- Anne-Claire Pophillat | Crée le 11.08.2026 à 14h49 | Mis à jour le 11.08.2026 à 14h51ImprimerJacques Billant, haut-commissaire, Nina Julié, maire du Mont-Dore et, à droite, le commandant François Haouchine, lors de la présentation du fonctionnement du nouveau dispositif de sécurité opéré par la gendarmerie. Photo Anne-Claire PophillatEn réaction à la polémique autour du départ d’une partie des forces de l’ordre, l’État a présenté, le lundi 10 août, un nouveau dispositif d’intervention des forces de l’ordre sur le terrain axé sur la mobilité, qui comprend la levée du poste mobile au nord de la tribu de Saint-Louis. Il vise à s’adapter à l’évolution de la délinquance, mais aussi à faire face à la diminution du nombre d’escadrons de gendarmes mobiles en Nouvelle-Calédonie. Explications.
Plusieurs opérations de contrôle ont été menées par les gendarmes sur la commune du Mont-Dore, le lundi 10 août, en présence du haut-commissaire Jacques Billant, du général François Haouchine, ainsi que de la maire Nina Julié. Il s’agissait de promouvoir le fonctionnement du nouveau dispositif de sécurité mis en place par l’État auprès de l’élue, qui s’inquiétait récemment de la levée du poste mobile situé à l’entrée nord de Saint-Louis, alors que le Mont-Dore a connu plusieurs faits de délinquance ces dernières semaines. "Départs de feux, incendie d’un bus au sein du complexe sportif de Boulari", écrivait la maire dans une lettre adressée au haut-commissaire, le dimanche 9 août, dans laquelle elle demandait "un renforcement immédiat des forces de sécurité sur la commune".
La réponse ne s’est pas fait attendre. "Il n’y a pas de désengagement de l’État au niveau de notre dispositif opérationnel au Mont-Dore, il n’y a aucun abaissement de notre vigilance, de dégradation de la situation sécuritaire, ou de perte de contrôle de la situation", a martelé Jacques Billant, qui s’était déjà exprimé sur le sujet dans un communiqué dimanche, indiquant comprendre "les inquiétudes relayées par madame la maire, celles des habitants qui sont victimes ou qui craignent de l’être", et évoquant, depuis le début du mois, plusieurs faits sur le secteur de Saint-Louis, à Yahoué et dans d’autres quartiers, "jets de projectiles, entraves, obstacles, feux…"
"Être là où il faut, quand il le faut"
Ce qui change, explique le haut-commissaire, c’est le mode d’intervention des gendarmes, afin de leur permettre d’être plus mobiles et plus réactifs. "C’est vraiment la capacité à occuper le terrain, à être là où il le faut, quand il le faut", insiste le représentant de l’État. Une modification rendue nécessaire au vu de l’évolution de la délinquance. "Nous nous adoptons en permanence pour lutter contre tous les actes délictueux, quelle que soit leur nature, qui sont commis." Si les violences urbaines ont diminué de plus de moitié, retrouvant ainsi leur niveau de 2023, les vols, eux, ont augmenté, selon Jacques Billant. "Il faut répondre à la montée des cambriolages. Nous devons lutter contre la délinquance d’appropriation, contre les vols mais aussi les incendies de véhicules."

Une opération de surveillance et de prévention a été menée le lundi 10 août, au Mont-Dore. Ici, sur le parking de l’Arizona, à Robinson. Photo Anne-Claire PophillatUne organisation calquée sur celle qui existe dans l’Hexagone. "C’est comme cela que fonctionnent tous les dispositifs de sécurité intérieure déployés par les gendarmes et les policiers à l’échelle nationale." C’est également un moyen de s’ajuster aux variations d’effectifs, dont le nombre est mouvant depuis les émeutes. Il était, par exemple, de 27 escadrons de gendarmerie mobile (EGM) en septembre 2024, en plus des militaires présents en permanence sur le territoire. Deux ans plus tard, lors des provinciales, en juin, ces effectifs supplémentaires sont passés de 12 à 16 escadrons, avant de redescendre à 12 en juillet. Ils seraient actuellement huit, soit "600 gendarmes en renfort", précise Jacques Billant.
Insuffisant
Il faut dire que les besoins en France se font sentir, entre les feux et la venue du pape fin septembre. "Concernant les effectifs, j’ai un dialogue permanent avec le ministre de l’Intérieur, pour disposer des moyens dont j’ai besoin, en tenant compte aussi des contraintes qui pèsent au niveau national." Et l’efficacité des gendarmes ne se résume pas seulement au nombre de militaires sur le terrain, considère le haut-commissaire. "Ce qui compte, c’est notre mobilité, notre réactivité pour anticiper, détecter et réprimer à chaque fois que cela est nécessaire." Sachant que les forces de sécurité vont pouvoir s’appuyer sur l’arrivée en Nouvelle-Calédonie de 14 véhicules blindés.
Insuffisant, pour le député Nicolas Metzdorf, qui exige, à court terme, une augmentation des effectifs de gendarmes mobiles et, à moyen terme, davantage de gendarmes permanents, une demande déjà formulée dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur, le vendredi 7 août, souhaitant, "à défaut", le passage du "Mont-Dore et Dumbéa en zone police".
"On va aider les Mondoriens"
Si cette stratégie s’applique à l’échelle territoriale, le Grand Nouméa constitue un point d’attention, Païta, Dumbéa et le Mont-Dore. "C’est la zone qui concentre la délinquance la plus forte. J’ai procédé à quelques ajustements depuis le nord de l’île, pour pouvoir apporter des capacités supplémentaires de prévention et de dissuasion. On va aider les Mondoriens, affirme le général François Haouchine, commandant de la gendarmerie, à l’adresse de Nina Julié […] Il nous faut travailler de façon ciblée sur des secteurs particuliers, pour ne pas tout couvrir en même temps, ce n’est pas possible."
De quoi apaiser la maire, qui a interpellé l’État à plusieurs reprises sur le sujet. "Je suis très contente qu’il réponde à cet appel et soit présent avec un dispositif qui est de nature à me rassurer et à rassurer les Mondoriens." Un bilan doit être effectué à la fin de la semaine. "On attend des résultats, et je serai vigilante à ce qu’il y en ait, sinon il faudra encore adapter le dispositif", déclare la maire, ajoutant que la présence de la police municipale est également accentuée pendant les vacances scolaires.

600 gendarmes mobiles sont actuellement présents en renfort en Nouvelle-Calédonie, deux fois moins que lors des provinciales. Photo Anne-Claire PophillatMERCI DE VOUS IDENTIFIER
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