous les renseignements ou documents nécessaires à leurs travaux. Elle dispose ensuite d’un délai maximum de six mois pour rendre un rapport, pouvant donner lieu à un débat parlementaire, à des recommandations voire au dépôt d’une proposition de loi.

    Le Mouvement nationaliste, indépendantiste, souverainiste (MNIS), qui avait remis en mai 2025 un rapport aux députés de LFI demandant la création d’une telle commission, s’est réjoui de l’initiative. Selon le parti présidé par Muneiko Haocas, elle représente une "exigence démocratique" qui pourrait permettre de faire naître "une vérité qui n’appartient à aucun camp".

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