Nouvelle Calédonie
  • Esther Cunéo | Crée le 10.03.2018 à 04h25 | Mis à jour le 11.03.2018 à 13h51
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    On reproche aux prévenus une tentative de vol le 26 février dans une station Shell à Pouembout, et le cambriolage du Stone Grill de Koné dans la nuit du 8 au 9 février. Photo DR
    Justice. Jugés en comparution immédiate hier devant le tribunal correctionnel pour vol et tentative de vol dans le Nord, deux hommes de 24 et 30 ans comptant plusieurs condamnations à leur actif ont été incarcérés.

    Volet roulant forcé, baie vitrée cassée. Le mode opératoire des cambrioleurs à la barre, et leur cible (la station Shell de Pouembout) n’est pas sans rappeler les vols qui touchent les commerces du Grand Nouméa en ce début d’année (lire ci-contre). Dans ce contexte, trois prévenus ont été jugés hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel pour des faits qui remontent au 26 février.

    Cette nuit-là, des bruits suspects alertent le voisinage qui s’empresse de contacter les gendarmes. Une équipe intervient rapidement, ne laissant pas le temps aux trois malfaiteurs de pénétrer dans le local. Cependant le volet roulant est relevé de quelques dizaines de centimètres. Assez pour y jeter une pierre et briser la baie vitrée.

     

    Une vingtaine de condamnations

    « Qu’est-ce que vous cherchiez ? » interroge Thierry Lefevre, assesseur. « De la nourriture », lâche l’un des hommes à la barre. « On avait trop bu la journée en fait » laisse échapper sa compagne, la plus jeune des prévenus (18 ans). Défavorablement connu des forces de l’ordre, l’un d’eux, âgé de 24 ans, compte une vingtaine de condamnations, notamment pour vol aggravé. Formellement reconnu par une caméra de surveillance, il est poursuivi pour un autre cambriolage. Celui du Stone Grill de Koné, le 8 février, au cours duquel quatorze bouteilles d’alcool avaient été dérobées. Déscolarisé depuis la troisième, il ne travaille pas.

     

    « Une échappatoire dans l’alcool »

    En revanche le troisième individu, dont le passé de délinquance est essentiellement constitué de condamnations liées aux stupéfiants, se tenait à carreau depuis 2014. « C’est dur de trouver des contrats dans le Nord, se justifie le trentenaire, évoquant des enfants à charge. Entre le loyer et les cotisations Cafat, je ne m’en sortais pas, j’ai trouvé une échappatoire dans l’alcool. ». Comble de l’ironie, il a rencontré le couple quelques heures avant le casse. « Ce qui est désespérant, c’est qu’on a affaire à des gens qui ont du potentiel, déplore Alexis Bouroz, le procureur de la République. On a beau jeu de brandir les enfants quand on arrive au tribunal, comme un ticket pour l’aménagement des peines. Quand on est père de famille responsable, on ne parle pas des enfants pour essayer de culpabiliser les juges. »

    Compte tenu de la densité de leur casier judiciaire, les deux hommes ont été incarcérés à l’issue du procès. Ils devront exécuter un total d’un an et vingt mois de prison ferme. La femme, quant à elle, a été condamnée à trois mois avec sursis et mise à l’épreuve.

    esther.cuneo@lnc.nc

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    Sur VKP, ces deux effractions ont donné suite à une réunion publique hier à 17 heures. Une quarantaine de personnes y ont assisté, dont beaucoup d’anciens. Malgré l’annonce du jugement, la population craint que le phénomène de cambriolages en série visant les commerces ne gagne le Nord. Les discussions ont toutefois été « constructives » et « sereines », note un observateur. « Il y a une réaction collective de la population aux côtés des forces de l’ordre qui a contribué à retrouver les malfaiteurs. »

     

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