Pacifique
  • AFP | Crée le 09.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.04.2019 à 04h25
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    Mgr Apuron, pris en photo ici aux côtés du pape François, a indiqué se soumettre à la décision du Vatican mais a qualifié la peine, qui l’empêche de vivre à Guam, de condamnation à mort.Photo DR
    Religion. Jeudi, Mgr Anthony Apuron,73 ans, archevêque de Guam, a été reconnu coupable d’abus sexuels contre des mineurs, par un tribunal du Vatican qui examinait un appeldu prélat.

    Le Tribunal de seconde instance a confirmé jeudi la sentence prononcée en première instance déclarant l’archevêque coupable de délits contre le sixième commandement avec des mineurs, a indiqué, dans un communiqué, la Congrégation de la doctrine de la foi, en charge de tels procès.

    La loi canon de l’Eglise lie tous les délits relatifs à la sexualité au sixième commandement du décalogue (« tu ne commettras pas d’adultère »), une terminologie floue très critiquée par certaines victimes.


    Légèreté

    Le Vatican n’a pas détaillé les faits précis retenus contre cet archevêque de l’archipel américain des Mariannes. Mais en 2016, quatre anciens enfants de chœur avaient engagé des poursuites contre l’Eglise catholique à Guam en dénonçant des agressions sexuelles de la part de deux prêtres dans les années 1950 et 1970.

    Les quatre hommes avaient déposé plainte séparément devant la Cour supérieure de Guam, trois d’entre eux accusant spécifiquement l’archevêque Anthony Apuron, qui n’était encore que prêtre à l’époque, de les avoir agressés alors qu’ils étaient enfants.

    Selon l’agence américaine Catholic news agency, il a en outre été accusé en janvier 2018 par son propre neveu, évoquant un viol en 1989 ou 1990.

    Mgr Anthony Apuron, qui nie tous ces faits, avait été condamné en première instance en mars 2018.

    Il a été privé de sa fonction d’archevêque, a interdiction de résider dans l’archidiocèse de Guam mais reste évêque, même s’il ne peut plus porter les insignes liés à ce rang comme sa bague épiscopale, a précisé le Vatican.

    « Je suis profondément attristé par la décision du Saint-Père de confirmer la décision du tribunal de première instance », a estimé Mgr Apuron dans une déclaration faite le 4 avril.

    Selon certains observateurs, la relative légèreté de la peine infligée par Rome laisse à penser que la culpabilité du prélat n’est pas établie avec une certitude totale, ou que la qualification des faits incriminés n’est pas parfaitement claire. En effet, l’abus sexuel sur mineur est considéré dans le droit canon comme un crime grave entraînant des sanctions lourdes. Or, Mgr Apuron, n’est pas renvoyé de l’état clérical, il reste évêque et n’est pas même frappé de suspension de ministère public. Il n’a pas non plus été assigné à vivre dans la prière et la pénitence.

    Dans le Pacifique

    Le 13 mars, un tribunal de Melbourne avait condamné le cardinal australien George Pell, ancien numéro trois du Vatican, à six ans de prison, dont trois ans et huit mois ferme, pour viol et attentats à la pudeur sur deux enfants de chœur de 13 ans en 1996.

    Le 26 mars, un prêtre tahitien a été mis enexamen à Papeete, pour agressions sexuelles sur mineurs de plus de 15 ans, corruption de mineurs et incitation à la consommation d’alcool.

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