Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 19.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 17.10.2018 à 13h46
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    Aloïsio Sako, Wassissi Konyi, Victor Tutugoro mais aussi Athena Pouye, ont hier insisté sur « la communication de l’État en cas du « oui » et du « non » » au référendum. Photo Y.M
    POLITIQUE. Le Front a estimé le nombre d’électeurs kanak de statut de droit commun. Selon le mouvement, une majorité de personnes inscrites sur la liste référendaire est Mélanésienne.

    « Le chiffre est tout frais », tombé apparemment dans le dossier lundi soir. L’évaluation reste à confirmer, mais, après croisement des fichiers et analyses, le FLNKS estime à 29 772 le nombre d'électeurs kanak de statut civil de droit commun - sur 94 034 - dans la liste spéciale pour le référendum. L'État ayant recensé 80 120 personnes de statut coutumier, le Front compte, après addition, 109 892 Mélanésiens appelés aux urnes le 4 novembre. Soit 63 % des électeurs, la liste spéciale pour la consultation (LESC) relevant 174 154 inscrits.

    Si ce calcul est validé, le résultat peut produire au moins deux indications. La répartition de ce corps électoral serait bien éloignée - les approches sont toutefois différentes - du recensement de la population de 2014 à l’issue duquel 39 % des personnes enregistrées ont déclaré appartenir à la communauté kanak. D’où l’appel soutenu à la mobilisation lancé par la coalition indépendantiste dans les tribus et les villages. Encore faut-il ensuite que les concernés adhèrent au programme présenté.

    « Risques »

    Second point, plus politique, ce ratio de 63% malmènerait l’argument du Parti travailliste sur l’ouverture de la liste référendaire jugée trop large. Un des éléments ayant conduit le mouvement pro-Kanaky mais aussi le syndicat USTKE à la décision d’une non-participation au référendum du 4 novembre. Le FLNKS se penche actuellement sur la logistique en vue de l’échéance : procurations, navettes, vote de prisonniers... Côté campagne, un accent particulier est placé sur une région, « le Grand Nouméa, qui compte 95 000 électeurs environ, de Païta jusqu’au Mont-Dore » observe Wassissi Konyi. « C’est plus de la moitié des 174 154 personnes » inscrites sur la liste référendaire.

    Pour la coalition indépendantiste, d’ailleurs, « la campagne du référendum ne doit pas être l'objet de débordements de tout ordre ». Ses représentants interpellent « l'État sur sa responsabilité de maintien de l'ordre, de la sécurité, et du respect de la démocratie pour que les conditions de la campagne se déroulent de la manière la plus sereine et apaisée ». Entre les lignes, le FLNKS fait allusion au contexte électrique de Ouégoa, où une réunion du Front, prévue lundi, a été reportée, en raison de la vive opposition d’un groupe d’habitants loyalistes.

    En ce tout début de semaine, « au regard de la situation et des risques de troubles à l'ordre public, un dispositif conséquent d'une cinquantaine de gendarmes a été mis en place dans le village » assure le haut-commissariat. « L'action des gendarmes a empêché l’affrontement direct ». La tension est toujours élevée en ce point du Nord, « l'Etat demeurera pleinement mobilisé pour que la campagne électorale se déroule dans le calme, et permette à tous d'exprimer, dans le respect de la loi, leurs opinions ». Le FLNKS demande en outre, plus globalement, une implication assidue des membres du Comité des sages.

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