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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 08.01.2026 à 16h35 | Mis à jour le 08.01.2026 à 16h47
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    Les élus du Congrès ont adopté à une courte majorité, ce jeudi 7 janvier, une proposition de résolution visant à déclarer l’état d’urgence sociale en Nouvelle-Calédonie. Photo Baptiste Gouret
    Les élus du Congrès ont adopté, à une courte majorité, une proposition de résolution portée par l’UC-FLNKS afin que l’État reconnaisse la gravité exceptionnelle de la situation sociale du territoire, ce qui donnerait lieu à l’élaboration d’un plan d’urgence pour lutter contre la précarité. Les opposants au texte ont estimé que la seule réponse à la crise viendrait de la stabilité politique et de l’application de l’accord de Bougival.

    Est-il temps de déclarer l’état d’urgence sociale en Nouvelle-Calédonie ? C’est en tout cas ce que pensent une majorité des élus du Congrès. Réunis en séance publique ce jeudi 8 janvier, ils ont adopté, à une voix près (20 pour, 19 contre et 8 abstentions), la proposition de résolution relative à la déclaration d’urgence sociale de la Nouvelle-Calédonie. Porté par le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, le texte vise à solliciter de la part de l’État la reconnaissance solennelle de la "gravité exceptionnelle de la situation financière et sociale que traverse le territoire, et de déclarer un état d’urgence sociale".

    Cette officialisation permettrait alors, selon le groupe indépendantiste, de débloquer des moyens supplémentaires destinés à des mécanismes de solidarité nationale, tels que la mise en place d’un fonds d’urgence pour les associations, la sécurisation du financement des aides au logement, le renforcement de l’aide alimentaire ou encore l’accès aux services essentiels.

    Restaurer les droits sociaux

    Un plan qui serait financé par l’État, au regard de "sa responsabilité" dans les émeutes de mai 2024, qui ont mis à terre l’économie calédonienne et précarisé le territoire. Cet éventuel programme de soutien pourrait aussi pallier l’absence de dispositifs de lutte contre la pauvreté dans les différents plans de relance portés par le gouvernement calédonien. "Une reconstruction durable du pays ne peut être envisagée sans restaurer les droits sociaux fondamentaux des Calédoniens", estime Pierre-Chanel Tutugoro, président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes et rapporteur du texte.


    Pierre-Chanel Tutugoro, président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès. Photo Baptiste Gouret

    Si le constat d’une crise sans précédent semble partagé par l’ensemble des formations politiques de l’hémicycle, la proposition de résolution n’a pas fait l’unanimité boulevard Vauban. Les positions politiques du groupe à l’origine du texte sont pour beaucoup dans cette opposition. "Le fait que l’UC-FLNKS porte ce vœu nous pose problème", a assumé Gil Brial (intergroupe Loyalistes), dénonçant un groupe qui "n’a jamais condamné ceux qui ont organisé" les émeutes de mai 2024. "Si cette résolution émanait d’un autre groupe, elle ne souffrirait pas d’autant de commentaires négatifs, a également constaté Milkaulo Tukumuli (intergroupe Éveil océanien-Calédonie ensemble). Le problème dans ce pays, c’est qu’on cherche systématiquement à savoir qui est responsable de la situation."

    "Donner des perspectives aux Calédoniens"

    Pour les opposants au texte, la solution à la crise sociale qui frappe la Nouvelle-Calédonie se trouve dans un autre document, plus complet que la proposition de résolution examinée ce jeudi, mais pas moins contesté : l’accord de Bougival. "Il prévoit l’instauration d’un pacte économique, d’un plan stratégique pour la filière nickel et d’un contrat d’engagement sur les politiques publiques prioritaires, a rappelé Jean-Pierre Djaiwé. Tout cela est actuellement piloté par Mme Durrieu, [directrice de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie NDLR]. En ce qui nous concerne, nous resterons engagés dans ce travail."

    Même son de cloche au sein du groupe Rassemblement. "Je ne nie pas la responsabilité de l’État, mais ceux qui ont les solutions, c’est nous, les acteurs politiques calédoniens", a affirmé sa présidente, Virginie Ruffenach. "Le premier acte pour s’en sortir n’est pas de demander l’aide de l’État, mais de donner des perspectives aux Calédoniens", notamment en garantissant la "stabilité politique" du pays, a abondé Gil Brial, avant d’ajouter : "Le fond de ce vœu se trouve dans Bougival, donc si on décide de maintenir notre signature, il n’y a aucune raison qu’on le vote." Un constat que ne partage pas Philippe Dunoyer (intergroupe Éveil océanien-Calédonie ensemble) : "Le sujet spécifiquement dédié à l’accompagnement de ceux qui sont dans la détresse et la pauvreté n’est pas abordé dans l’accord."

    Désormais adoptée, la proposition de résolution sera transmise à l’État, seul en mesure de décréter l’état d’urgence sociale en Nouvelle-Calédonie. Les divisions exprimées ce jeudi au Congrès risquent de ne pas l’y inciter.

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