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    Grand Nouméa
  • Julien Mazzoni | Crée le 20.05.2026 à 16h54 | Mis à jour le 20.05.2026 à 16h55
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    Le regroupement des bureaux de vote dans le Grand Nouméa continue d’alimenter les débats politiques à quelques semaines des élections provinciales du 28 juin. Photo archives LNC  (A.-C.P.)
    À quelques semaines des élections provinciales du 28 juin, le regroupement des bureaux de vote dans le Grand Nouméa s’est invité dans le débat politique. Au Congrès, lundi 18 mai, à l’occasion de l’examen de la loi organique visant à intégrer les natifs au corps électoral, les élus de chaque camp et l’État ont confronté leurs positions sur les impacts de cette organisation.

    Il n’y a pas que le corps électoral qui divise la classe politique à l’approche des provinciales. Lundi 18 mai, au Congrès, les discussions sur le projet de loi organique visant à intégrer les natifs à la liste spéciale ont ravivé un autre sujet sensible, celui de l’accès aux bureaux de vote dans le Grand Nouméa. En toile de fond, les regroupements décidés après les émeutes de 2024 dans plusieurs communes.

    À Nouméa, l’organisation des bureaux de vote avait déjà été fortement regroupée lors des législatives anticipées de 2024 organisées après les émeutes. Un dispositif largement reconduit pour les municipales de mars 2026, avec huit grands sites de vote à l’échelle de la capitale.

    Une organisation déjà pointée du doigt à l’époque par certaines formations politiques et qui continue de susciter aujourd’hui critiques et interrogations. Dans un communiqué diffusé le lundi 18 mai, Calédonie ensemble, par exemple, y voit un "déni de démocratie" et réclame le rétablissement des anciens bureaux de vote.

    Difficultés pour les quartiers populaires

    Quelques jours auparavant, le 15 mai, le FLNKS avait lui aussi porté le sujet en conférence de presse. Sylvain Pabouty (Dynamique unitaire sud) avait alors estimé que les conditions d’un "scrutin sincère" nécessitaient de revoir certains regroupements de bureaux de vote, notamment pour les personnes âgées, handicapées ou sans moyens de transport.

    Lors des débats au Congrès, lundi, l’élu indépendantiste a de nouveau jugé insuffisants les ajustements engagés ces derniers jours à Nouméa et à Païta. "Ajouter deux sites supplémentaires à Kaméré et à Rivière-Salée, c’est insuffisant", a-t-il estimé, rappelant qu’une cinquantaine de bureaux existaient auparavant à Nouméa.

    Le sujet s’est d’ailleurs longuement invité dans les échanges autour du projet de loi sur l’intégration des natifs. Le président de l’Éveil océanien, Milakulo Tukumuli, a défendu à cette occasion un amendement visant à interpeller l’État sur les conséquences de ces regroupements.

    "À Païta, où j’ai fait campagne pour les municipales, autrefois, les gens traversaient la rue pour aller voter. Maintenant, ils sont obligés d’aller à l’Arène du Sud", a-t-il plaidé, évoquant notamment les difficultés rencontrées dans certains quartiers populaires pour accéder aux bureaux de vote, d’autant plus que le service de bus ne fonctionne désormais plus le dimanche dans l’agglomération.

    Décalage chez les indépendantistes

    Son amendement n’a finalement pas été adopté. Une décision qui a mis en lumière un décalage politique au sein du camp indépendantiste. Malgré les critiques régulièrement formulées par des responsables d’Unité pays (la liste du FLNKS aux municipales à Nouméa) ou de cadres du Front sur les regroupements de bureaux de vote, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès s’est abstenu sur ce texte.

    Interrogé sur cette abstention après la séance, le président du groupe, Pierre-Chanel Tutugoro, se défendait en expliquant qu’elle ne traduisait pas une opposition de fond mais relevait, selon lui, d’une question de cadre juridique. "On sait pertinemment que ce sont des sujets qui ne relèvent pas d’une proposition de projet de loi organique", a-t-il déclaré, estimant que ces questions devaient être traitées directement avec les services du haut-commissariat.

    Face aux critiques, le secrétaire général du haut-commissaire, Benoît Huber, a défendu l’analyse de l’État sur la participation électorale dans les quartiers concernés. "La participation électorale est toujours plus faible dans les quartiers populaires. Ce n’est pas propre à la Nouvelle-Calédonie", a-t-il argumenté devant les élus.

    Le représentant de l’État a également estimé que le regroupement des bureaux opérés après les émeutes n’avait "absolument rien changé" cette tendance de fond, et rappelé les difficultés rencontrées par les communes pour trouver suffisamment d’assesseurs et de personnel.

    Lecture maladroite de l’État

    Une lecture plutôt maladroite contestée notamment par Philippe Dunoyer. L’ancien cadre de Calédonie ensemble a estimé que ces regroupements ne pouvaient pas être justifiés par une participation plus faible dans certains quartiers. "Ce qui me choque, a-t-il répondu à Benoît Huber, c’est que vous expliquiez que c’est normal de regrouper parce que comme les gens votent moins et qu’en plus ça coûte cher, c’est logique !"

    En parallèle, à Nouméa, le site unique de Ko We Kara doit être remplacé par deux lieux distincts à Kaméré et à Rivière-Salée. À Païta la mairie a demandé le rétablissement de plusieurs bureaux à Tamoa. Le sujet reste également sensible au Mont-Dore, où le transfert du bureau de vote de l’île Ouen à Plum avait provoqué la colère d’une partie des habitants lors des municipales.

    Contactées à de nombreuses reprises, les mairies du Mont-Dore et de Nouméa n’ont pas répondu à nos questions.

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