Nouméa
  • LNC | Crée le 28.03.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 17h23
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    Arrachée d'un deck par une rafale d'Erica, une énorme structure métallique bardée de tôles et de deux blocs de béton s'est envolée d'une résidence de Panorama Sainte-Marie avant de s'abattre sur quatre villas situées deux cents mètres plus loin.

    Vendredi 14 mars, 12h30. Dans une coquette maison de Panorama Sainte-Marie, une famille vient de terminer le nettoyage de la véranda profitant du passage de l'œil du cyclone. Elle se rend à l'étage pour attendre le deuxième souffle d'Erica. Le jeune garçon joue à un jeu vidéo dans sa chambre dont la porte-fenêtre est ouverte, car située à l'opposé du vent. Un bruit anormal lui fait lever la tête : le deck de son voisin de derrière, situé à plusieurs mètres en hauteur de sa fenêtre, vient d'être soulevé par le vent et de retomber. Apeuré, le garçon va se réfugier dans une autre chambre avec ses parents. Comme une explosionDix minutes plus tard, un énorme bruit de tôles, « comme une explosion », se produit sur le toit, raconte le père. « J'ai cru que les tôles étaient parties et que les arbalétriers en béton étaient en train de tomber. Je suis sorti dans le couloir. Les tôles se soulevaient et les pannes en bois continuaient de se casser. En pleine alerte numéro 2, nous avons décidé de partir nous réfugier chez mes parents. »C'est à leur retour, à la fin de l'alerte, qu'ils ont compris ce qui s'était réellement passé. Ils pensaient retrouver une maison complètement anéantie par Erica. Rien de tout ça. Ils ont découvert avec stupéfaction que le bruit assourdissant était venu de la chute sur leur toit d'un amas de structures métalliques et de tôles lestées de deux plots en béton d'une quarantaine de kilos chacun. Sur la tête du lit d'enfantLes blocs gisaient au milieu de l'escalier en bois. Passant à travers la toiture, ils ont brisé deux pannes en bois en ont vrillé une troisième en acier puis percuté, en l'explosant, un mur en aggloméré de dix centimètres d'épaisseur, forcé le plafond avant de tomber dans l'escalier accompagné d'un amas de gravats et de terre. Un autre morceau est tombé sur la tête du lit de l'enfant qui venait de quitter sa chambre dix minutes plus tôt. « Nous l'avons échappé belle car nous passions d'une pièce à l'autre à l'étage juste avant la chute », se souvient la maîtresse des lieux encore choquée. L'énorme projectile a frappé par ricochet la maison d'à-côté brisant un angle de toiture, le chauffe-eau et trois poteaux en béton. D'autres morceaux ont même fait exploser les capteurs du chauffe-eau solaire d'une troisième maison qui se sont répandus dans la piscine d'une quatrième habitation...La couleur des profilés de ce cerf-volant en acier a permis de retrouver la résidence d'où il a décollé. A vol d'oiseau, elle est située à plus de deux cents mètres de l'impact. Le propriétaire a simplement dit aux victimes de faire jouer leur garantie cyclone ou sa responsabilité civile. Hier il ne s'était toujours pas déplacé pour aider à l'enlèvement de l'enchevêtrement de sa structure métallique, de tôles et de béton répandu chez ses voisins...

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