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  • AFP | Crée le 18.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 18.06.2019 à 10h14
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    Un panneau portant le nom de la colonie a été dévoilé. En février 2017, la Maison Blanche avait affirmé que la construction de nouvelles colonies israéliennes dans les territoires occupés n’aiderait pas à établir la paix. Photo AFP
    ISRAËL. Benjamin Netanyahu a inauguré dimanche une nouvelle colonie sur la partie du plateau du Golan annexée et occupée par Israël, baptisée la « colline Trump ».

    « Le Golan est israélien et le restera toujours », a déclaré, dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu en inaugurant une nouvelle colonie. Installé autour d’une grande table, le Conseil des ministres, réuni exceptionnellement sous une tente dans le nord du plateau du Golan, a voté l’appellation de la nouvelle installation « Ramat Trump », la « colline Trump » en hébreu. Présent, l’ambassadeur des Etats-Unis David Friedman a salué « un geste extraordinaire ».

    Cette nouvelle colonie devrait être construite sur le site d’un kibboutz du nom de Quela Bruchim, fondé en 1984, et dans lequel quatre familles vivent dans des mobile homes.

    Les colonies, des implantations civiles israéliennes dans des territoires occupés, sont illégales au regard du droit international.

    Investissements

    « Le président Trump prouve une fois de plus son engagement pour la sécurité et le futur d’Israël », a salué le Premier ministre israélien. Il a rappelé que Donald Trump avait fait transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en mai 2018.

    L’inauguration d’une nouvelle colonie, « ce qui n’a pas été fait depuis longtemps », a souligné M.Netanyahu, « va impulser le développement du plateau du Golan ». L’Etat hébreu investira dans la construction d’habitations et de routes mais aussi dans l’éducation et le tourisme, a-t-il promis.

    En 1949, le gouvernement israélien avait baptisé une localité dans le centre du pays Kfar Truman - le village Truman en hébreu - afin de remercier le président américain Harry Truman d’avoir été le premier à reconnaître l’indépendance d’Israël le 14 mai 1948.

    Le 9 juin 1967, l’armée israélienne a conquis le Golan, d’où l’armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas. Une poche supplémentaire d’environ 510 km2 a été occupée par Israël lors de la guerre d’octobre 1973, puis restituée en 1974, en vertu d’un accord. Ce dernier a aussi créé une zone tampon démilitarisée. Une force des Nations unies contrôle le respect de l’accord.

    La question de l’eau

    Riche en eau, le plateau du Golan surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël et commande la route vers Damas du côté syrien. Le mont Hermon y culmine à 2 224 mètres. La question de l’eau est l’une des principales causes du contentieux israélo-syrien. Damas accuse Israël d’avoir détourné les sources du Jourdain. Dans les années 1990, des négociations israélo-syriennes ont à nouveau achoppé.

    Environ 23 000 Druzes, une minorité arabophone et musulmane également présente en Syrie et au Liban voisin, vivent sur la partie du Golan occupée et annexée par Israël, ainsi que 25 000 colons israéliens arrivés depuis 1967. Ces Druzes sont apatrides : ils ont perdu leur nationalité syrienne et beaucoup ont refusé la carte d’identité israélienne. Ils se considèrent comme Syriens et sont farouchement opposés à l’annexion du territoire par l’Etat hébreu.

    Repères

    Plan de paix

    La présentation du plan de paix de Washington pour résoudre le confit israélo-palestinien pourrait avoir lieu en novembre, après la formation d’un nouveau gouvernement israélien, a déclaré dimanche le conseiller américain pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt. Le plan américain se fait attendre depuis des mois et a été repoussé à plusieurs reprises. Il fait face à un grand scepticisme quant aux chances du président Trump de parvenir à ce qu’il a appelé « l’accord (diplomatique) ultime ».

    Frais de bouche

    Dimanche, l'épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, a été reconnue coupable d'avoir fait passer des dépenses de repas aux frais du contribuable. Inculpée en juin 2018 pour fraude et abus de confiance, elle a négocié un accord qui a été accepté par le tribunal. Elle devra payer une amende de 10 000 shekels (300 000 francs) et rembourser à l’Etat 45 000

    shekels (1,3 million de francs). Ce procès ne conclut pas les ennuis judiciaires de la famille Netanyahu. Le Premier ministre pourrait être inculpé dans trois autres affaires pour corruption, fraude et abus de confiance dans les prochains mois.

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