fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • Propos recueillis par Julien Mazzoni | Crée le 30.09.2026 à 16h15 | Mis à jour le 30.09.2026 à 17h16
    Imprimer
    De retour en Nouvelle-Calédonie pour la troisième fois, Messmer présentera "13 Hz" le vendredi 2 octobre à l’Arène du Sud de Païta. Photo Julien Mazzoni
    Pour son troisième passage en Nouvelle-Calédonie, Messmer présentera, le vendredi 2 octobre, son nouveau spectacle, "13 Hz", à l’Arène du sud de Païta. L’hypnotiseur québécois y mêle expériences collectives, humour et, nouveauté, un final aux platines. Avant de retrouver le public calédonien, il dévoile les coulisses de l’hypnose de spectacle, ses limites et la manière dont il repère ceux qui sont le plus réceptifs.

    Vous revenez en Nouvelle-Calédonie pour la troisième fois. Qu’avez-vous voulu faire de différent avec "13 Hz" ?

    J’ai voulu faire un spectacle qui soit plus proche de moi. J’ai toujours rêvé d’être DJ. Quand j’avais 7 ou 8 ans, je mettais déjà les platines dans le sous-sol à la maison et je faisais danser mes oncles et mes tantes. Je me suis dit : pourquoi ne pas arriver à faire ça sur scène ?

    Pour la première fois, je mixe réellement pendant le spectacle. C’est le final. La musique, les lumières, les écrans, les effets spéciaux permettent de stimuler plusieurs sens en même temps. La musique nous influence déjà naturellement : un morceau peut faire revenir un souvenir, provoquer une émotion, nous faire taper du pied. Avec la suggestion hypnotique, j’amplifie cet effet. Les gens peuvent alors s’imaginer à Ibiza ou à Tomorrowland et vivre cette expérience sous hypnose.

    Ce spectacle est aussi plus familial pour vous, puisque vos deux filles, Magie et Soleil, montent sur scène à vos côtés…

    Oui, elles font partie du show. Elles ont notamment un petit numéro avec des personnes sous hypnose. Je les empêche de faire quelque chose de très simple et, à ce moment-là, deux enfants arrivent et réussissent immédiatement ce que l’adulte n’est plus capable de faire. Il y a une incompréhension totale dans son regard et, évidemment, le public se marre.

    Elles interviennent aussi dans le final lorsque je deviens DJ. Belair, ma femme, est également présente sur scène et m’assiste.


    Messmer aux côtés de son épouse et assistante, Belair, qui l’accompagne également sur scène dans son nouveau spectacle, "13 Hz". Photo Julien Mazzoni

    Et ce titre, "13 Hz", qu’est-ce qu’il raconte exactement ? C’est la "fréquence" de l’hypnose ?

    Le titre renvoie à ce que j’appelle la porte d’entrée du subconscient. Quand on commence à se détendre, à méditer, à faire du yoga ou simplement à être complètement absorbé dans ses pensées, on se rapproche d’un état différent de l’état d’éveil habituel.

    Vous savez, quand quelqu’un vous parle et doit presque vous toucher pour vous ramener, parce que vous étiez "dans la lune" ? C’est cette idée-là. À 13 Hz, on se situe, selon moi, à la frontière entre l’éveil et un état plus profond. On reste conscient, mais le subconscient prend davantage de place. C’est là que l’imaginaire va prendre le dessus sur la réalité.

    Je peux aller assez loin pour montrer ce que permet l’état hypnotique, mais il y a une limite et nous sommes là pour empêcher que ça dérape.

    Mais justement, face à vous, comment distinguez-vous quelqu’un qui est réellement réceptif de quelqu’un qui se laisse simplement prendre au jeu ?

    Avec les années d’expérience, je le vois assez rapidement. Je regarde notamment le regard, la pupille, le rythme cardiaque, la couleur de peau. Et puis quelqu’un peut être très réceptif au départ et, une fois sur scène, comprendre qu’il y a mille personnes devant lui. Le stress arrive : "Qu’est-ce que je fais ici ?"

    À ce moment-là, on peut perdre le contact. Dans ce cas, je lui dis simplement qu’il peut redescendre. Ce n’est pas plus grave que ça. Mon but est de garder sur scène ceux qui sont vraiment dans cet état et de les amener au maximum de leur réceptivité.

    Et surtout, tout se fait sur une base volontaire. Je le répète, parce que certaines personnes ont peur de venir voir un spectacle d’hypnose en se disant qu’elles pourraient se retrouver sur scène sans le vouloir. Ce n’est pas le cas.

    Vous testez d’ailleurs plusieurs fois le public pendant la soirée. La réceptivité peut-elle évoluer au fil du spectacle ?

