Nouvelle Calédonie
  • J.-A.G.-L. | Crée le 15.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 15.03.2018 à 04h25
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    Le tribunal a condamné cet habitant du squat de Nouville à huit mois avec sursis mise à l’épreuve. Il devra, en outre, suivre un stage de citoyenneté.

    JUSTICE. Un jeune homme, qui n’a jamais fait parler de lui auparavant, a été condamné par le tribunal correctionnel de Nouméa après avoir violemment agressé avec un marteau la mère de son enfant, la semaine dernière au squat de Nouville.

    « Vous avez une drôle de façon de vous aimer ». La présidente du tribunal correctionnel de Nouméa, Évelyne Camerlynck, n’a cessé de manifester son incompréhension à la lecture de l’un des dossiers qu’elle a jugés, mardi. Quelques jours plus tôt, le 8 mars, Joris*, un jeune homme de 22 ans en apparence bien sous tous rapports, a laissé exploser sa colère, à tel point qu’il a failli tuer sa compagne. Peu avant midi, cette dernière demande à Joris de donner à manger à leur enfant âgé d’un an, ce qu’il refuse.


    Avec « le plat » du marteau

    Une dispute éclate alors et, en silence et calmement, Joris récupère un marteau dans la chambre avant de frapper la tête de sa compagne. « Avec le plat » de l’outil, fait remarquer le prévenu. Ni un, ni deux mais sept coups de marteau sont portés à la victime. « Pour une raison aussi futile, vous en arrivez à de telles extrémités. Honnêtement, je ne comprends pas. Vous auriez pu la tuer. Pourquoi si vous l’aimez, vous la frappez ? », s’interroge la présidente. Joris, impressionné de se retrouver devant un tribunal pour la première fois, n’est pas très bavard. « Il s’occupe bien de l’enfant. Je veux juste qu’il comprenne que ce n’est pas bien ce qu’il a fait », témoigne la maman qui s’est vu prescrire trois jours d’ITT par un médecin. « Soit vous avez la tête très dure soit le médecin s’est trompé », assure la juge. Pour la défense de Joris, il faut avant tout un suivi pour que « plus jamais on ne le retrouve au tribunal. Joris a évolué dans un environnement violent, il n’a pas tous les codes », analyse Me Barbara Brunard. Après en avoir délibéré, le tribunal le condamne à huit mois de prison avec sursis mise à l’épreuve et l’obligation de suivre des soins ainsi qu’un stage de citoyenneté.

    *Le prénom a été modifié
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