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  • AFP | Crée le 17.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 17.05.2019 à 10h42
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    La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et le président français Emmanuel Macron ont mené les débats. Le Canada, l’Irlande, la Jordanie, la Norvège, le Royaume-Uni, le Sénégal et l’Indonésie les ont suivis. Australie, Allemagne, Japon, Pays-Bas, Espagne, Inde et Suède ont également apporté leur soutien. Photo AFP
    INTERNET. Vingt-six pays et géants d’Internet ont rallié le mouvement lancé, mercredi, à Paris, par Jacinda Ardern et Emmanuel Macron contre les contenus en ligne « terroristes et extrémistes violents ».

    « Nous pouvons être fiers. Nous avons pris des mesures concrètes pour empêcher ce qui s’est passé après le drame de Christchurch », a déclaré mercredi la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern. « Notre objectif est que ne se reproduise jamais la transformation d’Internet en machine de propagande folle, un objectif recherché par les terroristes d’extrême droite comme par les terroristes islamistes », a renchéri Emmanuel Macron, le président français, lors d’un point de presse.

    Par cet appel, initié par les deux dirigeants, les plateformes Internet, comme les leaders Facebook (et ses filiales WhatsApp et Instagram) et Google (et sa filiale YouTube), s’engagent à prévenir le téléchargement et la diffusion de ces contenus.

    « C’est juste impossible »

    L’objectif est d’éviter que ne circulent des images ou des messages terroristes en ligne comme celles du massacre de 51 musulmans à Christchurch le 15 mars, diffusé en direct sur Facebook Live pendant dix-sept minutes par le tueur, un suprémaciste australien.

    L’appel a été approuvé par une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement, comme le roi Abdallah de Jordanie, le président sénégalais Macky Sall ou la Britannique Theresa May, et de patrons des géants du numérique, dont Google, Twitter et Facebook, tous présents à l’Elysée.

    Etaient également au rendez-vous les Premiers ministres canadien Justin Trudeau, norvégien Erna Solberg ou irlandais Leo Varadkar, ainsi que le vice-président indonésien Jusuf Kalla.

    En revanche les Etats-Unis ont annoncé qu’ils ne signeraient pas le texte, au nom de la liberté d’expression, même s’ils en soutenaient les principes. Manquent aussi les grands réseaux sociaux chinois, comme Wechat.

    Les entreprises du numérique ont dit s’engager à prendre des mesures immédiates pour « atténuer les risques » liés à la diffusion en direct de ces contenus, grâce à leur identification et un examen « en temps réel ». Un défi pour des contenus qui, à peine retirés, sont souvent aussitôt republiés par des utilisateurs. Les groupes internet évoquent notamment la mise en place de mécanismes de signalement adaptés ou d’algorithmes pour détourner les utilisateurs de ces contenus ainsi que la fermeture de comptes si nécessaire.

    Le plus gros réseau social, Facebook dont le patron Mark Zuckerberg a été reçu vendredi par Emmanuel Macron, a pris les devants mercredi en annonçant que les utilisateurs repérés comme dangereux, « par la plateforme ou par les gouvernements qui les signalent », n’auraient plus accès à Facebook Live pendant un certain temps.

    Mais la tâche s’annonce rude. L’appel « est une déclaration de principe, un soubresaut politique, mais pas plus. Non pas que Facebook ou Twitter soient réticents, mais parce que supprimer en temps réel un contenu mis en ligne, c’est juste impossible », estime Marc Rees, rédacteur en chef du site spécialisé NextINpact. « Prévenir la mise en ligne d’un contenu supposerait une débauche de moyens pour traquer l’intégralité des contenus mis en ligne par l’ensemble des internautes », selon lui.

    Premier bilan en septembre

    Emmanuel Macron a précisé que l’appel serait suivi d’une réunion des responsables techniques des grands groupes à Aqaba, puis d’une nouvelle rencontre lors du G7 de Biarritz et d’un bilan concret en septembre à New York. Parallèlement, l’Europe envisage une directive obligeant les géants du Net à retirer les contenus « dans l’heure », un délai surnommé « golden hour ».

    Repères

     

    Davantage de femmes

    L’appel de Christchurch a été lancé à l’occasion du 2e sommet « Tech for Good » de Paris, initié en 2018 pour débattre de l’apport des nouvelles technologies au bien commun, comme l’éducation et la santé. 45 grands groupes technologiques se sont ainsi engagés à porter à 30 % le taux de femmes dans leur management et leur direction d’ici 2022, quand la moyenne du secteur est à 15 %, a annoncé l’Elysée.

    Au cinéma

    L’attentat contre la mosquée de Christchurch va faire l’objet d’un film, intitulé Hello brother. Le film racontera l’histoire d’une famille de réfugiés qui a fui l’Afghanistan pour trouver refuge en Nouvelle-Zélande et sera victime du carnage. Le film sera produit par l’Egyptien Moez Masoud, selon le magazine Variety.

    Embarras

    Le dirigeant du groupuscule autrichien IBÖ, qui avait reçu un don de 1 500 euros de l’auteur des attentats de Christchurch, a reconnu avoir eu des contacts réguliers par courriel avec ce dernier, mais nié l’avoir rencontré. Cette révélation a placé dans l’embarras le parti d’extrême droite autrichien FPÖ au pouvoir, son dirigeant Heinz-Christian Strache n’ayant par le passé pas caché sa sympathie pour ce mouvement.

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