fbpx
    Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero | Crée le 24.10.2026 à 18h27 | Mis à jour le 24.10.2026 à 18h42
    Imprimer
    Marianne Tissandier (à gauche), Sébastien et Guillaume Hervouet (au centre) font partie des plus anciens membres du Sci-fi club, auquel ils adhèrent depuis les années 1990. Photo Anthony Tejero
    Fondé en 1986 par des fans de Star Wars, le Sci-Fi club fête ses 40 ans d’existence en Nouvelle-Calédonie. Au fil du temps et des avancées technologiques, le regard de la société a radicalement changé sur l’univers geek et sur ces passionnés aux profils très variés. Témoignages.

    Non, tous les geeks ne passent pas leurs journées cloitrés, volets fermés, derrière un écran d’ordinateur. Par contre, tous, quel que soit leur profil, partagent un point commun : ils sont animés par une passion débordante. Jeux de rôle et de stratégie, cinéma, littérature, technologies, comics, jeux vidéo… Si le spectre de ces hobbies est on ne peut plus large, il est un club qui ouvre grand les bras à tous ces mordus : le Sci-fi club. Et ce, depuis 40 ans. Une longévité célébrée ce samedi 24 octobre, au Château Hagen, où l’association espérait au moins un millier de visiteurs pour sa douzième édition du Week-end geek.

    Un événement qui a réuni certains des plus anciens membres de cette association fondée en 1986 par une bande de copains, initialement fans de Star Wars. Quelques années plus tard, dès 1991, son actuelle présidente, Marianne Tissandier, entend parler de cet énigmatique club par des copines de son collège. L’ado saute le pas et ne quittera plus le Sci-fi. "À l’époque, c’était très confidentiel, on devait être une vingtaine. Et le terme geek était très péjoratif dans les années 1990. Ce n’est que plus tard que la communauté s’est approprié ce mot et a revendiqué avec fierté cette identité, se souvient-elle. Très vite, le club a évolué, bien au-delà de Star Wars, pour rassembler toutes les personnes qui aiment l’imaginaire et la science-fiction. Cette diversité, c’est ce qui en fait sa force et sa richesse."


    Ces jeunes femmes ont profité du Week-end geek, au Château Hagen, pour se faire tirer le portrait. Photo Anthony Tejero

    À une époque où Internet n’en était qu’à ses balbutiements, l’association était avant tout "un lieu de sociabilisation" pour des personnes parfois introverties, qui ne demandaient qu’à s’exprimer à travers leur passion. "Quand j’étais jeune, j’étais très timide. Le Sci-fi club et notamment les jeux de rôle m’ont beaucoup aidé à prendre confiance, se remémore la présidente. C’est pour ça que même si aujourd’hui, avec le web, il est beaucoup plus facile de trouver une communauté pour échanger sur ces passions, on souhaite garder cet esprit de rencontres et de partages, au-delà du virtuel."

    "Les geeks ne sont pas loin de dominer la planète"

    Ces rencontres ont également joué un rôle crucial pour Guillaume Hervouet, qui se souvient encore de son numéro d’adhésion, "le 154", lorsqu’il pousse les portes du local, alors à Magenta, en 1994. "Ce qui m’avait le plus surpris à l’époque, c’est le fait qu’on était tous des jeunes, il y avait très peu de gens de plus de 18 ans", raconte ce médiateur culturel, pour qui l’association est un bon moyen d’émancipation. "On est passionné et on assume complètement ce qu’on a envie d’être. Autant avant, le geek était perçu comme le bizut de la classe, autant maintenant, les geeks ne sont pas loin de dominer la planète. En termes d’influence, le regard des gens a beaucoup changé. Il y a des geeks très célèbres : Steven Spielberg, George Lucas… pour ne parler que du cinéma. Aujourd’hui, les geeks sont devenus des modèles."


    ArtyFab a immortalisé sur le papier les plus beaux costumes portés par certains participants au Week-end geek. Photo Anthony Tejero

    Et souvent des sources d’inspiration comme en témoigne Sébastien, également membre du club depuis une trentaine d’années. "Je n’aimais pas la littérature classique à l’école, je lisais les livres comme Germinal quand j’y étais obligé. Pourtant, je suis devenu un très gros lecteur, et c’est grâce aux auteurs de science-fiction. Ce que j’aime dans ce club, c’est qu’on a tous des profils très variés. Moi je suis un matheux, d’autres ont des talents artistiques, etc. Mais on se retrouve tous autour de nos passions."

    IA : la réalité dépassera-t-elle la fiction ?

    Quarante ans après sa création, l’association compte près de 300 adhérents et "sympathisants actifs". Et si ces geeks ont tous évolué au rythme effréné des avancées technologiques, impossible de ne pas évoquer le tsunami numérique et sociétal qu’incarne aujourd’hui l’intelligence artificielle (IA), qui progresse et gagne du terrain en un temps record.

    "Dans notre convention des jeux de rôle, s’il y a soupçon d’utilisation de l’IA dans les scénarios, il y a sanction. On n’est pas forcément tous inquiets de ça, mais on la regarde avec beaucoup d’attention et l’association privilégie de continuer à faire appel à des artistes ou graphistes pour nos affiches, etc. C’est une question de déontologie, estime Marianne Tissandier, qui se demande quand même si la réalité ne tend pas à dépasser la fiction. "Disons que les œuvres de SF où il est question de l’intelligence artificielle et de robots finissent rarement bien…"


    Près de 25 stands étaient réunis au Château Hagen. De quoi combler tous les goûts. Photo Anthony Tejero

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS