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  • Anthony Fillet / anthony.fillet@lnc.nc | Crée le 28.11.2018 à 04h25 | Mis à jour le 28.11.2018 à 09h57
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    Il y a la Kim version kiwie, cheveux lâchés, « fêtarde », aimant voyager, publier des photos sur Instagram, « aller dans des cafés discuter avec » ses « copines », et il y a la Kim calédonienne... « Je mets le chignon quand je suis au pays parce qu’il fait trop chaud ici », s’amuse celle qui depuis deux décennies vient une fois par an, pour les vacances... Photo OFC
    FOOTBALL. Née d'une « mère javanaise de Bourail » et d'un « père néo-zélandais d'origine irlandaise », l'attaquante, 26 ans depuis hier, vivra une demi-finale de Coupe d'Océanie riche en émotions cet après-midi (15 heures) à Lifou. Son pays de naissance, la Calédonie, tentera de faire tomber sa nation d’adoption, la Nouvelle-Zélande, grande favorite.

    Elle aurait pu jouer dans le camp d'en face. « En U17 j'ai fait un stage fermé avec la sélection néo-zélandaise... Mais j'avais 15 ans, j’étais un bébé encore », sourit Kim, qui à l’époque a croisé des filles devenues onze ans plus tard ses adversaires... Elle estime désormais que « c’est trop tard » pour intégrer un jour l’effectif ultra-concurrentiel des quintuples gagnantes de la Coupe d'Océanie. « Il faudrait que je fasse ça tous les jours de ma vie, mais bon il faut se nourrir aussi... »

    Kim Maguire, exilée depuis l’âge de 3 ans en Nouvelle-Zélande, est « assistance en pharmacie » à Rotorua. « De mars à septembre je joue en club à Hamilton, en D1 de l'île du Nord : cette saison on a fini 3e, comme d’habitude j’ai mis une dizaine de buts... On s'entraîne deux fois par semaine, parfois trois. Ça me fait une heure de route aller, pareil au retour : 600 kilomètres par semaine ! Puis de septembre à décembre il y a un championnat entre les régions : depuis 2015 je suis dans la sélection du Waikato/Bay of Plenty... »

    « Kimee » ou « Frenchie », ses surnoms en Nouvelle-Zélande, a commencé le football « à 6 ans ». « Mes parents n’ont jamais voulu que je fasse du rugby, ils avaient trop peur que je me blesse... J’ai joué au tennis, au karaté, je faisais du vélo, du volley mais c’est le foot qui est ressorti ! »

    Un but face aux Papoues

    Une passion qui l'a un temps poussée à s'installer à Auckland, « pour jouer au football à un meilleur niveau » : elle y remportera le « championnat des lycées de Nouvelle-Zélande », l'autre titre figurant à son palmarès avec « le championnat U14 de l'île du Nord ».

    Ailière aux Jeux du Pacifique 2011 et 2015, Kim, agréable à voir jouer, est désormais utilisée en attaque dans le 4-4-2 en losange calédonien. Titulaire face à Tahiti (4-2) puis face à la Papouasie (2-6, un but marqué sur un lob), elle est entrée en cours de jeu dimanche contre Samoa (2-0). Sera-t-elle alignée d'entrée en demi-finale, aux côtés de Jackie Pahoa, Ami-Nata Ajapuhnya ou encore Sidney Gatha, malgré des « tendons d'Achille enflammés » ? Quoi qu’il en soit, même si elle « adore » sa vie au pays du rugby, c'est clair dans sa tête : « Je joue pour la Calédonie ! Les Néo, je ne vais pas leur faire de cadeaux... »

    De la boxe chaque matin

    La « Calédozélandaise », « très attachée » à ses « copines ici » sur le Caillou, ne manque pas de caractère. « Tous les matins, avant d’aller au travail je fais un cours de boxe anglaise... Après, j'ai la pêche ! J’ai même déjà fait un combat... Je ne suis pas tombée mais c'est mon dernier : ça fait trop peur ! » Un forme physique qui se ressent sur le terrain. « Mon jeu a évolué » par rapport à 2015. « J'ai plus de souffle ! La technique a toujours été là, ce sont les jambes qui ne suivaient pas... » Les « bonnes conditions d'entraînement et le bon encadrement » en Nouvelle-Zélande ont aussi facilité sa progression, elle qui a joué un peu à l’Olympique de Nouméa puis à Toulon avant de revenir à Rotorua auprès de son père, depuis décédé.

