Pacifique
  • AFP | Crée le 10.05.2019 à 04h30 | Mis à jour le 10.05.2019 à 09h41
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    Avec plus d'une vache par habitant, la Nouvelle-Zélande fournit 27 % du lait mondial. Photo DR
    Environnement. Le gouvernement a présenté mercredi un projet de lutte contre le changement climatique mais qui exempte partiellement le secteur agricole vital pour le pays.

    Selon la Première ministre Jacinda Ardern, la législation permettrait à la Nouvelle-Zélande de contribuer à l’objectif planétaire moyen de maintenir le réchauffement climatique en deçà de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux précédant la révolution industrielle.

    « Le gouvernement prend aujourd’hui des mesures historiques sur le changement climatique, le plus grand défi qui se pose à la communauté internationale et à la Nouvelle-Zélande », a-t-elle dit. Ignorer la question relèverait de la « négligence » et représenterait un fardeau pour les générations futures.

    Grosses sources de revenus à l’exportation

    Néanmoins, le projet de la cheffe de gouvernement de centre-gauche ne dit pas explicitement comment l’économie parviendra à la neutralité carbone d’ici 2050, déclenchant les foudres des écologistes.

    Le texte prévoit la création d’une Commission sur le changement climatique qui doit aider la Nouvelle-Zélande à atteindre son but en élaborant des « budgets d’émissions » quinquennaux.

    Le secteur agricole, l’une des plus grosses sources de revenus à l’exportation, a obtenu d’importantes concessions. Le méthane biologique produit par le bétail, qui représente un tiers environ des émissions de gaz à effet de serre de la Nouvelle-Zélande, n’est pas concerné par l’objectif ambitieux déterminé en matière de dioxyde de carbone, soit zéro émission nette en 2050.

    Le projet de loi, qui doit passer la rampe du Parlement d’ici la fin de l’année, prévoit de réduire de 10 % la production de méthane d’ici 2024.

    « L’agriculture est incroyablement importante pour la Nouvelle-Zélande, mais elle doit aussi contribuer à la solution, a indiqué le ministre du Changement climatique James Shaw. C’est pourquoi nous avons tenu compte des données scientifiques tout en écoutant les professionnels et déterminé un objectif spécifique pour le méthane biogénique ».

    Abattre du bétail ?

    La fédération des agriculteurs a cependant critiqué cette limite, accusant le gouvernement d’avoir renoncé au « pastoralisme ». « Soyons clairs, la seule façon d’atteindre des objectifs de ce niveau c’est de réduire la production, il n’existe pas de technologies magiques, a déclaré son vice-président Andrew Hoggard. A l’heure qu’il est, nous ne savons pas comment atteindre ces réductions sans abattre un nombre significatif de têtes de bétail. ».

    Le gouvernement a affirmé que la législation serait « contraignante » mais Greenpeace New Zeland a affirmé qu’elle ne spécifiait pas comment les objectifs seraient atteints, ce qui la rend « inopérante ».

    « On a une législation ambitieuse à laquelle on a ensuite arraché les dents, a dit le directeur général de l’ONG Russel Norman. Ça aboie, mais ça ne mord pas. »

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