- Julien Mazzoni | Crée le 27.03.2026 à 09h25 | Mis à jour le 27.03.2026 à 09h26ImprimerPhilippe Blaise, à la sortie du tribunal, après une décision rendue sur la forme. Photo Julien MazzoniPoursuivi pour injure à caractère racial après avoir notamment qualifié la CCAT de "nazis à peau noire" lors d’une interview en 2024, Philippe Blaise, vice-président de la province Sud, ne sera pas jugé sur ses propos à ce stade. Le tribunal a rejeté la plainte pour une question de procédure, ce vendredi 27 mars.
L’affaire n’aura pas été jugée sur le fond. Dans une décision rendue rapidement, ce vendredi 27 mars, le tribunal correctionnel de Nouméa a mis fin à la procédure engagée contre Philippe Blaise, vice-président de la province Sud. Non pas en jugeant ses propos, mais pour une raison juridique. Les personnes qui avaient porté plainte n’étaient pas, selon le tribunal, en capacité de le faire dans ce dossier.
La décision des juges repose sur un point juridique précis : la CCAT n’étant pas constituée en personne morale, les personnes qui s’en réclament n’ont pas été jugées recevables pour porter plainte en son nom. Résultat, leur plainte a été rejetée, sans que le tribunal ne se prononce sur le contenu des propos.
L’affaire remonte à une interview donnée en 2024, au cours de laquelle Philippe Blaise avait tenu des propos visant la CCAT, qualifiant notamment ses membres de "nazis à peau noire". Ces déclarations avaient conduit plusieurs responsables indépendantistes à engager une procédure à son encontre pour diffamation. Mais ce point central, la nature des propos, n’a finalement pas été examiné.
À la sortie de l’audience, Philippe Blaise a salué une décision "restée strictement sur le plan du droit". L’élu des Républicains calédoniens s’est dit "satisfait", tout en affichant "beaucoup d’humilité".
"Je ne suis pas un raciste"
S’il rejette toute accusation de racisme – "je ne suis pas un raciste" – il reconnaît des propos "violents", qu’il replace dans le contexte des émeutes. "Je veillerai à faire attention à ce que mes propos ne puissent être interprétés de façon négative", affirme-t-il, appelant à "un apaisement du débat politique".
Interrogé sur éventuel regret, il nuance. Certains mots, pris isolément, ont pu "laisser penser à un jugement d’ordre général", reconnaît-il, tout en assurant que ce n’était pas son intention. "La prochaine fois, je dirai les choses de façon un peu différente."
Du côté des parties civiles, la décision passe mal. Leur avocat, Maître Martin Calmet, regrette que les juges ne se soient pas penchés sur le fond du dossier. "Le tribunal n’a pas abordé la question de la gravité des mots", souligne-t-il.

Me Martin Calmet, avocat des parties civiles, déplore une décision sans examen du fond. Photo Julien MazzoniL’avocat évoque des propos "extrêmement graves" et "extrêmement blessants", avec "une connotation évidemment raciste". Il appelle les responsables politiques à mesurer "la gravité des mots" et espère que "ce type de propos ne soit plus tenu".
Sur la suite possible à donner, Maître Calmet précise que les parties civiles ne peuvent pas faire appel dans ce type de procédure. La décision revient au procureur de la République. "On va voir quelle décision va être prise", indique-t-il.
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