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    Nouvelle Calédonie
  • Mathurin Derel | Crée le 19.01.2026 à 19h24 | Mis à jour le 19.01.2026 à 19h24
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    La présidente de la province Sud, Sonia Backès, a fait l'objet d'une plainte en diffamation après avoir qualifié Christian Tein de "chef des terroristes". Photo Archives LNC/Niko Vincent
    Quarante-cinq signataires ont apporté leur soutien à Sonia Backès dans le cadre de l'affaire qui l'oppose à Christian Tein, à la suite d'une plainte en diffamation déposée par ce dernier. Leur tribune, diffusée le dimanche 18 janvier, intervient trois jours après l'audience du dossier devant la 17ᵉ chambre du tribunal judiciaire de Paris, spécialisée dans les affaires de presse.

    L'actuel président du FLNKS et l'un des leaders de la CCAT reproche notamment à la présidente de la province Sud de l'avoir qualifié de " chef des terroristes ", le 3 septembre 2024, sur la radio nationale RTL, au lendemain de l'insurrection. Les signataires, issus du monde politique et économique, se défendent d'un " plaidoyer partisan ". L'immense majorité des auteurs sont toutefois élus loyalistes ou collaborateurs politiques, ainsi que des chefs d'entreprise et personnalités publiques connues pour leur proximité avec la cheffe de file loyaliste.

    Intitulé " Soutenir Sonia Backès : le droit et le courage de nommer les choses ", le texte estime que cette procédure " ne peut être ramenée à un simple différend personnel " et qu'elle révèle au contraire " un malaise démocratique profond ", marqué par un " renversement troublant des responsabilités ". Selon les auteurs, une responsable politique se retrouve aujourd'hui poursuivie pour des mots, tandis que des " menaces explicites, publiques et répétées ", suivies selon eux " d'effets dévastateurs ", n'auraient suscité " aucune réaction judiciaire à la hauteur de leurs conséquences ".

    "Climat de terreur"

    La tribune insiste sur le caractère public des propos attribués à Christian Tein, affirmant qu'ils ont été " prononcés publiquement, enregistrés et relayés massivement sur les réseaux sociaux ". Elle cite notamment des appels à " aller les chercher dans les quartiers sud " ou à " reprendre le pouvoir coutumièrement ", qualifiés de " paroles de domination et de contrainte ", ne relevant selon les auteurs " ni de la métaphore ni de l'excès de langage ". Ces déclarations s'inscriraient dans une " séquence politique marquée par une radicalisation assumée ", ayant contribué à installer " un climat de terreur ".

    Les signataires estiment, à l'inverse, que les propos de Sonia Backès relèvent " pleinement du débat d'intérêt général ". " Nommer une violence politique, ce n'est pas la créer : c'est tenter de la contenir ", écrivent-ils, rappelant qu'en droit de la presse, la diffamation suppose l'imputation précise d'un fait pénalement qualifiable, ce qui ne serait pas le cas en l'espèce.

    Mais ce sont bien les propos de Sonia Backès qui sont examinés par la justice et non ceux tenus par Christian Tein. Lors de l'audience, son avocat a souligné que son client n'avait jamais fait l'objet de chef d'accusation de terrorisme. Présumé innocent, Christian Tein est toujours mis en examen pour association de malfaiteurs et plusieurs délits liés à l'insurrection de mai 2024. L'instruction est toujours en cours. Pour rappel, la décision du tribunal judiciaire de Paris concernant la plainte en diffamation visant Sonia Backès est attendue le 25 mars.

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