Pacifique
  • AFP | Crée le 15.05.2019 à 05h40 | Mis à jour le 15.05.2019 à 05h40
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    Après la Nouvelle-Zélande, Antonio Guterres a prévu de se rendre aux Fidji, aux Tuvalu et au Vanuatu.Photo AFP
    CLIMAT. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a entamé une série de visites dans le Pacifique Sud. Il a prévenu que la planète n’était pas dans les clous pour atteindre ses objectifs de limitation de la hausse des températures.

    Dans un message fort destiné à réclamer des actes pour le climat, un défi en passe de devenir un combat central au sein de l’ONU, M. Guterres a jugé que la détermination des différents pays du monde s’émoussait, ajoutant que les petites nations insulaires qui sont « vraiment en première ligne » allaient souffrir le plus.

    La tournée qu’effectue le patron de l’ONU avant le sommet sur le climat prévu en septembre à New York le conduira - après la Nouvelle-Zélande où il est arrivé dimanche - aux Fidji, aux Tuvalu et au Vanuatu, tous menacés par la montée des eaux consécutive au changement climatique.

    Aux Fidji ou au Vanuatu, M. Guterres doit rencontrer des familles dont la vie est désormais dépendante des ouragans, des inondations ou d’autres événements extrêmes. Les Fidji se sont attelées à bâtir une coalition de plus de 90 pays des Caraïbes, d’Afrique et d’Asie pour mieux lutter contre les crises déclenchées par le réchauffement climatique.

    « Nous voyons partout la démonstration évidente que nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre les objectifs définis par l’accord de Paris, a déclaré M. Guterres. Nous continuons de perdre la bataille. Le changement climatique va plus vite que nous et si nous ne renversons pas la tendance, ce sera une tragédie mondiale. »


    Plans concrets

    Le pacte, conclu entre 195 pays membres de l’ONU, prévoit de contenir le réchauffement de la planète « bien en dessous de deux degrés Celsius et de limiter la hausse à 1,5 °C ».

    « Et le paradoxe, c’est qu’à mesure que les choses empirent sur le terrain, les mesures politiques semblent reculer », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse conjointe à Auckland avec la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern.

    Il a rendu hommage à l’action du gouvernement kiwi, qui vient de présenter un projet de loi affichant un objectif de neutralité carbone pour 2050. Le texte exempte cependant partiellement le secteur agricole, vital pour le pays. Pour Mme Ardern, le changement climatique représente « le plus gros défi » posé à la communauté internationale. Cette dernière ferait preuve de « grave négligence » si elle restait les bras croisés.

    Dans sa récente lettre d’invitation pour le sommet qu’il organise le 23 septembre à l’ONU, M. Guterres a annoncé une réunion de préparation du 30 juin au 1er juillet aux Emirats arabes unis pour retenir les meilleures propositions en vue de lutter contre le réchauffement de la planète. Mais il est demandé aux pays de ne pas venir « avec des discours » mais avec « des plans concrets et réalistes » pour réduire de 45 % les gaz à effet de serre sur les dix ans à venir et pour les supprimer totalement d’ici 2050.

    La volonté d’Antonio Guterres de s’investir personnellement dans le combat contre le changement climatique intervient dans une période de profonde remise en cause aux Etats-Unis, premier contributeur financier à l’ONU, de la réalité du changement et de ses causes.


    P

    Des indigènes vivant sur les îles du détroit de Torrès, dans le nord de l’Australie, ont déposé lundi une plainte inédite auprès du Comité des droits de l’homme de l’ONU, accusant leur gouvernement d’inaction dans la lutte contre le changement climatique. Ils affirment que le réchauffement menace leur survie et que l’inaction des autorités australiennes constitue à ce titre une violation des droits de l’homme, expliquent les avocats de l’ONG Client Earth, qui les représentent.

    Dans leur plainte, les indigènes demandent au Comité basé à Genève de déclarer que l’Australie, en vertu du droit international, doit réduire ses émissions de CO2. Selon eux, Canberra doit sortir du charbon en vue d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Ils exigent aussi que le gouvernement débloque une enveloppe de 20 millions de dollars australiens (1,4 milliard de francs, 12 millions d’euros) pour la construction d’infrastructures, telles que des digues, afin de protéger les communautés de la montée des eaux.

    « L’élévation menace déjà des maisons, ainsi que des lieux de sépultures et des sites culturels sacrés, expliquent les plaignants. Beaucoup craignent que leur île ne disparaisse purement et simplement, de leur vivant, faute d’action urgente. »

    Le dépôt de cette plainte intervient moins d’une semaine avant les législatives australiennes au cours desquelles la coalition conservatrice de Scott Morrison, très largement critiquée pour son désintérêt des questions climatiques, est donnée perdante.

    Le Comité des droits de l’homme de l’ONU est un organe composé de 18 experts indépendants qui surveille la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques par les Etats parties. C’est la première fois qu’il devra trancher sur ce type de plainte. Ses recommandations sont cependant non contraignantes.

    D

    Repères


    Un espoir pour les coraux

    Les coraux, menacés par les pollutions et l’acidification des eaux de surface, seront-ils sauvés de l’extinction par les espèces vivant dans les profondeurs ?

    C’est l’hypothèse que formulent des chercheurs du Criobe après la découverte par l’expédition Under The Pole 3, le 4 avril aux Gambier, d’un corail vivant à 172 mètres de profondeur.

    Ces coraux pourraient être utilisés pour réensemencer les récifs endommagés en surface.

    L’expédition Under The Pole 3 se poursuit jusqu’en 2020 dans les eaux polynésiennes, avec notamment une expérience, à partir du mois d’août 2019, de plongée dans une capsule sous-marine permettant de séjourner plusieurs jours sous l’eau.


    Pas d’espoir pour les Etats-Unis

    Depuis le départ de Nikki Haley en décembre 2018, Washington n’a pas d’ambassadeur onusien. Celle qui est pressentie pour le remplacer, Kelly Knight Craft, actuellement ambassadrice, est mariée à un industriel du charbon, ce qui ne laisse guère présager de positions communes avec le patron de l’ONU.

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