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    Nouvelle Calédonie
  • Jean-Marie Chatelain / AMB | Crée le 23.12.2023 à 11h00 | Mis à jour le 09.03.2024 à 17h37
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    La famille Guestin pose devant deux de leurs voitures restaurées. Photos Jean-Marie Chatelain / AMB
    Lnc.nc et Auto-moto-bato, ancien titre des Nouvelles calédoniennes, ont décidé de rouler à nouveau ensemble. Régulièrement, notre site publiera des essais mais aussi des portraits de passionnés réalisés par le magazine des plaisirs mécaniques dont le prochain numéro doit sortir en juillet 2024. Aujourd’hui : découvrez le fabuleux destin de la famille Guestin qui voue une passion commune pour la restauration de voitures anciennes.

    C’est une histoire qui pourrait nous conduire à approfondir le sens du mot " passion ". S’il s’apparente anciennement à la notion religieuse de souffrance, voire de martyre, son utilisation dans le champ philosophique se réfère au fait de subir les conséquences d’une affection excessive. Ce n’est que dans le langage populaire qu’il désigne une tendance dominante qui, contrôlée par la raison, sert de moteur à l’action, et peut permettre la réalisation de projets hors du commun. Ce qui est certain, pour le cas présent, c’est que la passion des Guestin pour les véhicules anciens est surtout une affaire d’hérédité.

    Chassez le naturel, il revient en voiture !

    Trois générations

    Tout commence par le père de David qui était ouvrier d’entretien dans une entreprise de transport frigorifique, dans le Lot-et-Garonne. La route et la mécanique, déjà. Pourtant, ce n’est pas dans cette direction que s’engage l’actuel chef de famille. Sa passion à lui, c’est la boulangerie-pâtisserie.

    Après avoir fait des formations en alternance dans la menuiserie et passé un CAP d’électricien, il rencontre Sylvie – sa future épouse – en 1987. Celle-ci obtient un CAP dédié à l’entretien des collectivités, tandis que David entame une carrière derrière les fourneaux. Mais le secteur ne recrute pas assez.


    En 2015, à l’exception des filles, toute la famille Guestin (à savoir David, Sylvie, Anthony et Danny) rejoint la Nouvelle-Calédonie.

    Ils cumulent tous deux différents emplois alimentaires le jour, et travaillent ensemble la nuit dans le chargement des fruits et légumes pour le marché de Rungis. C’est finalement en 1992, à la naissance de leur première fille, que David se dirige vers la mécanique. Il apprend le métier à l’atelier, répare les véhicules des particuliers, puis travaille pour les centres-autos avant de gérer les parcs automobiles de grandes entreprises.

    Ce n’est qu’en 2006 qu’il ouvre son propre garage, à Calonges. Entretemps, Anthony naît en 1994, Cyndie en 1996 et Danny en 2000. En suivant l’exemple de son grand-père et de son père, Anthony décroche un bac pro Mécanique et travaux publics en 2014, puis un CAP chauffeur routier qui lui permet d’obtenir tous ses permis de conduite, poids lourds, super lourds, matières dangereuses, etc.

    Une nouvelle vie

    À l’exception des filles, toute la famille rejoint la Nouvelle-Calédonie en 2015 pour accomplir le rêve de vivre sur une île. David, Sylvie et Anthony fondent un nouveau garage, leurs activités s’étendent de l’entretien et réparation de véhicules jusqu’au remorquage en passant par la vente de pièces détachées.


    La collection Guestin, c’est 15 voitures roulantes et 15 voitures en cours de restauration.

    Danny devient conducteur d’engins de terrassement. Ils intègrent l’Association de sauvegarde du patrimoine automobile calédonien et participent aux rassemblements des premiers dimanches du mois. C’est le début d’une nouvelle vocation, celle de contribuer à la conservation des véhicules anciens sur le territoire.

    Une passion lointaine

    Il faut dire que cet attrait ne date pas de leur installation sur le Caillou. Dès la fin des années 1980, David roule en Renault 4L 1961, puis en Renault R5. En 1995, après s’être fait la main sur des Mercedes des générations précédentes, David se lance dans sa première restauration, celle d’une Renault Juva 4 1951. Il assure pendant plusieurs années l’assistance mécanique du rallye de la Tomate historique, qui regroupe plus de 200 participants. Il achète une Renault R16 TL 1965 en 2014.


    De front, comme des édifices architecturaux de la Belle Époque.

    De son côté, Anthony restaure une Peugeot 404 1962 et une Renault 5 série I. Depuis leur arrivée en Nouvelle-Calédonie, l’histoire s’accélère. Anthony acquiert une première Renault Dauphine 1957, puis une seconde. Après le sauvetage d’une Renault R10 1967, David s’offre une Simca Aronde Élysée 1958, puis une autre Aronde Grand Large 1956. Danny passe le permis et inaugure sa collection de Peugeot 504 avec l’achat d’un modèle cabriolet 1972. Très rapidement, un pick-up essence 1991, une berline 1973, une familiale break 1978, un autre pick-up à benne basculante 1992, un Dangel et enfin un dernier coupé 1972 ayant appartenu à la famille Ménard rejoignent le clan.


    En haut : une Peugeot 504 berline et une Citroën Maserati. En bas : une Simca Aronde Grand Large et une Renault R16 TL, une Peugeot 504 injection cabriolet, une Mercedes 220 S.

    Le parc familial s’agrandit avec l’arrivée d’une Renault Clio V6 2001, d'une Citroën SM 1971 et d’une Mercedes 220 S 1964 pour Anthony, qui récupère avec son frère Danny deux Jaguar XJS 1986. En souvenir de la voiture de sa marraine, Sylvie craque pour une Simca Ariane 1958, et deux ancêtres viennent gonfler les rangs de leurs acquisitions, une Renault KJ1 1923 et une Simca Fiat 1937. On s’abstient de compter toutes les donneuses qui patientent en attendant d’être sollicitées pour la restauration des moins abîmées…


    Les avant-guerre se rangent dans la catégorie « ancêtres » avec cette Renault 6 CV KJ1 et cette Simca Fiat 1937.

    Une mission sans fin

    Régulièrement, les Guestin se disent qu’ils ont bien assez de voitures anciennes en leur possession, et ils songent à arrêter d’en acheter de nouvelles. Mais l’enjeu de la conservation du patrimoine est le plus fort et il est difficile d’ignorer les appels à l’aide que leur lancent les propriétaires qui ont admis le gâchis de les voir disparaître pour cause de manque de temps et de moyens, ou par pure rétention spéculative.


    Malgré son look intemporel, ce Peugeot pick-up 1991 est une "Youngtimer".

    Car, à terme, le projet de la famille est de permettre au public calédonien de croiser sa propre histoire dans le cadre d’un musée automobile. Certes, le chemin est long avant que cette ambition ne s’accomplisse. Mais c’est le cœur de la passion d’un restaurateur de véhicules anciens : plus la route est longue, plus il fiabilise son travail !

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