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    Nouvelle Calédonie
  • Mathurin Derel | Crée le 21.01.2026 à 12h48 | Mis à jour le 21.01.2026 à 12h48
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    Le FLNKS, le mercredi 13 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse au cours de laquelle il annonçait ne pas se rendre aux discussions à Paris. Photo Julien Mazzoni
    Après avoir pris le temps de la réflexion, le FLNKS dénonce, mercredi matin, l’accord Élysée-Oudinot conclu le 19 janvier en fin d’après-midi. Dans un long communiqué, le président du Front rejette sans équivoque le complément à l’accord de Bougival et affirme porter une alternative politique claire.

    La réaction du FLNKS était attendue après la signature du complément à l’accord de Bougival, le 19 janvier dans l’après-midi au ministère des Outre-mer. Sans réelle surprise, dans un long communiqué, Christian Tein, le président du Front de libération kanak et socialiste dénonce un "pseudo-accord" qui "entérine un passage en force de l’État".

    La première critique porte sur l’absence de légitimité des discussions faute de représentant du peuple autochtone et en particulier des autorités coutumières. Ces dernières s’étaient prononcées plutôt défavorablement à l’accord de Bougival en l’état, fin août 2025, estimant qu’il ne prenait pas suffisamment en compte l’identité kanak. Si le Sénat coutumier ne s’est pas encore prononcé au sujet des clarifications apportées ces derniers jours, le FLNKS souligne que le "peuple kanak n’est ni une composante humaine et politique secondaire, ni une variable d’ajustement institutionnelle et financière".

    Une hyperprovincialisation jugée dangereuse

    Christian Tein revient ensuite sur le point particulier des provinces et du possible renforcement de leurs compétences. Il juge "l’hyperprovincialisation dangereuse pour l’unité du pays". Le FLNKS pointe que "cette logique […] introduira une rupture d’équité entre citoyens […] et renforcera les inégalités" et s’inquiète de l’appauvrissement des provinces Nord et Îles poussé par un recul de la solidarité entre provinces.

    Le Front redoute également "des dérives potentielles en matière de sécurité" liées à la création de polices provinciales, vues comme un danger "pour les libertés et pour la cohésion sociale".

    Le FLNKS analyse ce complément d’accord comme "un chantage économique clair". "Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative d’achat politique", précise le communiqué qui dénonce "la fin de toute perspective d’indépendance", "ignorant le droit international". Le Front rappelle la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 5 décembre. Cette dernière insiste sur le "respect du processus de décolonisation, centralité du peuple autochtone et perspective d’accession à la pleine souveraineté", détaille le communiqué.

    Christian Tein renvoie par ailleurs la responsabilité de la rupture du dialogue à l’État. Pour le président du Front, le refus de la participation du FLNKS aux discussions par visioconférence traduit "un choix unilatéral de la puissance administrante".

    Un chantage économique

    "L’État tente d’imposer un pseudo-accord sans le peuple kanak, par un chantage économique, en mettant à l’écart des autorités coutumières, en créant les conditions d’une rupture du dialogue politique, et surtout en organisant un déni démocratique majeur : le report des élections provinciales jusqu’en décembre 2026", résume le communiqué du Front.

    Il est également question de la pression exercée par les Loyalistes à l’aune des négociations et en particulier celle de Nicolas Metzdorf : "Soit nous sortons de cette séquence avec des textes précis, assortis d’un calendrier clair d’examen et d’adoption par le Parlement. Soit nous changerons radicalement de stratégie et nous nous retournerons contre notre propre État en utilisant l’ensemble des moyens à notre disposition", avait déclaré le député en ouverture de la récente séquence parisienne. Le Front estime que l’État "organise son propre affaiblissement démocratique", "en cédant à des pressions séditieuses".

    Christian Tein souligne enfin que le FLNKS poursuivra son action pour faire respecter la trajectoire vers la pleine souveraineté, insistant sur le projet "politique cohérent et assumé" porté par le Front. "Ce projet est clair", détaille encore le communiqué : "Conformément aux promesses de l’Accord de Nouméa, la Kanaky doit accéder à la pleine souveraineté, récupérer l’ensemble des compétences régaliennes, puis par accord politique, si elle le souhaite, elle pourra décider de confier à la France et à d’autres partenaires régionaux l’exercice de certaines compétences, dans le cadre de relations nouvelles, équilibrées et librement consenties."

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