- L Calédonie / Aurélia Dumté | Crée le 08.11.2026 à 13h00 | Mis à jour le 08.11.2026 à 13h00ImprimerAlana Vaitanaki, Keilani Terrat et Cassidy Tagisia, joueuses de l’Union Rugby Club de Dumbéa. Photo Marc Le ChélardPlaquer, courir, marquer, tomber, se relever… Et recommencer. À l’Union Rugby Club de Dumbéa, les filles sont présentes dans toutes les catégories. Un sport complet qui muscle le corps autant que le mental, cultive la solidarité et offre une place à toutes. Et pour celles que les plaquages impressionnent encore, il reste le touch. Un article de notre partenaire le magazine L Calédonie.
"Ce qui m’a attirée ? Le contact, le plaquage." À 15 ans, Alanna Vaitanaki joue au rugby depuis déjà dix ans. C’est son frère qui lui a donné envie de chausser les crampons et, aujourd’hui, elle rêve de haut niveau. Même passion chez Typhanie Poulawa, 15 ans, et sa sœur Johanna, 17 ans, qui ont découvert le rugby à l’école il y a cinq ans. L’une aime le jeu, l’autre la compétition et cette satisfaction toute particulière d’aller marquer. Au sein de l’Union Rugby Club de Dumbéa (URCD), qui compte 235 adhérents, les filles sont présentes dans toutes les catégories, se réjouit Simone Mavaetau, arbitre et titulaire d’un brevet fédéral de la Fédération Française de Rugby.
Du muscle… et du mental
Courir, accélérer, esquiver, passer, plaquer : voilà un sport complet. Le rugby développe le cardio, la puissance, la coordination et, oui, "ça développe les jambes", rigolent les jeunes joueuses. Mais le principal muscle sollicité pourrait bien être le mental. "On apprend à aller au bout de ses capacités", estime Johanna. Cassidy, 14 ans, tout juste revenue de France où elle a participé à un stage Top 25, parle d’exigence et de concentration. Avec Alanna et Keilani, elle fait partie du Pôle Espoir du Pacifique.

Prisca Malau, responsable de la section féminine de l’Union rugby club de Dumbéa. Photo Marc Le ChélardLes règles sont les mêmes pour les filles et les garçons, mais l’entraînement peut être adapté. "Le corps des femmes est physiologiquement différent. L’échauffement, par exemple, peut être plus long", explique Prisca Malau, responsable de la section féminine et coach en formation. Avec une petite observation glissée par Simone : "Les filles sont aussi plus attentives et plus disciplinées". Et plus stratégiques, de l’avis de toutes.
Une place pour chacune
Grande, petite, fine, costaude, rapide ou puissante, le "physique de rugbyman" n’a pas sa place ici. "Il n’y a pas besoin d’avoir un corps particulier pour trouver sa place sur le terrain", insiste Prisca. Chaque poste demande des qualités différentes et chacune est indispensable pour permettre à l’équipe d’avancer et de marquer.
C’est là que le rugby révèle une autre de ses forces : le collectif. Impossible de gagner seule. Il faut faire confiance, soutenir, transmettre et respecter le rôle de l’autre. Passion, intégrité, solidarité, respect et discipline : les valeurs du rugby prennent tout leur sens sur le terrain. Cassidy y ajoute humilité et exigence. Une forme de sororité se crée naturellement : on se dépasse ensemble, on se relève, on encourage la copine et on apprend à compter les unes sur les autres. À l’URCD, "tout est une histoire de famille et de potes", résume Christine Hervouët, trésorière adjointe.

Le rugby au féminin attire de plus en plus de jeunes adeptes, portées par des exemples comme Yolaine Yengo ou Manae Feleu, capitaine des Bleues. Photo Marc Le ChélardEt pour celles qui rêvent d’aller plus loin, les modèles existent. Les jeunes de l’URCD citent notamment Manae Feleu, capitaine des Bleues, et dont la famille est originaire de Futuna, ou Yolaine Yengo, qui passe justement devant le groupe de jeunes athlètes. Le club voit aussi certaines de ses joueuses poursuivre leur parcours, comme Pauline Lancrenon, 18 ans, qui a rejoint un club en France en début d’année, notamment grâce au soutien financier de mécènes privés, comme la Société Générale. Alors, une vraie place pour le rugby féminin et, demain, davantage de joueuses professionnelles ? Cassidy, Alanna et les autres n’hésitent pas une seconde : "Oui !"
Et si on commençait par le touch ?
Envie d'essayer sans forcément se faire plaquer ? La section touch rugby offre une excellente porte d'entrée. Pas de plaquage : un simple toucher suffit à arrêter l'adversaire. Courses, passes, esquives et stratégie restent au programme. Pratiqué en loisir à partir d'environ 14 ans, avec jeunes, adultes, filles et garçons, le touch est ludique, très collectif et accessible sans être une grande sportive.
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