    Cela donne une joueuse complète, capable de participer à la construction offensive, de tenter de loin comme de prendre la profondeur... « J’aime avoir un jeu libre, me balader, courir, faire des appels... C’est ce que je préfère ! Mais jouer en appui ça me plaît aussi. »

    Pour le sélectionneur, Kamali Fitialeata, « Kim fait de bonnes courses, de bons appels » mais doit encore « prendre de l'assurance ». Pas certain, toutefois, que les Néo-Zélandaises soient les meilleures adversaires pour cela...

     

    Un obstacle néo-zélandais très compliqué à franchir...

    Katie Rood (à droite) a marqué une fois contre Cook et deux fois face à Fidji au stade Numa-Daly. Photo OFC

     

    « On voulait les rencontrer en finale... » Pour Kim Maguire et ses copines, le choc face aux Néo-Zélandaises aura lieu un tour plus tôt, dès les demies. La fin des espoirs calédoniens dans ce tournoi ?

    On aurait tendance à répondre non, tant le football réserve parfois des surprises... Il n'en reste pas moins que l'armada kiwie partira très largement favorite cet après-midi. En 3 matchs du 1er tour, la sélection désormais dirigée par l'expérimenté Tom Sermanni a inscrit 27 buts, sans en prendre un seul... Toutes les joueuses sont à surveiller ! La milieu offensive Annalie Longo, 27 ans, est la seule à avoir marqué lors de chaque rencontre... Quant à l'attaquante Sarah Gregorius, 31 ans, elle a mis 2 doublés en 2 apparitions ! La gardienne, Erin Nayler, joue à Bordeaux, la milieu défensive Ria Percival vient du championnat anglais (West Ham), comme la latérale gauche Ali Riley (Chelsea) ou encore la percutante Katie Rood (Bristol)... Attention, aussi, à l’aisance et à la puissance Katie Bowen (Utah) dans le cœur du jeu.

    Tactique hyper offensive

    « Elles sont plus fortes techniquement, tactiquement supérieures, plus imposantes physiquement », résume l'entraîneur adjoint calédonien Matthieu Delcroix sur le site de la Fédération. Depuis le coup d'envoi de la compétition, « la Nouvelle-Zélande n’est pas vraiment mise sous pression dans sa progression, avec des latérales qui jouent très haut. C’est finalement une équipe énormément tournée vers l’offensive, qui impose son jeu » avec en phase de possession un système qui se mue en 2-5-3, où les mouvements et le jeu rapide sont incessants entre les joueuses. « On va devoir trouver les solutions pour les embêter au maximum dans leurs transmissions... » Présente aux trois dernières éditions de la Coupe du monde (2007, 2011, 2015) et aux deux derniers Jeux olympiques, avec notamment un quart perdu contre les Etats-Unis en 2012, l’équipe néo-zélandaise n’est pas ici pour se reposer. Il y a une 6e Coupe d’Océanie à remporter et une 5e qualification en Coupe du monde à décrocher. Cela passe par une demie sérieuse face aux Calédoniennes. Le contraire serait étonnant de leur part.

     

    6,5 buts

    en moyenne par match ont été marqués depuis le début du tournoi. La Nouvelle-Zélande a la meilleure attaque.

    Coupe d’Océanie

    Groupe A (Koné)

    Dimanche 18/11 :

    Papouasie - Samoa : 5-0

    Calédonie - Tahiti : 4-2

    Mercredi 21/11 :

    Tahiti - Samoa : 5-5

    Calédonie - Papouasie : 2-6

    Samedi 24/11 :

    Papouasie - Tahiti : 3-1

    Calédonie - Samoa : 2-0

    Groupe B (Nouméa)

    Lundi 19/11 :

    NZ - Tonga : 11-0

    Fidji - Cook : 3-0

    Jeudi 22/11 :

    Fidji - Tonga : 12-0

    NZ - Cook : 6-0

    Dimanche 25/11 :

    Tonga - Cook : 1-0

    NZ - Fidji : 10-0

    Demi-finales (aujourd’hui) :

    15 h, Lifou : Calédonie - NZ

    15 h, Maré : Papouasie - Fidji

    Petite finale :

    Samedi, 14 heures, au stade Numa-Daly, à Nouméa.

    Finale :

    Samedi, 17 heures, au stade Numa-Daly, à Nouméa.

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