Nouvelle Calédonie
  • A. T. | Crée le 22.11.2018 à 04h25 | Mis à jour le 22.11.2018 à 04h25
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    Le conseil d’administration de l’Agence rurale a nommé comme président Jean-Baptiste Marchand. Photos A. T.
    Agriculture.L’Agence rurale, fusion de l’Etablissement de régulation des prix agricoles et de l’Agence pour l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles, a été présentée hier.

    Le « dernier bébé de la Nouvelle-Calédonie » est né hier matin, à l’issue du premier conseil d’administration de l’Agence rurale. Cette fusion de l’Etablissement de régulation des prix agricoles (Erpa) et de l’Agence pour l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles (Apican) doit officiellement entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2019. Doté d’un budget annuel de 3,5 milliards de francs, cet « outil pays au service de la Brousse » vient en soutien de la production agricole locale, avec toujours cet objectif à long terme d’autosuffisance alimentaire (lire ci-contre). Mais pas seulement.


    Gestion de l’eau et des feux

    L’Agence rurale a de nombreuses autres missions d’ordre environnemental, à commencer par la protection des milieux qui bénéficient d’un montant de 500 millions de francs par an. « Cela implique la gestion de l’eau, des feux de brousse parce qu’on finance une partie des interventions héliportées, cela comprend encore la lutte contre les espèces envahissantes comme les cerfs », liste Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge de l’agriculture et de l’élevage. « On doit également s’adapter aux changements climatiques puisqu’on s’occupe des calamités agricoles et naturelles alors qu’on est confrontés à des saisons sèches et humides de plus en plus marquées. » C’est la raison pour laquelle, l’an prochain, le dispositif d’assurance agricole devrait être réformé et adapté au contexte calédonien en vue d’une meilleure répartition des indemnisations en cas de sinistre.

    Autre objectif : favoriser la transition agro-écologique et les innovations. Ainsi, dès janvier, l’agence lancera des appels à projets novateurs afin de retenir les propositions les plus avant-gardistes concernant la gestion de la ressource en eau, la diminution de l’utilisation de produits phytopharmaceutique à usage agricole, la valorisation énergétique des déchets, etc. « Il s’agit d’opérer une véritable transition de l’agriculture vers un plus grand respect de l’environnement, vers des productions plus saines, une agriculture plus innovante avec une capacité à se renouveler et à se dynamiser, insiste Nicolas Metzdorf. Ce n’est pas un secteur sur-aidé comme le disent des slogans tout faits. L’agriculture en Nouvelle-Calédonie est aidée entre 35 et 40 % quand la Norvège met 60 %, ou le Japon 50 %. Oui l’agriculture calédonienne est aidée mais comme toutes les agricultures du monde. »


    « Il y a un intérêt géostratégique car ce sera la première de nos indépendances dans un monde où l’on sera bientôt 9 milliards, entame Nicolas Metzdorf. C’est un argument économique et social. Après la mine, l’agriculture est le seul secteur privé de la Brousse pourvoyeur d’emplois qui freinent l’exode rural. Il y a enfin l’enjeu sanitaire car 60 % de la production importée dépasse les seuils tolérés par l’Union européenne (pour les résidus de pesticides) alors que 95 % de notre production est aux normes. »

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