Nouvelle Calédonie
  • A.T | Crée le 11.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 11.05.2019 à 04h25
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    Aka était notamment spécialisée dans les sculptures sur métal.Archives LNC
    Faits Divers. Alors qu’elle marchait sur la promenade de la route de la Corniche, au Mont-Dore Sud, cette sculptrice de 56 ans a perdu la vie, hier, percutée par une remorque qui s’est décrochée d’un véhicule.

    Au détour des ronds-points, notamment à l’entrée de Boulari, dans les salles d’exposition les plus courues, au Médipôle… les œuvres de l’artiste Pascale Bedague, plus connue sous le nom d’Aka, ont marqué la Nouvelle-Calédonie. Et le cœur de bon nombre amateurs d’art. Entre autres.

    Cette Mondorienne de 56 ans a perdu la vie, hier, vers 8 heures, sur la promenade le long de la route de la Corniche. Alors qu’elle était à pied, à proximité de Plum et de son atelier, la sculptrice a été fauchée par une remorque qui s'est détachée d'un véhicule. Prise en charge par les pompiers de la commune, Aka a succombé à ses blessures avant d'avoir pu être évacuée vers le Médipôle.

    Le conducteur en cause, placé en garde à vue, n’était pas sous l’empire de l’alcool au moment des faits, mais roulait sans permis.

    Dès l’annonce du drame, les hommages adressés à l’artiste ne se sont pas fait attendre.

    Y compris au sein d’institutions comme le centre Tjibaou ou encore la province Sud, qui détient certaines de ses œuvres et estime qu’« elle laissera une signature unique dans la création contemporaine calédonienne. Artiste en recherche perpétuelle, elle affrontait le métal pour faire naître de la matière en fusion des œuvres parfois monumentales, appréciées du public. »


    Une femme engagée

    Mais ce sont bien sûr ses proches qui parlent le mieux de cette « femme entière », née à Lille, qui avait été éducatrice spécialisée en Métropole avant de se consacrer entièrement à son art, notamment à son arrivée sur le Caillou, voilà dix-sept ans. « Aka était là pour tout le monde. C’était une belle personne engagée dans le milieu culturel, mais qui avait aussi gardé sa sensibilité de travailleuse sociale et qui aimait beaucoup transmettre son savoir, raconte son amie Elisabeth Gelez, monitrice à l’Association des parents d'enfants handicapés, et qui à ce titre, avait organisé de nombreux stages d’initiation à l’art avec la sculptrice. Pascale savait s’ouvrir et partager avec tout le monde. Elle était tout le temps là pour nous. »

    Mais aussi brutale que soit sa mort, ses proches tiennent à ce que « les gens gardent le sourire en pensant à elle ou en voyant ses œuvres ».

    C’est notamment ce que confie sa femme, Cat Krivobok : « Aka, c’était la vie, la générosité. Je ne voudrais pas que cet hommage tombe dans la tristesse. Surtout pas. Elle était une ode à la joie et à la créativité. Si je mets de côté mes sentiments privés, je suis triste pour elle car elle n’a pas pu aller au bout du très beau projet sur lequel elle travaillait et dont nous parlions tous les soirs. »

    Mais c’était sans compter sur son fidèle complice, le sculpteur Lucien Adjé, qui devrait reprendre le flambeau : « Cela coule de source, je finirai ce qu’elle avait commencé. Je l’appelais la dentellière bien avant qu’elle réalise des œuvres en dentelle tant elle était appliquée dans son travail. C’est une très grande artiste que l’on perd, se désole cet artiste mondorien, qui souhaite adresser un message à la mairie, Ce serait bien que la ville installe sur cette partie de la promenade l’une de ses pièces. Et pourquoi pas la dernière que nous terminerons pour elle. »

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