Nouvelle Calédonie
  • Philippe Frédière / philippe.frediere@lnc.nc | Crée le 15.05.2019 à 05h40 | Mis à jour le 15.05.2019 à 06h44
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    Rien n’est encore joué pour la majorité au gouvernement, ni pour sa présidence. Photo Archives LNC
    POLITIQUE. Les trois listes non-indépendantistes du Sud ont besoin de faire cause commune pour être majoritaires dans le prochain exécutif. L’Eveil océanien va jouer un rôle clé.

    La première journée de discussions entre nouveaux élus à la province Sud, c’était lundi. Presque un round d’observation. Puis un temps de décantation, c’était mardi. Aujourd’hui mercredi devrait avoir lieu la deuxième séquence de négociations entre les trois formations non indépendantistes susceptibles de former une majorité à la province Sud, puis au Congrès et enfin au gouvernement.

    Mais les enchères promettent d’être élevées. Car Milakulo Tukumuli et les 3 autres élus de sa liste ont parfaitement compris qu’ils avaient aujourd’hui le statut de faiseurs de roi. Pas tant à la province Sud où la liste de Sonia Backès a remporté 20 sièges sur les 40 distribués. Mais au Congrès et au gouvernement, c’est une autre paire de manches.

    Au Congrès, l’Avenir en confiance disposera de 18 sièges. Calédonie ensemble de 7, soit un total de 25. L’ensemble du camp indépendantiste possède 26 sièges. Dans cette configuration, Milakulo Tukumuli sait que les trois voix qu’il aura au Congrès valent de l’or.

    Des voix qui comptent double

    Du coup, même s’il se présente comme non-indépendantiste et affirme que sa liste porte les aspirations d’une communauté loyaliste à 90 %, il entend monnayer chèrement d’éventuelles alliances. Pour l’heure, il prend grand soin de ne pas se laisser assimiler aux élus du bloc non-indépendantiste qui avaient passé des accords en 2009 et 2014. Sans lui, ils obtiendront cinq sièges et seront minoritaires au gouvernement. Avec lui, ils en auront six et seront majoritaires. Autant dire que les voix de l’Eveil océanien comptent double, voire triple. Ce qui lui permet de demander au moins un siège au gouvernement dans la corbeille de mariage. Et sans doute quelques responsabilités à la province.

    Calédonie ensemble n’entend pas non plus faire cadeau de ses voix à l’Avenir en confiance. Avec sept élus au Congrès, le parti de Philippe Gomès a, de fait, droit à une place dans un gouvernement à onze membres. La prime à l’alliance sera-t-elle la présidence du Congrès ? C’est en tout cas ce qui se produit assez souvent au bénéfice du parti arrivé deuxième ou troisième dans le camp majoritaire.

    Reste à savoir qui pourrait prendre la présidence du gouvernement. Si le camp non-indépendantiste parvient à s’entendre, la fonction pourrait revenir à Thierry Santa, numéro 2 sur la liste Backès. A Calédonie ensemble, on n’a pas encore renoncé à briguer le poste, mais il sera bien difficile à décrocher et l’électorat de l’Avenir en confiance pourrait s’en trouver contrarié.

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