Nouvelle Calédonie
  • Philippe Frédière | Crée le 15.12.2018 à 07h04 | Mis à jour le 15.12.2018 à 12h24
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    Le comité s’est ouvert sur de profonds désaccords sur la marche à suivre après le premier référendum. Photo P.F.

    Un Premier ministre qui ne s’exprime pas publiquement en fin de journée, un relevé de conclusions laconique, une ministre des Outre-mer qui se borne à se féliciter que les uns et les autres aient pu échanger... il est bien difficile de considérer le 18° Comité des signataires, qui vient de s’achever à Paris, comme un franc succès.

    Sur le plan politique, chacun des cinq groupes présents a livré son interprétation du référendum du 4 novembre, sa vision des élections provinciales et des autres échéances à venir. Côté indépendantiste, pas question de modifier les rendez-vous référendaires ni les corps électoraux. Côté loyaliste, malgré de fortes nuances, tout le monde souhaite reculer dans le temps les prochains référendums, si possible n’en faire qu’un, lequel porterait sur le choix d’un nouveau statut ou d’une nouvelle organisation maintenant un lien avec la France.

    Une fois posées ces divergences politiques, c’est à dire aux environs de midi, la dizaine d’élus composant la délégation de l’UC-FLNKS et Nationalistes, a quitté le Comité. Motif avancé, le chapitre suivant, économique et social, n’a pas lieu d’être discuté avec l’État français, puisque étant de compétence locale. Il s’y est pourtant acté la prolongation des contrats de développement et l’installation en 2019 de la banque publique d’investissements

    " Cela s’est passé le moins mal possible ", a voulu nuancer Philippe Gomès en affirmant qu’il fallait réinventer la sortie de l’Accord de Nouméa. " Les deuxième et troisième ne vont faire qu’ajouter des tensions à celles que le premier a ravivées ", a déploré pour sa part Thierry Santa en souhaitant que l’on sorte des règles de l’Accord de Nouméa. Sonia Backès a considéré qu’il s’agissait là du pire Comité auquel elle avait participé " C’était front contre front ". Roch Wamytan a clairement indiqué que l’objectif de son mouvement était l’indépendance dès 2020 et qu’il n’y avait pas lieu d’évoquer les questions d’avenir sous un autre angle. Quant à Victor Tutugoro (UNI) il a souhaité la poursuite du dialogue, notamment avec l’État sur les questions économiques, mais il n’entend pas se laisser aller sur d’autres chemins que celui de l’Accord de Nouméa tel que signé en 1998.

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