Nouméa
  • Myrtille Serre | Crée le 10.10.2018 à 04h29 | Mis à jour le 10.10.2018 à 10h21
    Imprimer
    Depuis peu, l’école Ernest-Risbec a installé un équipement permettant aux élèves de ranger leurs vélos dans la cour de l’établissement. Une initiative encore rare. Photo Julien Cinier Photo Julien Cinier
    FAUBOURG-BLANCHOT. Un père de famille, transportant ses deux enfants sur sa bicyclette électrique, a été verbalisé. Ce qu’il vit comme un frein à l’écomobilité, pourtant mise en avant aujourd’hui.

    Une initiative chère payée à l’heure où les actions encourageant l’écomobilité se multiplient. « Vendredi 5 octobre, trois policiers municipaux m’attendaient devant la maternelle de mes enfants et m’ont collé une contravention de 10 000 francs, car nous roulions à trois sur mon deux-roues électrique », s’indigne Rodolphe Bertolini, un père de famille de 38 ans. 

    Ce Niçois, arrivé il y a moins d’un an sur le Caillou, a choisi de privilégier un transport en mode doux. Chaque matin, même rengaine pour cette famille. Roxane, âgée de deux ans et demi, est déposée sur le siège standard à l’arrière. Matteo, 4 ans, grimpe sur le siège junior avant. Direction l’école en pédalant. « Les équipements sont homologués et les enfants sont casqués », précise Rodolphe.

    Une routine que cet informaticien va dorénavant devoir bannir, selon l’article R.175 du code de la route, invoqué par les agents municipaux. « Contraint d’utiliser le parking du personnel de l’école pour déposer mes enfants en toute sécurité à l’abri du trafic, j’ai demandé à la direction d’équiper l’école d’un parking deux-roues pour faciliter les arrivées à vélo », continue Rodolphe Bertolini. Mais un beau jour, la police municipale l’attendait.

    Favoriser les parking à vélos

    Il est vrai que si les opérations de sensibilisation à l’écomobilité s'enchaînent, les équipements adaptés aux modes de transport dits propres restent peu nombreux autour des écoles. Pour l’association Droit au vélo NC, « les établissements scolaires proposant des parkings à vélos sécurisés sont encore minoritaires. L’école Jean-Mermoud en fait partie. » 

    En juillet dernier et pour la deuxième année consécutive, un challenge a même été organisé par la province Sud, en partenariat avec le SMTU, dans dix-huit classes et sept écoles en vue de favoriser des déplacements plus respectueux. Mais force est de constater que sur le terrain, il reste encore des efforts à faire. « Ce problème d’installation n’est pas seulement lié aux écoles, mais à toute l’agglomération de Nouméa », rétorque Pierre Germa, chef du service enseignement de la direction de l’éducation de la province Sud. 

    De son côté, Rodolphe Bertolini dit avoir reçu plus d’une trentaine de messages de soutien à la suite de sa publication postée sur les réseaux sociaux. « J’espère pouvoir trouver une solution. Et puis si cela pose trop de problème, je ferai comme tout le monde et je me déplacerai en voiture », conclut-il.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS