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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 24.03.2026 à 16h36 | Mis à jour le 24.03.2026 à 16h37
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    Le secteur de la construction fait partie des plus touchés, avec une nouvelle baisse de l’emploi salarié au troisième trimestre 2025. Photo archives LNC / A.-C.P.
    L’emploi salarié a continué de baisser au troisième trimestre 2025, selon les dernières données de l'Isee. Mais le rythme du recul s’atténue, dans un contexte économique toujours marqué par la crise de 2024.

    La tendance reste à la baisse, mais la descente est moins rude. La note publiée ce mardi 24 mars par l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) indique qu’au troisième trimestre 2025, 77 510 salariés étaient déclarés à la Cafat. Sur un an (entre septembre 2024 et septembre 2025), cela représente tout de même 1 910 emplois en moins, soit un recul de 2 %.

    Une dynamique négative qui frappe le pays depuis la fin de l’année 2023 et qui se prolonge depuis, trimestre après trimestre, mais de manière moins brutale et rapide qu’en 2024. Depuis le début de l’année 2025, selon l’Isee, la diminution a atteint en moyenne -0,6 % par trimestre.


    Évolution comparée des effectifs salariés du public et du privé. Infographie Isee-NC

    Dans le détail, les pertes d’emplois se concentrent principalement dans le secteur privé. Celui-ci comptait fin septembre 2025 56 020 salariés, soit une baisse de 0,5 % sur le trimestre ou 1 220 emplois sur un an.

    Les services et le commerce résistent

    Les chiffres varient sensiblement en fonction des secteurs d’activité. Celui de la construction, par exemple, accuse un nouveau recul, dans la continuité d’une dégradation engagée depuis au moins deux ans. Il recense 4 310 salariés, ce qui correspond à un recul de 4,1 % en trois mois.

    Autre secteur où la baisse se poursuit également, l’industrie, avec 11 890 salariés (-1,2 % sur le trimestre et -6 % sur un an), tandis que l’agriculture (1 500 salariés) recule de 1,9 %.

    À l’inverse, les services et le commerce semblent résister davantage à court terme. Dans ces secteurs, les effectifs sont restés globalement stables sur le trimestre. Mais cette stabilité est à relativiser : sur deux ans, le commerce a perdu près de 1 880 emplois, soit une contraction de 18 %, signe que le choc s’inscrit dans la durée.


    Effectifs salariés du privé au 3e trimestre par secteur d’activité. Infographie Isee-NC

    Dans le secteur public, l’Isee observe la même tendance, mais de manière un peu moins brusque. Il compte 21 480 salariés, en recul de 0,3 % sur le trimestre et de 690 sur un an. Cette baisse concerne essentiellement les contractuels, dont les effectifs ont diminué de 6 % (500 salariés) sur douze mois, contraintes budgétaires obligent. Les fonctionnaires sont également touchés, mais dans des proportions plus limitées (110 salariés en moins).

    2024 : plusieurs chocs majeurs

    Ces évolutions, explique l’Isee, s’inscrivent dans un contexte économique encore fragile. L’année 2024 a cumulé plusieurs chocs majeurs : crise du nickel, émeute et tensions sur les finances publiques. Trois facteurs qui ont profondément affecté l’activité et détruit de nombreux emplois (10 000 salariés en moins dans le secteur privé entre mars et décembre 2024), comme le montrait une récente analyse de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) sur le quatrième trimestre 2025. L’institut y évoquait un climat "fortement dégradé" et un manque de perspective pour de nombreux secteurs.


    Évolution comparée des effectifs salariés du privé par secteur. ISEE NC

    Pour limiter les effets de ces crises, les pouvoirs publics ont déployé divers dispositifs. Après la fin du chômage partiel spécifique lié aux émeutes, fin juin 2025, une allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi a pris le relais le mois suivant. En septembre 2025, 1 720 salariés, répartis dans 252 entreprises, en bénéficiaient encore.

    Signaux encourageants

    Quelques signaux encourageants viennent néanmoins jeter un peu de lumière sur ce tableau morose. Le climat des affaires, par exemple, progresse. Les créations d’entreprises sont reparties à la hausse (+ 5 % sur le trimestre) et les liquidations judiciaires ont diminué. Des indicateurs qui restent insuffisants pour inverser la tendance.

    Malgré ce léger mieux, les pertes enregistrées depuis 2024 continuent de peser. À tel point que le niveau d’emploi salarié est désormais revenu à celui observé avant 2009, souligne l’Isee, effaçant plus d’une décennie de progression.

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