fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • L Calédonie / Propos recueillis par Frédérique de Jode | Crée le 06.09.2026 à 14h00 | Mis à jour le 06.09.2026 à 14h00
    Imprimer
    Julie et ses trois filles Daphné, Joyce et Anaé, aiment partager leur quotidien dans des vidéos spontanées, dont certaines ont fait le buzz. Photo Bruno Fortin / L Calédonie
    Arrivée en 2023 en Nouvelle-Calédonie, la famille Lodier, suivie par 500 000 followers, est connue pour partager ses moments de vie sur les réseaux. C’est avec Julie et ses trois filles, Daphné, 13 ans, Joyce, 8 ans, et Anaé, 7 ans, que l’on évoque leur présence sur Internet. Une interview de notre partenaire le magazine L Calédonie.

    Comment avez-vous commencé vos vidéos sur les réseaux sociaux ?

    Julie : J’ai commencé en Métropole dans un cadre professionnel, car je n’avais pas de budget communication pour mes produits. Puis, j’ai eu envie de parler de mon quotidien, étant maman solo avec trois filles, car Antony était encore militaire et n’était pas souvent à la maison. Cela m’a permis d’échanger avec des femmes qui étaient dans la même situation. Et c’est devenu un passe-temps.

    Quel âge avaient les filles à cette époque ?

    Julie : Anaé avait 2 ans, Joyce 3 ans et Daphné 8 ans.

    Tu t’en souviens Daphné ?

    Daphné : Je me souviens que l’on faisait des activités pour Halloween. On créait des pots avec des têtes de mort. Maman filmait et j’aimais bien.

    Julie : Tous les mercredis, c’était activité manuelle. En fonction des périodes, on faisait de la déco. En même temps, je proposais des recettes de goûter, des recettes pas chères, des astuces du quotidien, des bons plans, des promenades avec les filles. Une vraie trad wife ! Les réseaux, c’est devenu un second boulot, tout en gardant mon entreprise. Je n’étais pas loin d’une vidéo par jour.

    Avant de vous installer en Nouvelle-Calédonie, vous aviez déjà une bonne communauté ?

    Julie : J’étais suivie par 250 000 abonnés, mais j’étais une petite fourmi dans la masse. Ce qui change ici, c’est la proximité, car nous sommes moins nombreux. On rencontre des gens qui nous reconnaissent avec lesquels on échange, on partage, et c’est toujours dans la bienveillance. Mais je ne me prends pas pour une star et je ne veux pas l’être. Les réseaux nous ont apporté des moments très sympas pour moi qui suis si timide en présence d’autres personnes.

    Ce n’est pas paradoxal alors que vous exposez votre vie ?

    Julie : Quand je fais mes vidéos, je suis chez moi avec mes enfants, ma famille, mes amis et mon téléphone, je ne suis pas devant des personnes physiquement. Les gens ont l’impression de connaître toute notre vie, mais ce n’est pas vrai, car on ne partage même pas 3 % de notre vie.

    Les vidéos que vous faites avec vos filles sont-elles scénarisées ?

    Julie : Pas du tout. Tout est naturel. Si je leur imposais un scénario, cela sonnerait faux. Si je dis à Joyce de faire quelque chose, elle va faire le contraire. Je pense que c’est pour cela que nos vidéos fonctionnent. On ne joue pas un rôle. Nous sommes pareils dans la vie. Daphné, c’est la fille parfaite, Anaé, la petite princesse et Joyce, la caillafou.

    Sur les réseaux, il y a toujours des rageux qui se cachent derrière des pseudos et qui déversent leur haine, mais ils ne s’acharnent pas sur nous spécifiquement. La plupart des gens sont adorables et humains.

    Quelles sont les vidéos avec les filles qui ont fait le buzz ?

    Julie : Les vidéos du calendrier de l’Avent connaissent du succès, quand les filles déballent un cadeau chaque jour. Elles dépassent les 3 millions de vues. Le vlog à Lifou a été aussi très regardé.

    Qu’est-ce que vous ne montrez jamais sur les réseaux sociaux ?

    Julie : Les moments difficiles que nous pouvons vivre comme dans toute famille et qui concernent la sphère très intime. Je veux partager des good vibes d’autant plus que nous sommes dans une situation compliquée en Nouvelle-Calédonie. Je ne vais pas me filmer en disant que ça ne va pas. Les réseaux ne sont pas le bureau des pleurs. Je respecte aussi la liberté de mes filles si elles ne veulent pas être filmées.

    Est-ce qu’en général, vous aimez être filmées ?

    Daphné, Joyce et Anaé : Cela ne nous dérange pas, mais cela dépend des vidéos et des moments.

    Vous n’avez jamais de réflexions négatives ?

    Daphné, Joyce et Anaé : Non, cela se passe bien.

