- Julien Mazzoni | Crée le 11.02.2026 à 18h28 | Mis à jour le 11.02.2026 à 20h41ImprimerJean-François Nosma, Didier Vin-Datiche, Isabelle Champmoreau, Christelle Varney, et Yannick Lerrant (hors cadre) ont présenté les chiffres de la rentrée 2026. Photo Julien MazzoniBaisse inédite des effectifs, évaluations préoccupantes en français et surtout en mathématiques, réorganisation du primaire, brevet plus exigeant, tensions sur les internats du privé… La rentrée scolaire 2026 présente de nombreux défis pour le système éducatif calédonien, toujours très dépendant des moyens de l’État.
Sous la barre des 60 000 élèves
La Nouvelle-Calédonie passera, "pour la première fois", sous la barre des 60 000 élèves à la rentrée 2026. C’est le chiffre marquant présenté ce mercredi 11 février par Isabelle Champmoreau. 59 782 élèves sont attendus : 23 053 en primaire public, 21 588 en secondaire public, 6 880 en primaire privé et 8 261 en secondaire privé.
Cette baisse s’inscrit dans une tendance de fond : 4 666 élèves de moins dans le premier degré et 3 000 de moins au collège depuis 2012, une évolution appelée à se poursuivre. En 2025, les collèges comptaient 24 514 places, dont 8 150 inoccupées (2 182 à Nouméa). "Cela nous oblige à revoir la carte scolaire et à travailler plus étroitement avec l’enseignement privé, qui regroupe 25 % des élèves", souligne la membre du gouvernement en charge de l’enseignement.
Des résultats 2025 "satisfaisants mais fragiles"
Le bilan des résultats aux examens de 2025 présente des signaux contrastés. Selon le vice-recteur, Didier Vin-Datiche, les résultats du baccalauréat général et du Diplôme national du brevet (DNB) sont jugés "satisfaisants", mais "en revanche, en voie professionnelle, nous avons des progrès à faire", nuance-t-il, notamment en CAP et en bac professionnel, où les taux de réussite se trouvent en deçà des attentes.
Du côté de l’enseignement agricole, le directeur, Jean-François Nosmas, souligne un résultat global "honorable" : 82 % de réussite, un taux comparable au niveau national. Il note toutefois que certains CAP restent fragiles.
Des évaluations inquiétantes, surtout en maths
Parmi les chiffres communiqués par le gouvernement à l’occasion de cette présentation, un retient particulièrement l’attention. À l’entrée en sixième, la part d’élèves calédoniens classés "bas niveau" atteint 47,8 % en français et 63,4 % en mathématiques. Loin des références "Métropole + Dom" (27,1 % et 32,5 %). Un écart qui se creuse encore davantage à l’entrée en seconde en voie professionnelle ; où 82,6 % des élèves sont classés "bas niveau" en français et 89,7 % en mathématiques (contre 32,4 % et 53,8 % en voie générale et technologique).
"Je ne dis pas que les résultats sont satisfaisants. Ça reste insuffisant", reconnaît Christelle Varney, directrice de l’enseignement, qui invoque un faisceau de causes pour expliquer cette baisse du niveau perceptible depuis la crise Covid : les inégalités territoriales, des facteurs socio-économiques et linguistiques, mais aussi une année 2024 "profondément perturbée" qui aurait pesé sur les apprentissages.
La réponse du primaire : revenir aux bases
La direction de l’enseignement annonce donc un net recentrage sur les fondamentaux, à savoir le renforcement en mathématiques, un focus sur les sciences et la technologie, une meilleure formation des enseignants et la possibilité d’échanges de services pour que certains notamment se spécialisent dans une discipline. "On va jusqu’à envisager de repérer les enseignants très à l’aise en maths pour qu’ils deviennent référents dans les écoles", illustre la directrice. Parmi les mesures fortes annoncées par Christelle Varney : "Tous les enfants devront apprendre leurs leçons sur le temps scolaire", dans l’objectif de limiter les inégalités entre familles.
Un nouveau dispositif autour de la lecture, Récréa’Livres, remplace "Livre, mon ami" et des activités physiques quotidiennes sont également prévues.
Secondaire : décrochage et brevet plus exigeant
Le vice-recteur, Didier Vin-Datiche, chiffre à environ 200 le nombre de jeunes de 16 à 18 ans qui quittent chaque année le cursus scolaire sans diplôme. "Ils sont surtout concentrés dans certains lycées professionnels, en CAP et bac pro, des élèves qui ont souvent échoué sur le fil. L’objectif, c’est d’aller les chercher un par un", assure-t-il.
Au chapitre des nouveautés, c’est surtout au niveau du brevet que les collégiens découvriront un nouveau fonctionnement. L’édition 2026 du DBN revient sur la note sur 20 en troisième et donne plus de poids aux épreuves finales. "C’est une manière de réaffirmer l’exigence scolaire", explique le vice-recteur.
Un climat scolaire plus tendu
Les chiffres présentés par le gouvernement recensent une forte hausse des faits graves dans les établissements ces dernières années, ainsi que des cas liés à des armes blanches. Le dossier recense 319 faits graves en 2025, contre 194 en 2023 ainsi que 34 cas liés à des armes blanches aux abords des établissements. "Nous allons poursuivre les contrôles et former nos personnels à cette problématique", insiste Isabelle Champmoreau. Yannick Lerrant, la directrice de la Maison de l’étudiant souligne, pour sa part, la sécurité accrue sur les campus, avec "une surveillance désormais 24h/24 de certains sites".
Cantine et transport : amortir la hausse des coûts
Pour "éviter toute hausse pour les familles", le gouvernement mobilise 25 millions afin de compenser l’augmentation du coût des denrées et du fonctionnement des cantines. En parallèle, une étude globale du transport scolaire est en cours pour mieux adapter les dessertes. Des ajustements sont déjà actés, notamment la mise en place d’une ligne entre Rivière-Salée et le collège des Portes-de-Fer, ainsi que le maintien d’un transport dédié pour les lycéens internes en province Nord (environ 700 élèves concernés).
Tension avec l’enseignement privé
Concernant la fermeture annoncée d’internats dans l’enseignement catholique, le gouvernement explique que l’aide de 300 millions votée au Congrès en octobre n’a été que partiellement versée à la Ddec (150 millions) après signature d’une convention qui comportait notamment le lancement d’un audit conditionnant le solde. "Nous attendons encore des documents que la Ddec ne nous a pas fournis", indique Isabelle Champmoreau, qui assure travailler "interne par interne, élève par élève" pour garantir une place à chaque famille.
Un système encore très dépendant de l’État
La part de l’État, via la mise à disposition globale et gratuite qui finance l’essentiel des salaires des enseignants, pèse près de 50 milliards de francs par an. "Sans ces moyens, la Nouvelle-Calédonie ne pourrait pas assumer seule ces charges", souligne Isabelle Champmoreau, qui rappelle également l’enjeu de ce financement dans les discussions institutionnelles.
Après le bac : logement, santé, sécurité des étudiants
Sur Parcoursup.nc, plus de 3 000 candidats ont confirmé au moins un vœu en phase principale. Pour les accompagner, la Maison de l’étudiant met en avant une offre de logements en légère hausse, une restauration accessible (120 francs le repas pour un boursier, 400 francs pour un non-boursier) et un accompagnement social et médical renforcé. "Notre rôle, c’est d’améliorer concrètement les conditions de vie et de travail des étudiants, pas seulement à l’université, mais pour tous ceux qui poursuivent des études", souligne sa directrice, Yannick Lerrant.
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