- Julien Mazzoni | Crée le 11.05.2026 à 15h47 | Mis à jour le 11.05.2026 à 15h47ImprimerLes quatorze lits rouverts à l’hôpital de Poindimié, l’ont avant tout été pour désengorger le service de médecine de Koné. Photo Archives LNC / Baptiste GouretLe centre hospitalier du Nord a rouvert, début mai, quatorze lits de soins de suite à Poindimié. Mais pour les habitants de la côte Est, les urgences restent toujours centralisées à Koné. Une situation qui continue de peser sur les patients comme sur les équipes soignantes.
Le centre hospitalier du Nord (CHN) a annoncé, le 4 mai, la réouverture progressive de quatorze lits de soins de suite polyvalents à l’hôpital Raymond-Doui-Nebayes de Poindimié. Une reprise d’activité présentée comme une "montée en charge progressive" du site. Mais, "pour les patients de la côte Est, il n’y a aucun changement", résume le docteur Willy Abayizeye, médecin en poste à Poindimié depuis octobre 2024. "Le vrai problème pour la population, c’est qu’il n’y a plus de service d’urgence."
En effet, les lits rouverts en début de mois accueillent essentiellement des patients transférés depuis le pôle sanitaire de Koné après une hospitalisation, explique le praticien. "C’est surtout pour désengorger le service de médecine de Koné", poursuit-il.
Situation compliquée pour la population
Le CHN avait déjà fortement réduit l’activité de Poindimié en juillet 2024, faute de médecins disponibles. Dès août, les urgences avaient été fermées la nuit et les week-ends, avec consigne donnée aux patients de contacter le 15. Depuis, les habitants de Poindimié, Ponérihouen, Touho ou Hienghène doivent être orientés vers Koné en cas d’urgence.
Pour le médecin, cette organisation donne lieu à des situations parfois très compliquées. "J’ai eu récemment un patient qui n’avait pas de moyen de déplacement. Il a dû emprunter une voiture pour se rendre à Koné, alors qu’il venait pour une urgence qui devait être prise en charge rapidement", raconte-t-il.

François Baur et Willy Abayizeye, médecins à l’hôpital de Poindimié. Photo Archives LNC / Baptiste GouretL’annonce de la réouverture de lits a également créé de l’incompréhension chez certains habitants, qui pensaient retrouver une activité hospitalière plus large. "Après la réouverture du SSR [soins de suite et de réadaptation, NDLR], des patients sont venus en pensant pouvoir être pris en charge pour des urgences", témoigne le médecin.
"Problème de ressources humaines"
Quant à la "montée en charge" évoquée par le communiqué du CHN, le docteur Abayizeye la relativise, notamment en raison des difficultés de recrutement qui restent importantes. "Je pense surtout qu’il y a un problème de ressources humaines, estime-t-il. On essaie de recruter des médecins urgentistes, des infirmiers, mais on n’arrive pas à trouver de candidatures."
Le médecin évoque avec dépit ce contexte de désert médical, qui fragilise profondément l’offre de soins dans le Nord. "Quand quelqu’un arrive avec une urgence et qu’on ne peut pas lui apporter immédiatement une solution sur place, c’est compliqué humainement", soupire-t-il.
La réouverture partielle du site a néanmoins permis à une partie des soignants affectés à Koné depuis la fermeture des services de revenir travailler sur la côte Est. "Beaucoup habitent ici, ont leur famille ici. Pour eux aussi, c’est un soulagement", souligne le praticien.
Mais malgré cette reprise d’activité, le médecin décrit un hôpital encore fragile. "J’ai envie d’aider, de m’investir, mais quand on voit la situation, c’est compliqué, reconnaît-il. On est quand même gênés de ne pas pouvoir répondre aux demandes de la population."
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