Nouvelle Calédonie
  • J.-A.G.-L. | Crée le 21.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 21.03.2018 à 07h28
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    Mi-février, plus d\'une trentaine de jeunes gens ont dévalisé la station Total de Magenta sous les yeux des caméras. Photo DR
    JUSTICE. Lorenzo Waya, 19 ans, considéré comme un meneur des bandes qui ont cambriolé des commerces, a été condamné à deux années de prison. Il est retourné au Camp-Est à la suite de son procès.

    « Depuis plusieurs semaines et tous les jours, les magasins sont victimes de bandes de pilleurs. » Au procès de Lorenzo Waya devant le tribunal correctionnel, hier, le représentant du ministère public, Richard Dutot, s'est montré alarmiste quant à l'explosion, depuis l'année dernière, des cambriolages dans les commerces. Les nombreuses enquêtes diligentées ces dernières semaines ont toutefois permis de démontrer que ces pillages relevaient « d'agissements de pure opportunité et qu'ils étaient surtout le fait d'individus totalement inconnus de la justice », avait indiqué le procureur de la République, Alexis Bouroz.

    Cette fois-ci, en revanche, la justice devait juger « un caïd, un meneur, un exemple pour ceux qui sont ancrés dans la délinquance ». À 19 ans, Lorenzo Waya, quatre condamnations sur son casier judiciaire, est considéré par les enquêteurs comme l'un des instigateurs des cambriolages du magasin Magic Bazar, à Rivière-Salée, de la station-service Total et du Champion de Magenta ainsi que de la vinothèque Vins sans frontière, au PK4. « Sans lui, on peut se demander si ces vols auraient eu lieu », s'interroge Richard Dutot.

    Mais Lorenzo Waya n'est pas du genre à se laisser faire. Il sait que ce sont ses compagnons de vols qui l'ont décrit comme l'un des instigateurs, ce qu'il a nié tout au long de l'audience. L'avocate des gérants de la station-service Total, Me Anne-Laure Verkeyn, a demandé au tribunal une condamnation sévère à son encontre. « Ses parents ont abandonné l'éducation de leur enfant », a regretté le conseil. « Il n'est pas responsable de tous les problèmes de délinquance de notre société, ce n'est pas le Parrain, a avancé Me Stéphane Dumons. Mon client avait la volonté de travailler, il n'a jamais trouvé, accentuant le sentiment de rejet de la société. » Avant que le tribunal ne parte délibérer, le jeune homme a demandé pardon aux victimes. Les juges ont décidé de condamner Lorenzo Waya à deux ans de prison, son maintien en détention et à rembourser les gérants de la station Total de Magenta à hauteur de presque deux millions de francs.

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