- Baptiste Gouret | Crée le 09.01.2026 à 12h21 | Mis à jour le 09.01.2026 à 12h21ImprimerLa conférence portera notamment sur la protection des aires marines protégées. Photo Archives LNC/Delphine BossyLes élus du Congrès ont approuvé, jeudi 8 janvier, l’organisation de la 11e conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature et les aires protégées. Elle se tiendra dans le courant de l’année à Nouméa et visera à définir une stratégie régionale pour la préservation de la biodiversité. La présentation de l’évènement a relancé les débats sur le partage des compétences entre le gouvernement et les provinces.
Entre 300 à 400 personnes venues de tout le Pacifique, représentants de gouvernements, d’institutions et d’ONG, réunies durant "deux à trois jours" à Nouméa pour tenter de définir la future marche à suivre dans la protection de la biodiversité régionale. C’est le programme de la 11e conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature et les aires protégées, prévue courant 2026 à Nouméa.
Organisé tous les cinq ans depuis 1975, l’évènement est devenu, en 50 ans d’existence, le principal lieu de rassemblement des acteurs de la biodiversité de la région. Le gouvernement calédonien avait déposé sa candidature, en septembre 2023, pour accueillir cette nouvelle édition. Elle avait été validée à l’unanimité des membres du Programme régional océanien pour l’Environnement (PROE), co-organisateur de la conférence.
"Opportunité stratégique"
Jeudi 8 janvier, c’était aux élus du Congrès d’estimer si la Nouvelle-Calédonie était en mesure de recevoir un tel rassemblement, à travers l’examen d’un projet de délibération visant à approuver un "mémorandum d’entente" avec le PROE pour préparer la conférence. Selon l’exécutif, représenté par Jérémie Katidjo-Monnier, membre du gouvernement en charge de la transition écologique et du changement climatique, l’organisation d’un tel évènement "constitue une opportunité stratégique pour repositionner la Nouvelle-Calédonie dans le dialogue régional du Pacifique sur les enjeux environnementaux". La gouvernance sera collégiale et rassemblera différentes institutions calédoniennes (gouvernement, provinces, communes…) compétentes en matière d’environnement.

Jérémie Katidjo-Monnier, membre du gouvernement en charge de la transition écologique et du changement climatique, au Congrès le 8 janvier. Photo Baptiste GouretL’enjeu sera également économique et touristique. "Cette conférence permettra de renforcer l’attractivité de la Nouvelle-Calédonie, dont l’industrie touristique est aujourd’hui en grande difficulté", relève Jérémie Katidjo-Monnier, selon qui "le tourisme d’affaires et les séminaires pourraient ainsi contribuer à relancer l’activité de ce secteur". Pour en faire profiter l’ensemble du pays, le gouvernement envisage d’ailleurs d’organiser des évènements en province Nord "et éventuellement dans les Iles si le budget le permet". Celui-ci s’élève à 80 millions de francs, financés par la Nouvelle-Calédonie (30 millions) et le PROE (50 millions).
Mille-feuille de compétences
L’examen du texte, qui se bornait à présenter l’objet de la conférence aux élus du boulevard Vauban, a toutefois pris une tournure conflictuelle lors des débats, et mis en lumière les crispations nées du partage des compétences entre les institutions calédoniennes. "L’environnement fait partie d’un mille-feuille que vous connaissez bien ici", a reconnu Jérémie Katidjo-Monnier. Et pour cause : si le gouvernement est souverain sur les îles éloignées et la zone économique exclusive calédonienne (ZEE), ce sont bien les provinces qui, selon la loi organique, gèrent la préservation de l’environnement et de la biodiversité de leurs milieux terrestres et marins respectifs, à travers des codes de l’environnement qui leur sont propres.
Ainsi, Philippe Blaise, de l’Intergroupe Loyalistes et par ailleurs premier vice-président de la province Sud, a accusé le gouvernement de tenter, à travers l’organisation de cette conférence, de s’emparer d’une compétence qui n’est pas la sienne. "Est-ce qu’on est en train de poser les bases d’une tentation qui consisterait à dire que le gouvernement devient le grand coordinateur en matière d’environnement et va poser les grandes lignes directrices sur la gestion des aires protégées dans les provinces ? Je vais être très clair : nous ne l’accepterons pas" a averti l’élu. "Je suis inquiet des dérives auxquelles on assiste, a ajouté son collège, Lionel Brinon. Alors qu’on arrive au terme de l’accord de Nouméa, une partie du gouvernement a la volonté de reprendre la main sur les provinces." Un procès d’intention démenti par l’exécutif. "La volonté du gouvernement n’est pas de se substituer à des compétences qui ne sont pas les siennes", a répondu Jérémie Katidjo-Monnier, en rappelant que l’accord-cadre de la conférence prévoit d’intégrer les représentants des provinces et des communes "afin de travailler sur les textes qui seront présentés". Le projet de délibération a finalement été adopté à une large majorité (37 pour, les 13 élus de l'Intergroupe Loyalistes ont voté contre ).
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