Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 08.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 08.03.2018 à 13h46
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    En novembre 2016, plus de 300 personnes avaient rendu hommage à la jeune infirmière de 24 ans, défilant en silence entre le Rocher à la voile et les farés de l’Anse-Vata. Photo Archives LNC
    JUSTICE. La cour d’appel a rejeté la demande de mise en liberté d’Allan Nicol, condamné à six ans de prison pour avoir fauché Mathilde sur l’Anse-Vata en août 2016.

    Son retour devant les juges n’a pris que quelques minutes. Allan Nicol n’a pas convaincu les magistrats de la cour d’appel qui ont examiné la demande de mise en liberté déposée par l’avocat du jeune homme, mardi. « Mon client a déjà effectué 15 mois et 18 jours de détention, il a mûri. Il n’y a pas de raison de le garder en détention provisoire avant son procès en appel », a plaidé Me Denis Milliard, l’avocat de ce jeune homme qui aura 20 ans en juillet, condamné à six ans de prison par le tribunal correctionnel, en septembre, pour avoir fauché Mathilde, dans la soirée du 19 août 2016 à l’Anse-Vata, puis s’être enfui sans secourir cette infirmière. Durant des semaines, alors que la jeune fille, grièvement blessée, était plongée dans le coma, il ne s’était pas rendu, restant sourd aux appels à témoins lancés par les parents de Mathilde.

     

    « Peine rarissime »

    Allan Nicol, une béquille à la main, la faute à une blessure au football, n’a pas été très bavard à l’audience. C’était pourtant l’occasion de faire bonne impression pour obtenir une libération avant son procès en appel. « Comment se passe votre détention ? », demande le président de la cour. Réponse lapidaire de « l’ennemi public numéro 1 », comme le décrit son conseil : « Ça va. Mes parents viennent me voir ». Puis plus rien. On n’a plus entendu Allan Nicol. Son avocat a donc supplié la cour d’avoir « une approche rationnelle plutôt qu’émotionnelle », de ne pas « se laisser influencer par la médiatisation de l’affaire » et de considérer que son client, condamné à « une peine rarissime pour un homicide involontaire », avait toutes les garanties de représentation devant la justice en cas de libération (un domicile, une promesse d’embauche) et qu’il n’y avait aucun risque de renouvellement des faits. « À son procès, il a comparu libre. Il n’a commis aucune infraction, aucun incident durant son contrôle judiciaire », poursuit Me Milliard.

    La partie adverse bondit. « Quinze jours après avoir renversé Mathilde, il était de nouveau arrêté pour conduite en état d’ivresse et refus d’obtempérer. Au même endroit, à la même heure », contre-attaque Me Jean-Jacques Deswarte, la « voix de la famille de Mathilde » qui n’espère qu’une chose, « que cela ne se reproduise jamais ».

     

    Retour au Camp-Est

    L’avocat général s’oppose sans surprise à la mise en liberté d’Allan Nicol, ayant des « doutes sur le fait qu’il ne recommence pas ». « Le débat aurait été différent si vous vous étiez rendu après les faits », admet toutefois Claire Lanet. « On ne lui fait aucun crédit, on le présente comme un monstre », regrette Me Milliard, essayant par la suite de distiller le doute, comme en première instance, évoquant la théorie d’une deuxième voiture, « un pick-up vert », qui aurait percuté Mathilde avant le passage du Kia Sorento conduit par Allan Nicol. « Revoilà la théorie du complot, ironise Me Deswarte. Il n’y a jamais eu deux voitures, les témoins et les caméras en attestent. »

    Ce point sera débattu par la cour d’appel lors du jugement d’Allan Nicol. Mardi, il s’agissait seulement de déterminer si celui qui était au lycée professionnel à l’époque des faits, pouvait être libéré avant son procès. La justice ne l’a pas souhaité. Allan Nicol est retourné au Camp-Est sous les yeux de sa mère.

     

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