Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais / gilles.caprais@lnc.nc | Crée le 25.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.03.2019 à 07h27
    Imprimer
    « Moins de directions, ça veut dire moins de directeurs », prévient Alain Marc. Photo G.C.
    POLITIQUE. Le secrétaire général du gouvernement, Alain Marc, s'est fendu d'une intervention incisive lors des Assises de la simplification administrative, jeudi, proposant notamment la réduction du nombre de directions et d’établissements publics de la Nouvelle-Calédonie.

    Il n’est pas commun qu’un fonctionnaire se permette de livrer publiquement le fond de sa pensée sur des sujets éminemment politiques. Le mordant de la prise de parole d’Alain Marc - qui n’en était certes pas à son coup d’essai - en a fait le temps fort de la matinée des Assises de la simplification administrative, jeudi, au centre culturel Tjibaou. Devant une centaine de représentants de l’administration, du pouvoir politique et économique, le secrétaire général du gouvernement a tout bonnement plaidé pour un « tsunami réformateur », puis déroulé un « programme ambitieux » qu’il propose aux vainqueurs des prochaines élections.

    Architecture « illisible, incompréhensible »

    L’actuel président, Philippe Germain, venait justement d’insister longuement tant sur les efforts déjà réalisés par la Nouvelle-Calédonie que sur la nécessité de « passer à la vitesse supérieure ». « Un effort sans précédent a pu être mené au cours de ces quatre dernières années », a salué Alain Marc, estimant toutefois que le « retard » est loin d’être rattrapé.

    Chantier numéro un : l’architecture administrative, « illisible, incompréhensible pour nos concitoyens », « considérablement complexifiée » par les transferts de compétences. « Personne ne sait plus, aujourd’hui, qui fait quoi, qui finance quoi. La simplification des responsabilités et des compétences est indispensable à la modernisation de notre territoire. »

    Le secrétaire général, en poste depuis 2014, dénombre deux mille agents qui dépendent de trente-deux directions (dont trois pour l’enseignement), ainsi que vingt-neuf établissements publics rattachés à la Nouvelle-Calédonie. « Pour un territoire de trois cent mille habitants, il me semble que ce nombre est important. »

    Trois compagnies aériennes (Aircalin, Air Calédonie et Air Loyauté), autant de chambres consulaires, il y a matière à « fusions » ou, « dans un premier temps, à la?? mutualisation?? des fonctions supports », comme les ressources humaines ou la comptabilité.

    « Encéphalogramme plat »

    Les mots les plus durs ont été réservés aux « commissions diverses et variées », « comités Théodule » et observatoires, qui seraient au nombre de dix-sept « pour la seule Nouvelle-Calédonie », « pour certains, créés pour traiter un problème ponctuel, pour d’autres, sans activité ou dont la productivité se trouve au bord de l’encéphalogramme plat. La question qu’il convient de se poser : toutes ces structures ont-elles réellement une utilité ? »

    En fond de ce programme, faut-il voir une invitation à limiter le champ d’action de la puissance publique, à privatiser ? « Je ne dis pas qu’il ne peut pas y avoir de cas où c’est envisageable, mais ce n’est pas l’objectif, assure Alain Marc. Ce qui motive ma demande, c’est l’efficacité de l’action publique, c’est que l’usager s’y retrouve. »


    39 recommandations

    ont été émises par le Cese, l’an passé. La première : créer un conseil de la simplification pour piloter les réformes.

     

    Repères

    Parti pris

    Organisées par la Chambre de commerce et d’industrie, le gouvernement, la province Sud et le Conseil économique, social et environnemental (Cese), les Assises avaient pour but annoncé d’« alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les entreprises » et d’« instaurer un cadre juridique plus propice à l’initiative économique ».

    Culture : « ubuesque »

    Les Assises de la culture commenceront mercredi. Alain Marc a un avis : au lieu de sept directions et établissements publics, architecture « ubuesque », « un seul opérateur culturel présenterait des avantages » : moindre coût, meilleure coordination et « émergence d’un syncrétisme culturel reflétant la diversité des populations. »

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS