Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 11.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 11.04.2019 à 07h05
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    La délibération présentée demain fixera le périmètre terrestre et maritime du parc ou encore la mise en place de comités techniques. Doc P.Sud
    POLITIQUE. Les élus de la Maison bleue étudieront demain le projet de création d’un parc provincial sur la côte Oubliée. Avec cette initiative, la province Sud doublera sa superficie d’espaces terrestres protégés.

    Entre Unia et Thio, se cachent un taux d’endémisme avoisinant les 90 %, une grande diversité de sites archéologiques, ou encore la moitié des forêts humides de Nouvelle-Calédonie peuplées de kaoris géants, d’un sapin unique et d’oiseaux rares. Selon le président de la province Sud, Philippe Michel, se présente peu à peu « une collection de records », étudiée par des scientifiques renommés, par exemple venant du Muséum national d’histoire naturelle.

    Lors de la dernière séance de la mandature, demain matin, les élus de la Maison bleue sont invités à se prononcer sur la création d’un parc terrestre et marin sur la côte Oubliée. L’aboutissement d’une procédure engagée depuis deux ans visant à la préservation d’une incroyable biodiversité. A l’issue de réunions d’information en tribu, d’une enquête publique, et autres consultations, la Calédonie, propriétaire du titre du domaine public - 84 000 hectares environ -, a donné son accord par arrêté du 22 mars.

    Les autorités coutumières, concernées par trois enclaves, se sont également montrées favorables à l’« instauration du parc sur ces périmètres de foncier coutumier » note la province Sud.

    Demande a l’Unesco

    Le projet de parc s’étend sur 122 000 hectares : une partie terrestre de 93 000 hectares, et 29 000 en zone maritime. La bande côtière court sur 90 kilomètres. Soumis aux élus demain, le périmètre double la superficie d’espaces protégés terrestres en province Sud : de 8 à 20 %. Les mineurs, consultés, regardent de près cette initiative. Dans cet espace de la côte Oubliée, 238 concessions sont répertoriées, et 102 d’entre elles, placées à l’intérieur du périmètre du parc, deviendront inactives, inexploitables, si le projet est adopté. Ce qui représente 6 % du domaine minier de la Nouvelle-Calédonie. D’ailleurs « il y a un enjeu de réhabilitation environnementale, puisqu’on compte 13 500 hectares de sites dégradés par les feux et/ou par l’exploitation minière ou la prospection », souligne Philippe Michel qui avance une idée. « Ce nouveau parc permettra de demander à l’Unesco d’inscrire une nouvelle zone au Patrimoine mondial de l’Humanité pour la Nouvelle-Calédonie ».

    Vale – SPMSC : une remise à plat historique

    Un second et très lourd dossier sera ouvert demain, dans l’hémicycle de la Baie-de-la-Moselle : le projet de modification du pacte d’actionnaires entre le groupe Vale et la SPMSC, la société détenant la participation des trois provinces dans le capital de Vale NC (lire notre édition du jeudi 4 avril). Les élus de la province Sud se pencheront, pour avis, sur cette remise à plat historique. Le groupe Vale est en passe d’accomplir un effort financier considérable.

    Le projet d’accord prévoit une réduction de la dette de la SPMSC envers Vale de 26,9 milliards de francs. En outre, la possibilité de remonter au capital de 5 à 10 % est avancée au partenaire local, pour un prix beaucoup plus avantageux : 10 milliards de francs, au lieu de 54 milliards. Et puis la garantie d’un versement annuel de Vale à la SPMSC d’une somme entre 150 et 200 millions a été négociée. « On revient aux fondamentaux », indique-t-on à à la Maison bleue, c’est-à-dire, à l’accord de départ, avant l’explosion du coût du complexe métallurgique.

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