Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche | Crée le 23.02.2018 à 04h40 | Mis à jour le 01.03.2018 à 17h03
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    Le procureur général a répondu aux nombreuses attaques. « La fermeté de la justice se vérifie quotidiennement », a déclaré James Juan lors de l’audience de rentrée de la cour d’appel. Photo Thierry Perron
    JUSTICE. Attaquée de toute part, l’institution judiciaire, qui faisait sa rentrée hier, s’est défendue bec et ongles. Elle a également annoncé les chantiers de l’année à venir.

    Elle aurait pu rester silencieuse. Muette face à des accusations répétées de laxisme par des détracteurs de tous bords. La justice a choisi l’inverse. Le procureur général James Juan a profité de l’audience de rentrée de la cour d’appel, hier matin, pour répondre à toutes les attaques. « Pourquoi le nombre de gardes à vue augmente ? Pourquoi le nombre de personnes incarcérées augmente ? Pourquoi le taux d’occupation du Camp-Est explose ? Est-ce le signe que la justice ne fait pas son travail ? Que tous les délinquants sont dehors et qu’on les laisse faire ? Bien évidemment que non. Il n’y a aucun laxisme de la justice », s’insurge James Juan, le procureur général devant un parterre d’autorités politiques, judiciaires, militaires…

     

    « La justice ne se fait pas dans la rue »

    Si le procureur général « comprend l’exaspération de la population et son inquiétude vis-à-vis de la délinquance des mineurs », il répond à son adresse que « la justice ne se fait pas dans la rue ». « La fermeté de la justice se vérifie quotidiennement. Beaucoup de nos concitoyens pensent que la seule réponse à apporter est l’incarcération mais il y a un panel de mesures judiciaires qu’on soit primo-délinquant ou endurci. Les délinquants rendent toujours des comptes », continue James Juan, prenant la défense du haut-commissaire, Thierry Lataste victime, « d’un procès en immobilisme profondément injuste ». Cette audience de rentrée a également été l’occasion pour James Juan de présenter les grands chantiers de l’année à venir : simplification de la procédure pénale, transformation numérique, « calédonisation » de la justice, « un vaste chantier ».

    Un thème largement évoqué par le premier président de la cour d'appel de Nouméa, Thierry Drack qui a annoncé son départ cette année « après une aventure humaine formidable ».

    « La justice en Nouvelle-Calédonie est la plus novatrice : nulle part ailleurs la prise en compte des spécificités locales est aussi forte », assure Thierry Drack, faisant référence aux assesseurs citoyens qui siègent au tribunal correctionnel. « Mon souhait est de voir un jour des Kanak, des Caldoches, des Calédoniens rejoindre les rangs de la magistrature », a aussi déclaré le premier président. Avant de clore l’année judiciaire 2017 et de déclarer ouverte l’année judiciaire 2018.

    Tamole prête serment

     

    Elle était accusée « d’exercer illégalement » depuis 27 ans. Hier, Antonia Tamole a prêté serment retrouvant ainsi son poste de procureure de la République à Wallis-et-Futuna après un décret du président de la République. L’affaire soulevée par des avocats est toujours en cassation.

     

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