    Oui. Au début, je fais un premier test et ceux qui réagissent le mieux sont invités à monter sur scène. Après l’entracte, j’en propose un autre, différent, qui peut aller chercher d’autres personnes.

    Ce qui est intéressant, c’est que plus le spectacle avance, plus les gens deviennent réceptifs. Certains regrettent de ne pas avoir essayé au début : ils voient ceux qui sont sur scène s’amuser et deviennent moins craintifs. Et à la toute fin, je fais vivre une expérience à tout le monde directement depuis les sièges. Les gens sont avec leurs proches, ils se sentent moins exposés et c’est là qu’on voit le taux de réceptivité augmenter.

    Y a-t-il malgré tout des choses que vous vous interdisez de faire à quelqu’un sous hypnose ?

    Bien sûr. C’est un spectacle familial. Je peux aller assez loin pour montrer ce que permet l’état hypnotique, mais il y a une limite et nous sommes là pour empêcher que ça dérape.

    Un jour, j’avais dit à des gens sur scène qu’ils étaient des mannequins internationaux, de magnifiques culturistes devant 2 000 personnes. Un homme a commencé à enlever sa chemise et j’ai compris qu’il allait continuer. Je l’ai arrêté avant le pantalon ! Pour lui, à cet instant-là, c’était parfaitement logique : il était culturiste et devait montrer son corps.

    C’est là qu’on voit que chacun a ses propres limites. Si je vous demande de faire quelque chose qui va vraiment à l’encontre de vos valeurs, vous pouvez bloquer la suggestion. Mais certaines barrières peuvent aussi tomber dans l’état hypnotique. C’est pour ça que nous sommes attentifs sur scène.

    Si vous pensez qu’un tyrannosaure vous poursuit, vous allez avoir peur, que vous soyez Français, Québécois ou Calédonien.

    Vous jouez dans de nombreux pays. Avez-vous constaté des différences de réceptivité selon les cultures ?

    La différence est surtout dans la manière d’aller chercher les gens. Dans certains endroits, le public est beaucoup plus réservé et il faut davantage de temps pour l’emmener dans l’expérience.

    Le spectacle repose aussi sur des références qui peuvent être comprises partout. Si je vous dis que vous êtes Rocky Balboa ou qu’un tyrannosaure vous court après, l’image fonctionne pratiquement dans tous les pays. Une fois que les gens sont sous hypnose, l’être humain reste l’être humain. Si vous pensez qu’un tyrannosaure vous poursuit, vous allez avoir peur, que vous soyez Français, Québécois ou Calédonien.

    Les téléphones et les réseaux sociaux ont-ils changé votre façon de travailler, notamment pour protéger les personnes qui montent sur scène ?

    Pendant longtemps, on recommandait vraiment au public de ne pas trop filmer. C’était une question de respect : certaines personnes n’avaient pas forcément envie de se retrouver dans le téléphone de quelqu’un qu’elles ne connaissaient pas ou sur les réseaux sociaux.

    Aujourd’hui, on a un peu abandonné ce combat parce que tout le monde filme. Les gens savent qu’en montant sur scène, il peut y avoir quelqu’un qui les filme et que ça peut se retrouver sur les réseaux sociaux. C’est devenu culturel. Ça ne change pas la mise en scène, mais le rapport à l’image a complètement changé. Avant, après un spectacle, on demandait : "Est-ce que je peux avoir un autographe ?" Aujourd’hui, c’est : "Est-ce qu’on peut prendre une photo ?"

    Est-ce qu’on peut hypnotiser un hypnotiseur ?

    Ça dépend de quel hypnotiseur ! Moi, c’est plus difficile, parce que je pratique l’autohypnose. J’ai appris à entrer moi-même dans ces états et à en revenir. Avant même qu’un hypnotiseur ait commencé à compter ou à me faire une suggestion, je peux déjà être rendu là où il voulait m’emmener.

    C’est aussi quelque chose que j’ai maintenant envie de transmettre. Pendant des années, j’ai surtout utilisé les spectacles pour faire connaître l’hypnose et enlever certaines peurs. Aujourd’hui, je veux montrer aux gens comment entrer eux-mêmes dans ces états. J’en parle aussi dans le spectacle : derrière la mise en scène et l’humour, mon but est toujours de faire passer quelque chose et que les gens repartent en ayant appris.

    Vous ne seriez pas tenté de réunir tous les chefs d’État de la planète et de leur faire quelques suggestions ?

    (Rires). Il y en a un en particulier que j’aimerais bien rencontrer, qui n’est pas très loin au sud du Canada…

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS