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  • Marie-Lise Calabretto / La Calédonie Agricole | Crée le 11.01.2026 à 06h00 | Mis à jour le 11.01.2026 à 06h00
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    En raison de la baisse de la demande en maïs, la filière travaille à développer d’autres débouchés. Photo CAP-NC / N. Petit
    Face à une baisse des besoins en maïs, la filière céréales et oléo-protéagineux doit se réinventer. Objectifs : diversifier les cultures tout en améliorant l’autonomie alimentaire des élevages locaux et plus largement du territoire. Un article de notre partenaire La Calédonie agricole n° 205, de décembre et janvier.

    Dominée par la culture du maïs grain, la filière céréales a pris son essor à la fin des années 1990, dans cinq communes de la côte Ouest, qui concentrent la quasi-totalité des surfaces cultivées. Elle est structurée autour de quatre coopératives céréalières, auprès desquelles les exploitants vendent leurs récoltes. Les grains y sont traités et séchés, stockés puis commercialisés directement aux éleveurs ou aux provendiers pour la fabrication d’aliments destinés aux animaux d’élevage.

    "Jusqu’en 2020 environ, hors aléas climatiques, les 1 000 à 1 100 hectares emblavés annuellement permettaient de satisfaire les besoins en maïs provende qui étaient autour de 10 000 tonnes, indique Yannick Fulchiron, chargé de mission à l’Agence rurale. Mais, à la suite du Covid, puis de mai 2024, les besoins ont chuté à 7 000 tonnes." En cause, la baisse de la consommation des ménages qui a impacté la taille des élevages, et des ajustements des formulations des provendiers pour répondre à la demande de leurs clients.

    Diversifier pour générer des revenus complémentaires

    Ce manque à gagner met aujourd’hui en péril la rentabilité des acteurs de la filière. "Il est crucial de proposer aux producteurs d’autres débouchés, tant pour leur viabilité économique que pour la pérennité de la filière, souligne Yannick Fulchiron. Cela passe par une diversification accrue des cultures, que ce soit en céréales ou en oléagineux, aussi bien pour l’alimentation animale qu’humaine. Ces questions sont au cœur des discussions de la commission céréales, un espace d’échange qui rassemble l’ensemble des acteurs, de la production à la transformation et l’utilisation. L’objectif ? Aligner les attentes du marché, les capacités de valorisation des produits et les réalités technico-économiques des exploitations."

    Disposer de semences et d’outils adaptés

    La Technopole, qui travaille sur ce sujet depuis plusieurs années, a déjà expérimenté de nombreuses cultures (soja, riz, blé, sorgho, luzerne, tournesol, etc.), afin d’identifier les mieux adaptées aux sols calédoniens et d’établir des itinéraires technico-économiques. Des essais ont été menés chez des agriculteurs, mais la plupart se sont rapidement heurtés à des freins. "Le déploiement de ces cultures à grande échelle est en effet conditionné à la disponibilité d’outils de traitement post-récolte et de valorisation-transformation adaptés, et à l’accès aux semences", expliquent Fabien Camy, de la CAP-NC, et Yannick Fulchiron.

    Afin de contourner ces difficultés, la Chambre a lancé un inventaire des semences disponibles et étudie l’opportunité de développer une autoproduction de semences. En matière d’outil de transformation, elle s’apprête également à investir dans un toaster mobile de graines de soja (lire l’encadré). "Un outil territorial dont l’acquisition vise à lancer la filière soja, à démontrer que cette production est viable et, on l’espère, à susciter l’intérêt d’autres acteurs ou investisseurs", conclut Fabien Camy.

    Le projet Resalim

    Lancé fin 2024, Resalim vise plusieurs objectifs : renforcer l'indépendance alimentaire des élevages, améliorer la santé et la productivité des animaux, consolider la rentabilité des exploitations agricoles et valoriser le foncier. Parmi ses leviers d'action, le projet accompagne des éleveurs dans la diversification des productions de leurs pâturages. "Avec Resalim, il s'agit d'améliorer la résilience des exploitations et d'anticiper les périodes de pénurie, rappelle Mathieu Naturel, ingénieur agronome à la CAP-NC. Pour y parvenir, il est conseillé de diversifier les cultures sur les prairies, en alternant ou en mélangeant les légumineuses pour l'apport en protéines et les céréales pour l'énergie."

    Dans ce cadre, 20 hectares de soja ont été plantés en décembre chez huit exploitants. "Le choix de cet oléo-protéagineux répond à sa capacité à restituer l'azote dans le sol et à la possibilité d'utiliser d'une part la graine de soja, mais aussi, selon la fourchette climatique, le fourrage qui constitue une excellente source de protéines pour l'alimentation animale", explique Fabien Camy. En 2026, le projet ambitionne la mise en culture de 100 hectares de soja et de plusieurs parcelles de tournesol, d'orge et de blé. L'Agence rurale soutient Resalim au travers notamment du financement d'analyses qualité, essentielles pour caractériser les valeurs nutritionnelles de ces produits et ajuster les rations alimentaires des animaux.

    Bientôt un toaster

    Composé d'environ 20 % d'huile et 40 % de protéines, la graine de soja doit être transformée afin de la rendre consommable. Elle peut être pressée pour en extraire l'huile ou bien toastée, puis broyée et compactée pour former des tourteaux. Attendu en début d'année, le toaster mobile financé par la CAP-NC permettra notamment de transformer, en avril-mai, la récolte du soja planté dans le cadre de Resalim.

    Note

    La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie.

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