Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 07.09.2016 à 04h45 | Mis à jour le 07.09.2016 à 07h14
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    Hinano se repose désormais chez elle, à Koutio. Ici, elle est assise à l’endroit où son mari s’est violemment fait frapper à plusieurs reprises par un cambrioleur. Photo Thierry Perron
    Faits Divers. Six jeunes ont été présentés à un juge d’instruction, hier. Ils sont inconnus de la justice à l’exception de l’agresseur d’Henri Mamatui et de sa femme.

    C’est peut-être l’histoire d’un petit caïd de 19 ans qui a voulu impressionner sa bande. Peut-être, car on ne saura sûrement jamais ce qui s’est passé dans sa tête ce lundi 29 août lorsqu’il s’est emparé d’une lampe torche Maglite pour frapper à quatre reprises le diacre Henri Mamatui, lui fracassant le crâne et le laissant pour mort. Depuis hier, l’enquête sur l’agression d’Henri et de sa femme, Hinano, est résolue. Un ouf de soulagement pour les autorités tant l’affaire était « extrêmement sensible », selon le procureur de la République, Alexis Bouroz.

    Il nie puis avoue tout

    Les efforts des enquêteurs ont fini par payer. Dimanche, le jeune majeur a été interpellé par la police municipale de Dumbéa. Recherché dans le cadre d’un flagrant délit pour vol, il a été remis aux gendarmes de la brigade de Dumbéa. Connu de la justice - il est passé à trois reprises devant le juge des enfants dont la dernière fois le 10 août -, le délinquant n’a en revanche jamais été impliqué dans des affaires de violences.

    En garde à vue, il a d’abord nié avoir tabassé l’homme de foi. Mais, acculé par certains éléments, il a fini par craquer. Un aveu conforté par les perquisitions à son domicile et à celui de sa petite amie où des affaires volées chez le couple de retraités (clefs de voiture et de la maison…) ont été retrouvées.

    Placés en détention

    Les arrestations se sont ensuite enchaîné. Une autre le dimanche puis quatre le lendemain. Au total, six personnes, âgées de 17 à 19 ans et originaires de Dumbéa, ont été déférées devant le parquet et présentées, dans la soirée d’hier, devant un juge d’instruction. Ils sont tous impliqués à divers degrés dans l’agression du diacre et de sa femme. Après leur passage devant le juge des libertés et de la détention, quatre d’entre eux pourraient être placés en détention provisoire au Camp-Est. Parmi ces derniers, trois sont soupçonnés d’avoir participé au cambriolage sans avoir commis de violence. Deux autres sont suspectés d’avoir fait le guet dans la rue. Ils pourraient être libérés sous contrôle judiciaire.

    Fait peu banal, ils sont tous - mis à part le jeune de 19 ans - inconnus de la justice. Mais sous l’effet de groupe et de l’alcool, ils sont passés à l’acte. « Ils avaient déjà fait un home-jacking juste avant l’agression. Ils cherchaient à voler une voiture », a expliqué Alexis Bouroz. Les six jeunes comparaîtront dans les prochains mois devant le tribunal correctionnel. Ils encourent dix ans de prison.

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