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  • Abdelhafid Daamache/AFP | Crée le 14.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 14.06.2019 à 09h47
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    Le départ de Bouteflika n’a pas calmé la contestation qui continue d’exiger le départ de l’ensemble des anciens fidèles du président déchu. Ici Ahmed Ouyahia, incarcéré mercredi.Photo AFP
    JUSTICE. Quatre fois Premier ministre et proche d'Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia a été écroué mercredi. Il est le premier haut dirigeant à rejoindre en prison des hommes d'affaires.

    Agé de 66 ans, Ahmed Ouyahia a été placé mercredi en détention provisoire par le juge d’instruction près la Cour suprême qui l’a entendu « dans des affaires de dilapidation des deniers publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges », écrit l’agence de presse officielle APS, sans autres détails. M. Ouyahia a été quatre fois Premier ministre entre 1995 et 2019, dont trois sous la présidence de M. Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, après vingt ans au pouvoir, par un mouvement de contestation sans précédent. Alors chef de cabinet du président, il avait été nommé pour la dernière fois en 2017 puis limogé en mars dernier.

    Abdelghani Zaalane, également auditionné mercredi, a lui été relâché sous contrôle judiciaire, rapporte la télévision nationale.

    Il avait été ministre des Travaux publics (2017-2019) après avoir été plusieurs fois wali (préfet), une fonction dotée de larges pouvoirs. Resté quelques jours directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, avant que celui-ci ne soit contraint, face à la rue, de renoncer à un cinquième mandat, M. Zaalane avait déposé la candidature du chef de l’Etat à la présidentielle du 18 avril, ensuite annulée.

    Dans le viseur

    Selon APS, « d’autres responsables » doivent « comparaître […] devant le juge d’instruction près de la Cour suprême », seule juridiction compétente pour instruire les crimes et délits susceptibles d’avoir été commis dans l’exercice de leurs fonctions par des membres du gouvernement, des walis et certains hauts magistrats.

    MM. Ouyahia et Zaalane figurent parmi les 12 anciens ministres et préfets dont le Parquet d’Alger a annoncé avoir transmis les dossiers fin mai à la Cour suprême, dans le cadre des enquêtes visant, notamment pour des faits présumés de corruption, Ali Haddad, ancien patron des patrons et PDG du n° 1 privé des travaux publics en Algérie, en détention préventive. Le Parquet d’Alger a en outre indiqué mardi avoir transmis à la Cour suprême les dossiers de 11 responsables et anciens responsables visés dans l’enquête contre un autre influent homme d’affaires, Mahieddine Tahkout, placé lundi en détention provisoire pour des faits de corruption et de blanchiment.

    Depuis la démission du président Bouteflika, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption et de « dilapidation des deniers publics ». Plusieurs hommes d’affaires et des fonctionnaires, la plupart soupçonnés d’avoir profité de leurs liens avec le chef de l’Etat déchu ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics, ont été incarcérés, mais Ahmed Ouyahia est le premier haut responsable politique envoyé en prison dans ces affaires.

    Certains observateurs craignent que ces enquêtes servent le double objectif d’offrir des « têtes » à la contestation tout en favorisant une purge dans le cadre de luttes de clans au sommet.

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