Nouvelle Calédonie
  • E.C. | Crée le 12.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 12.03.2018 à 14h51
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    MKM a décidé d’anticiper les travaux d’accès à la mine et d’apporter les mesures correctrices après la visite de la Dimenc. Photo Archives LNC
    Justice. N’ayant pas réalisé les études requises pour protéger l’environnement avant d’exploiter la mine Graziella, MKM a été condamné à une amende de 8,5 millions.

    D’abord la mine Ada, puis Graziella. Ce n’est pas la première fois que MKM (Maï Kouaoua Mines) contourne la loi. Malgré six arrêtés de mise en demeure, il a fallu que la Dimenc porte l’affaire devant le tribunal correctionnel de Nouméa. Citée à comparaître vendredi pour « infraction aux prescriptions relatives à la protection de l’environnement du Code minier », la société a été condamnée à verser une amende de 8,5 millions de francs. Une décision censée dissuader les industriels de se soustraire aux prescriptions de l’arrêté de l’autorisation d’exploiter, destiné à prévenir les dommages de l’activité minière.

     

    Risques sur la rivière des pirogues

    Plus précisément, la Dimenc reproche au mineur de s’être affranchi des études de stabilité de la verse (décharge pour la terre stérile) et d’impact sur l’environnement avant de démarrer les travaux d’exploitation de la mine Graziella du 1er avril au 31 octobre 2016.

    « On ne lui reproche pas une atteinte à l’environnement, mais de faire peser un risque sur l’environnement, précise Alexis Bouroz, procureur de la République. Derrière ce risque, on est aussi inquiet des troubles à l’ordre public que peuvent provoquer des incidents écologiques. » A l’instar du déversement de plusieurs tonnes de boues, en contrebas de la mine Pinpin après le passage du cyclone Cook, en avril 2017.

    MKM a beau avoir près de soixante ans d’expérience et aucun incident à son passif, « ça ne suffit pas pour les verses de plus 50 mètres, intervient une représentante de la Dimenc. Les conséquences d’un affaissement ne sont pas négligeables, notamment sur la rivière des Pirogues et pour les gens qui travaillent à côté. » MKM reconnaît les faits sans sourciller, mais rappelle cependant « la réalité du terrain » et les contraintes budgétaires de l’entreprise dans le contexte de conflit des rouleurs fin 2015.

     

    « Oui nous sommes fautifs »

    Quelques mois plus tard, l’autorisation d’exportation du minerai à très faible teneur en nickel vers la Chine est une bonne nouvelle. Mais, il faut faire vite. Les comptes de l’entreprise sont dans le rouge. Face à la lenteur de l’administration et à la morosité de la conjoncture économique, l’entreprise choisit de commencer les ouvrages et d’apporter les corrections après la visite des services de la Dimenc. « Oui, nous sommes fautifs, admet Christian Taupua, représentant MKM. Nous avons anticipé les travaux d’accès à la mine en connaissance de cause. On s’attendait à une mise en demeure, après il y a la réalité du terrain qui est de sauver un outil de travail. » Outre les délais d’attente, les études requises ont un coût. « Personne ne conteste qu’être chef d’entreprise c’est un stress de tous les instants, a conclu le procureur. Mais comme tous les autres il est amené à faire un choix entre le risque pénal et le risque financier. MKM a fait ce choix et l’assume. » Il a requis 10 millions de francs d'amende.

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