Pacifique
  • | Crée le 09.08.2018 à 04h25 | Mis à jour le 09.08.2018 à 08h23
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    Le plus dur ? Le poids du sac, les intempéries, la solitude ? Louis-Philippe Loncke a entamé la première tentative de traversée de la Tasmanie du nord au sud, en hiver.Photo DR
    Aventure. L'explorateur belge Louis-Philippe Loncke va tenter de traverser la Tasmanie du nordau sud en transportant tout son matérielet sa nourriture, soit un sac de 65 kg, le tout dans des conditions extrêmes.

    Louis-Philippe Loncke a entamé samedi matin la traversée de la Tasmanie à pied, du nord au sud, sa 16e expédition. Il va tenter de marcher et de pagayer à travers cet Etat australien depuis la ville de Penguin jusqu'au Cap Sud de l'île. Il est parti avec un sac à dos contenant de la nourriture pour quarante jours, du gaz, du matériel de camping d'hiver et un petit bateau gonflable (packraft), soit 65 kg.

    L'explorateur s'impose des règles strictes : ne prendre aucune nourriture en cours de route, dormir uniquement sous la tente et n'emprunter aucune route. Il a prévu de passer par des sentiers de randonnée et du hors-piste.

    « Je vais souffrir »

    Le trajet sera difficile en plein hiver austral. Le terrain, en particulier dans le Sud-Ouest, est connu pour sa végétation inextricable : la forêt ancienne dense et les plantes rendent la progression très difficile.

    Sans oublier les fortes précipitations, neige ou pluie discontinue pendant des jours. Ce qui rendra le sol boueux et pourrait faire monter rapidement le niveau des rivières. L’un des tronçons les plus dangereux sera sans doute la profonde gorge Gordon, dans le sud de l’île.

    Dans ces conditions humides et froides, on consomme beaucoup de calories. Louis-Philippe a pris 10 kg de masse supplémentaire. Maintenant, à 83 kg, il sait qu’il peut perdre 10, 15 ou 20 kg.

    « Je sais que je vais souffrir lors de cette expédition et c’est certainement la plus difficile que j’aie planifiée, affirme le Belge. La probabilité d’atteindre le Cap Sud est très faible, mais l’aventure consiste à prendre des risques. Si c’était facile, cela aurait déjà été fait. Il y a beaucoup de dangers en Tasmanie et au début, avec un lourd sac à dos, je pourrais tomber et me blesser gravement. Je vais donc aller aussi loin que je peux. »

    Tous les trois jours, Louis-Philippe Loncke effectuera une batterie de tests psychologiques pour mesurer l’impact de l’aventure sur son cerveau : on sait que les conditions de l’expédition (météo, terrain) vont agir comme un catalyseur pour augmenter l’épuisement physique, mais quel sera son état mental ? Comment réagira-t-il face à l’isolement ?

    Une expérience récompensée

    L’explorateur belge a commencé ses expéditions en Australie en 2006. Il a rapidement été nommé « The Crazy Belgian » par les locaux parce qu’il tentait des treks engagés seul et en autonomie complète. Il a été remarqué quand il a traversé le désert de Simpson en 2008 sur sa plus longue distance en passant par le centre sans suivre les traces des véhicules 4×4. En février 2017, il a reçu à Munich le prix « Aventurier européen de l’année » pour ses traversées de trois déserts extrêmes en 2016. Il avait effectué à pied les 250 km de distance reliant le village de Sabaya à la ville d’Uyuni en Bolivie. Il avait notamment traversé les déserts Salar de Coipasa et Salar d’Uyuni, devenant ainsi le premier au monde à réaliser cet exploit en autonomie complète. Il vit à Bruxelles et travaille comme consultant en protection des données.

    Savoir +

    Louis-Philippe écrira tous les jours sur trois adresses : 

    https://twitter.com/lonckelph

    http://www.louis-philippe-loncke.com/

    https://www.facebook.com/LouPhi.Loncke/

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