Référendum 2018
  • | Crée le 01.08.2018 à 05h30 | Mis à jour le 17.10.2018 à 13h45
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    Mickaël Forrest a évoqué les actions du groupe Fer de lance mélanésien, comme ici, lors de la conférence ministérielle des non-alignés en avril 2018 à Bakou, capitale de l\'Azerbaïdjan.Photo DR.
    Maré. Dans le cadre de son cycle mensuel de conférences, la commune a convié Mickaël Forrest à venir présenter le groupe Fer de lance mélanésien (GFLM) aux Si Nengone.

    «La salle est presque vide. Je veux rappeler aux gens et aux élus indépendantistes que le groupe Fer de lance mélanésien [GFLM] est un maillon dans notre lutte. Des gens se posent des questions sur la viabilité du 4 novembre. Il faut montrer davantage qu’on est dans un combat. On aurait dû courir vers Mickaël Forrest, car [il] représente ce combat », a déploré l’un des participants à l’issue de la conférence.

    Membre de la cellule en charge des relations extérieures du FLNKS, Mickaël Forrest a été invité vendredi par la commune à présenter la genèse du GFLM, son organisation et son plan d’action pour accompagner, depuis 1988, le peuple kanak dans son objectif de souveraineté. Comme pour rappeler la situation de la Nouvelle-Calédonie sur une zone Pacifique majoritairement anglophone, le conférencier a déroulé sa présentation en anglais. « Le groupe suit ce que nous faisons ici, et nous offre des passerelles et des espaces sur la région Pacifique et à l’international. Il porte la cause kanak dans le monde […] Nous sommes le seul territoire à avoir bénéficié de cinq missions de l’Onu parmi les 24 », a-t-il rappelé.

     

    Plusieurs interrogations

    C’est justement cette position dans le monde, sur une zone Pacifique, à des milliers de kilomètres de la Métropole, qu’ont particulièrement interrogé les participants à la conférence. L’un d’entre eux a rappelé « le nécessaire développement d’une politique de coopération et la naissance de projets bilatéraux ». Un autre a mentionné la Chambre territoriale des comptes et « son invitation à s’approcher des pays voisins pour acquérir des marchés avec eux ». Face aux craintes émises par le public concernant des actions menées en zone Pacifique par les non-indépendantistes, Mickaël Forrest s’est voulu rassurant.

    « Pourquoi ne pas importer du bois de Papouasie ou de la viande du Vanuatu pour réduire des coûts de transport maritime et aérien trop importants ? », questionne-t-on dans le public. « Pourquoi envoyer nos étudiants en France et au Canada plutôt qu’en Australie, en Nouvelle-Zélande ou à Fidji ? », s’interroge-t-on encore. « Pourquoi nos grands malades sont-ils évasanés en Australie, quand nos futurs médecins doivent obligatoirement se former en France ? », ironise un participant pour souligner ce qui est considéré comme autant d’aberrations.

    Au-delà des contradictions pointées, les participants évoquent aussi des inquiétudes quant à la cohésion au sein du mouvement indépendantiste ou encore le suivi, par l’Etat, des recommandations de l’Onu relatives au référendum.

     

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