    Julie : C’est quelque chose qui nous faisait très peur. Nous étions conscients que Daphné était connue, donc nous avions une appréhension lors de sa rentrée au collège. Nous en avons beaucoup discuté. Franchement, tout le monde est bienveillant au collège. Après, sur les réseaux, il y a toujours des rageux qui se cachent derrière des pseudos et qui déversent leur haine, mais ils ne s’acharnent pas sur nous spécifiquement. La plupart des gens sont adorables et humains.

    Daphné, tu veux être aussi créatrice de contenu ?

    Daphné : J’aime bien ce métier, je voudrais être actrice, mais pour maman et papa, il faut un plan B.

    Julie : On veut qu’elle fasse des études pour avoir un métier dans les mains, même si nous n’avons rien contre son rêve de devenir actrice ou créatrice de contenu.

    Et, vous Joyce et Anaé ?

    Joyce : Chanteuse ou danseuse ou Tik Tokeuse, et youtubeuse.

    Anaé : Maîtresse. Plan B, vétérinaire. Plan C, coiffeuse et plan D, travailler pour une association animale.


    Photo Bruno Fortin / L Calédonie

    Vous dites qu’il ne faut pas que vos filles se focalisent sur un métier de créatrice de contenu, qu’elles fassent des études alors que vous êtes des créateurs de contenus ?

    Julie : Aujourd’hui, oui, c’est notre métier de vivre de collaborations avec des enseignes, d’être community managers, mais cela n’était pas le cas avant. Anthony et moi, nous avons commencé à travailler très tôt pour gagner notre vie. J’ai commencé à travailler à 14 ans, Anthony aussi. Nous ne venons pas de familles aisées. À la base, je suis carrossier-peintre. À 20 ans, quand les jeunes s’amusent, Anthony et moi, nous avons acheté une maison et tout notre argent passait dans la maison. J’ai passé 10 ans sans prendre soin de moi. Nous avons la chance d’avoir de l’argent de côté. Alors oui, nous vivons de nos collaborations, de nos métiers de créateurs de contenu, mais nous avons d’autres bagages si demain cela s’arrête.

    Je pense que ce n’est pas parce qu’il y a une réglementation que les choses vont changer. TikTok est interdit avant 13 ans, mais il y a des petits en primaire qui sont sur TikTok, parce qu’ils sont sur le compte de leur grand frère ou grande sœur, de leurs parents. Il faut la surveillance des parents.

    Il y a beaucoup de créateurs de contenu qui refusent de filmer leurs enfants pour éviter que leur image soit manipulée. Vous n’avez pas fait ce choix. Vous n’avez pas peur ?

    Julie : C’est un risque que nous prenons, c’est une question que nous nous sommes posée. Nous prenons toutes les précautions possibles. Dès qu’il y a un commentaire déplacé, un peu malsain, je bloque la personne. Les filles sont conscientes qu’elles sont connues. Elles sont énormément briefées. À la sortie de l’école, elles ne doivent pas parler à des gens qu’elles ne connaissent pas.

    Que pensez-vous de l’interdiction des réseaux avant 16 ans ?

    Julie : Je pense que ce n’est pas parce qu’il y a une réglementation que les choses vont changer. TikTok est interdit avant 13 ans, mais il y a des petits en primaire qui sont sur TikTok, parce qu’ils sont sur le compte de leur grand frère ou grande sœur, de leurs parents. Il faut la surveillance des parents. Moi, mes filles ne sont pas sur les réseaux, parce que j’ai beaucoup communiqué avec elles sur ça et que pour l’instant, elles n’en ont pas la nécessité. Cela ne les gêne absolument pas. Nous regardons quelques vidéos ensemble, mais c’est tout. J’ai déjà évoqué avec les filles qu’il y a des gens sur les réseaux qui se font passer pour une gamine alors que c’est un adulte. Les filles iront sur les réseaux quand elles en auront vraiment envie et qu’elles seront responsables. Et, cela passe d’abord par ranger sa chambre, ramasser son linge sale. Elles ont des emplois du temps chargés, entre l’école, les devoirs, les activités et la lecture avant de s’endormir. Cela, j’y tiens. Quand pourraient-elles avoir le temps de scroller ? C’est paradoxal et contradictoire ce que je dis. Il est vrai qu’Anthony et moi, nous sommes peu addicts aux réseaux sociaux à part pour le travail, pour découvrir les nouvelles trends.

    Des projets futurs ?

    Julie : J’aimerais développer un podcast pour interviewer des personnes qui n’ont pas forcément la parole en toute liberté, partager la Nouvelle-Calédonie que je découvre encore. J’aimerais montrer le vivre ensemble qui existe toujours et qui n’est pas forcément mis en avant. J’ai signé récemment un contrat avec une maison d’édition en Métropole pour la sortie d’un livre qui retracera notre vie, notre famille, ainsi que mon et nos parcours.

    Note

    Retrouvez le magazine L Calédonie sur Facebook.

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS