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    Grand Nouméa
  • Aurélia Dumté | Crée le 29.09.2026 à 11h12 | Mis à jour le 29.09.2026 à 11h12
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    Djoss Proust, influenceur, créateur de contenu, avec le micro sculpté, premier pas vers sa volonté d’intégrer le savoir-faire traditionnel dans l’univers des réseaux sociaux. Photo Aurélia Dumté
    Influenceur, créateur de contenu, entrepreneur… Djoss Proust, de son vrai nom Djoss Meltetamath accepte toutes les appellations. Alors qu’il s’est lancé sur les réseaux sociaux il y a deux ans, son compte décolle, et ses ambitions avec. Mais sa volonté est de développer un réseau d’influenceurs qui installeraient les savoir-faire traditionnels dans la modernité. Son mantra : "si les traditions devenaient les innovations de demain".

    Djoss Proust. "Oui, c’est une référence à l’auteur et à son œuvre, À la recherche du temps perdu, lance du tac au tac le jeune influenceur Djoss Meltetamath. Quand je me suis lancé sur les réseaux, j’ai commencé par l’univers des voyages via le système MLM – Multi-Level Marketing. Il me fallait un pseudo, j’ai pensé à cette citation de Marcel Proust : 'Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.'"

    Ses débuts sont assez frais. Post-émeutes 2024. L’expérience MLM n’est pas concluante, et Djoss, 21 ans, est ambitieux : il a l’intention de percer dans le milieu. "Je voyais les gens sur les réseaux, je m’identifiais à eux. Je me suis dit que je pouvais aussi le faire, être influenceur, créateur de contenus, entrepreneur : ces trois statuts sont indissociables." Djoss a d’abord suivi un parcours estudiantin. "C’est le cliché. Si tu ne viens pas d’une famille qui te prédispose, tu n’as qu’une seule voie." Il entre ainsi en prépa ATS (Adaptation technicien supérieur), "et quand tu es en prépa, tu es en prépa et pas ailleurs !" Travailleur, Djoss se donne à fond. Il réussit les écrits des grandes écoles, mais décide de ne pas passer les oraux. "Je ne veux pas de cette vie de salarié, cela n’a jamais été mon but d’être en CDI. J’ai toujours voulu monter ma propre entreprise."

    Débuts d’influenceurs

    Heureusement, ses parents – papa est originaire du Vanuatu et maman de Lifou et Touho – ne lui mettent pas trop de pression. Et il plaque les écoles d’ingénieurs pour devenir influenceur. D’abord à tâtons, donc. Après les voyages, son personnage Djoss Proust s’essaie à la revue de livres sur le développement personnel. "J’ai tourné 30 vidéos en une seule journée, que j’ai programmées sur le mois. L’idée, avant même de vendre quoi que ce soit, c’était bien de créer ma communauté. Au début, je ne visais pas que la Nouvelle-Calédonie."

    Durant ce premier mois, il réalise également des vidéos tous les jours, "plus sur le développement personnel. Comme celle où j’explique 'le meilleur moment pour planter un arbre était il y a vingt ans, le deuxième meilleur moment est maintenant'. Ce sont ces vidéos qui m’ont projeté dans le monde des influenceurs et des médias. Elles montraient les paysages calédoniens, les gens se sont identifiés, ça a explosé direct."


    Djoss Proust a "appris sur le tas". Il souhaiterait, "à terme, ouvrir une agence de com' centrée sur les savoir-faire locaux". Photo Aurélia Dumté

    Finalement, sa communauté, elle est ici, juste sous son nez. Ce sont les Calédoniens. Le cercle des influenceurs et influenceuses locaux le remarque, il se fait inviter, et les likes tombent. "J’ai capitalisé sur ces invitations de mise en lumière, j’en ai fait des vidéos que j’ai reportées sur ma chaîne dans le mois suivant, ce qui a participé à me faire connaître davantage dans les milieux culturels, associatifs."

    Découverte des savoir-faire

    En quelques mois, Djoss Proust se fait une place dans la sphère des créateurs de contenu locaux. Et voilà le jeune Calédonien invité en novembre 2025 à une résidence culturelle de fabrication de pirogue. "C’est à partir de là que j’ai commencé à réaliser du contenu sur les savoir-faire traditionnels et sur les cultures locales." Mais Djoss cherche encore son identité, sa touche personnelle. Lors de cette première résidence, Aïlé Tikouré, qui l’a invité, lui demande de réaliser des vidéos. Le jeune influenceur produit ainsi énormément de contenu en se mettant en scène, un travail titanesque et épuisant. Il décide, lors d’une seconde résidence en janvier 2026 à Plum, de réaliser plutôt des portraits de participants. "À ce moment-là, je me cherche encore. Je vois que le format portrait fonctionne bien, mais il faut que je m’entraîne, que je m’améliore. Alors je rencontre des gens sur les réseaux, un saxophoniste, une rappeuse, et j’enchaîne plein de vidéos."

    Le travail paye. En quelques mois, son concept de portraits explose. En parallèle, il sait qu’il doit s’orienter sur les savoir-faire traditionnels. "J’ai une sorte de mantra : 'Et si les traditions devenaient les innovations de demain ?' "

    En quelques mois, Djoss Meltetamath commence à être sollicité pour réaliser des portraits, des vidéos, des photographies, assurer la promotion de tel événement, telle entreprise… Il crée sa patente et Proust Studio. En deux ans, Djoss Proust a percé et réussi à monétiser son concept. Mais attention, le jeune influenceur travaille dur, se renouvelle, cherche encore à parfaire son identité et ses compétences. Il partage aussi ses astuces de créateur de contenu. "Ce sont les vidéos où je partage mes tips qui font le plus de vues."

    Une agence de com'

    Aujourd’hui, il imagine créer une agence d’influenceurs orientée vers cette promotion des savoir-faire traditionnels ancrés dans la modernité. "Proust Studio est encore en mouvement, et cela me semble un bon moyen d’apaiser les tensions et de calmer ce contentieux colonial", estime le jeune homme, qui rebondit sur son ambition : "À terme, j’aimerais ouvrir une agence de com' centrée sur les savoir-faire locaux, créer des parangons d’ici : des modèles, des personnalités autour desquels tournerait toute une économie. Par exemple, un sculpteur sur nacre ferait des vidéos, vendrait ses créations, proposerait des stages à des touristes, des formations, et Proust Studio serait en collaboration avec le sculpteur."

    Djoss Meltetamath trace son chemin dans un monde où tout est encore à inventer, et où un jeune créateur de contenu du Pacifique a toute sa place pour s’imposer. Surtout, s’il est talentueux, ambitieux et travailleur. "Je suis content d’être là où j’en suis, je rencontre des personnes inspirantes, le tout en faisant ce que j’aime. Ce n’est pas donné à tout le monde de prendre conscience de ça : vivre de ce que l’on aime."

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