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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 01.10.2026 à 14h28 | Mis à jour le 01.10.2026 à 14h28
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    Odo Tevi, ambassadeur et représentant permanent du Vanuatu auprès des Nations unies, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, lundi 28 septembre à New York. Photo Photo UN Web TV
    Trois mois après l’examen de la situation calédonienne par le Comité spécial de la décolonisation de l’ONU et moins d’un mois après le Forum du Pacifique, Port-Vila a choisi la tribune de l’Assemblée générale, lundi 28 septembre, pour réaffirmer son soutien à la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. Le Vanuatu appelle notamment les Nations unies à rester engagées dans le processus.

    La Nouvelle-Calédonie s’est invitée à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le lundi 28 septembre. À l’occasion de son discours, Odo Tevi, ambassadeur et représentant permanent du Vanuatu auprès de l’ONU depuis 2014, a réaffirmé le "soutien indéfectible" de Port-Vila à la décolonisation de "Kanaky-Nouvelle-Calédonie" et au droit à l’autodétermination du peuple kanak.

    Le diplomate a appelé à un processus "pacifique, inclusif, transparent et crédible" conforme à la Charte des Nations unies et aux résolutions de l’Assemblée générale. Il a également pointé des inégalités persistantes en matière d’emploi, d’éducation, de revenus et d’accès aux opportunités économiques. Des déséquilibres qui, selon Port-Vila, "peuvent être compris comme des formes de violence structurelle".

    Le suivi de l’ONU réclamé

    Le Vanuatu a demandé la "pleine mise en œuvre" des résolutions de l’ONU sur la Nouvelle-Calédonie et appelle à poursuivre le dialogue entre l’ensemble des acteurs, notamment la France, en tant que puissance administrante, et les représentants du peuple kanak.

    Port-Vila a également demandé que le Comité spécial de décolonisation, le C24, qui examine la situation des territoires non autonomes, ainsi que la Quatrième commission de l’Assemblée générale, devant laquelle sont notamment débattues ces questions, continuent de suivre le dossier calédonien.

    La Nouvelle-Calédonie a été réinscrite en 1986 sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU. Son cas avait encore été examiné le 15 juin dernier par le C24. Devant le comité, la France avait alors elle-même présenté la Nouvelle-Calédonie comme "engagée dans un processus de décolonisation" fondé sur le droit à l’autodétermination et réaffirmé sa disponibilité pour accueillir une mission du C24 lorsque celui-ci le jugerait opportun.

    Dans le prolongement des Palaos

    Cette prise de parole vanuataise à New York intervient un mois après le sommet du Groupe Fer de lance mélanésien (GFLM) aux Palaos. Le 31 août, à Koror, ses dirigeants, ministres et représentants, réunis en marge du forum des îles du Pacifique, avaient adopté une feuille de route de soutien au FLNKS et annoncé une "action diplomatique coordonnée" en faveur d’une décolonisation reconnue internationalement. Le président du Front, Christian Tein, expliquait alors vouloir faire entendre la revendication indépendantiste "dans le Pacifique, mais aussi à l’international".

    Cette ligne n’avait cependant pas été reprise telle quelle par l’ensemble du Forum. Dans sa déclaration finale, l’organisation régionale s’était contentée de "prendre note" de la position du GFLM et avait appelé les différentes parties à poursuivre le dialogue.

    Matthew et Hunter et West Papua

    Avant d’aborder le sujet de la Nouvelle-Calédonie, Odo Tevi a également évoqué devant ses homologues la situation de la Papouasie occidentale, administrée par l’Indonésie depuis 1963 et où une insurrection armée perdure depuis les années 60. Les indépendantistes contestent toujours la consultation de 1969, organisée non pas au suffrage universel mais auprès de seulement 1 026 représentants chargés de s’exprimer au nom de la population.

    Le Vanuatu s’est dit "profondément préoccupé" par les violations des droits humains rapportés contre les populations papoues autochtones et a de nouveau réclamé une visite du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

    Enfin, le représentant vanuatais a consacré une partie de son intervention au différend sur les îles Matthew (Umaenupne) et Hunter (Umaeneg/Leka). Le Vanuatu, qui a saisi la Cour internationale de justice, invite de nouveau la France à accepter la compétence de sa juridiction. Paris a réaffirmé début septembre sa souveraineté sur les deux îlots et indiqué qu’elle répondra "en temps voulu" à la requête vanuataise.

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