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  • Au National University of Samoa, Anthony Fillet / anthony.fillet@lnc.nc | Crée le 12.07.2019 à 04h25 | Mis à jour le 14.07.2019 à 20h49
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    La relation entre passeurs et centraux, réceptionneurs-attaquants et pointus a bien fonctionné. Photos Anthony Fillet
    VOLLEY-BALL. Le tournoi masculin a débuté hier par une victoire tranquille des Calédoniens contre la Micronésie (25-17, 25-16, 25-13). Ce sera moins simple aujourd’hui contre Tahiti.

    Le toit du gymnase de l’université a eu du mal à supporter la pluie tombée en début d’après-midi sur Apia : des gouttes ont gentiment arrosé une partie du public dans les tribunes. Une métaphore du déluge qui attendait les Micronésiens ? Un peu, même si la résistance a été plus forte qu’attendue, notamment dans les deux premiers sets.

    Une bonne défense sur le premier point, puis une attaque dehors de Maoni Talia et voilà la Micronésie qui mène 2-0. On croit rêver.

    Vexé, Maoni fait décoller ses 135 kg en bout de fil pour smasher encore plus fort, cette fois dans le terrain. Le numéro 13, futur réceptionneur-attaquant d’Avignon, sera l’un des hommes forts du match. Moïse Kahlemue en sera un autre. Trouvé en passe courte par Quincy Manuopuava, le central et capitaine d’1,95 m surplombe le bloc adverse pour mieux faire tomber la foudre. Menée 4-6, la Calédonie repasse devant après une série de services smashés de Christopher Suve (9-6). Le début de la fin pour la Micronésie.

    Jordan Boula s’envole à son tour dans les nuages pour mettre toute sa puissance dans ses frappes, au point de faire rebondir le ballon jusque dans les gradins…

    Passer par les centraux

    En face, le gaucher Canory Masaichy fait ce qu’il peut, un de ses coéquipiers détruit un panneau publicitaire en fond du terrain en défendant courageusement une attaque, mais c’est trop peu face à un rouleau compresseur calédonien se mettant progressivement en marche (25-17). Le deuxième set ne montrera pas autre chose (25-16). Le bloc ne se fissure pas, « Jacko » Wainebengo s’applique à la réception et Romain Totele, entré à la passe, met sur orbite ses coéquipiers. Un ace de Vitolio Iloai et un contre rageur de Rodrigue Manuohalalo, le plus grand (1,98 m) de l’équipe, permettent de conclure l’affaire (25-13).

    « Le coach avait donné comme consigne de travailler avec les centraux : Moïse, Rodrigue et Vitolio. Je suis content parce qu’on a gagné, mais il faudrait qu’on ait un jeu un peu plus constant », notait Maoni en pleine séance d’étirements.

    Une histoire de stratégie

    La sélection calédonienne, avec notamment à droite le capitaine Moïse Kahlemue (10) et le sélectionneur Michel Nehoune.

     

    « On a fait le travail en respectant l’adversaire, on a emmagasiné de la confiance, c’est le plus important », ajoute Moïse. « On est arrivés il y a cinq jours alors ça a été un peu difficile de dérouiller les articulations. Puis après les garçons ont repris les choses en mains, notamment au niveau de la réception où on a été plus précis, ce qui a permis au passeur de distribuer correctement. On a gagné, c’est l’essentiel. Il n’y a pas de petite victoire. Dans cette poule de trois avec la Micronésie et Tahiti, il n’était pas question qu’on laisse filer un set », conclut le sélectionneur, Michel Nehoune.

    Intéressant avant d’enchaîner aujourd’hui par un duel avec les Tahitiens. « Ils ont un jeu à la française, c’est propre, très technique. Bon, après, leurs réceptionneurs-attaquants sont plus petits que les nôtres, ils vont devoir mettre beaucoup d’énergie, se fatiguer. En fin de set, c’est là qu’on va faire la différence. Je suis confiant. De toute façon, si on veut aller à l’or, il faut battre tout le monde », annonce Moïse. « Ça va se jouer sur la stratégie mise en place, estime Michel. Celui qui aura un meilleur rapport service-bloc gagnera le match. Contre ces équipes il ne faut pas s’amuser à leur envoyer des balles à 2 km/h, parce que ces ballons-là ils vont nous le ramener à plus de 100 km/h ! Alors il faut les agresser dès le départ. »

    Ça risque de cogner fort !

    Repères

    Une formule étrange

    L’organisation a beau prendre du temps pour expliquer, en anglais, le fonctionnement du tournoi masculin, on s’y perdrait presque. Plusieurs joueurs aussi. « Je ne comprends pas trop la formule », confirme Moïse Kahlemue. Si le tournoi féminin regroupe 7 équipes divisées en deux poules (de 4 et 3 donc), la compétition masculine met aux prises 11 sélections, réparties en trois groupes de 3, plus un groupe de 2. Les Calédoniens sont avec la Micronésie et Tahiti. Les deux premiers seront qualifiés pour une seconde phase de poules : la bande à Michel Nehoune devrait y jouer deux matchs, contre Wallis-et-Futuna et Tuvalu. En fonction des résultats, un classement sera effectué pour déterminer la composition des quarts de finale… Simple, non ? Pas vraiment.

    Les filles et les serpents

    Les Cagoues entreront dans le tournoi seulement lundi en fin d’après-midi. Dans leur poule B se trouvent les Samoa américaines et Tahiti, respectivement vainqueurs et finalistes des derniers Jeux en 2015. Deux défaites et le dernier carré s’envolerait. Mécontent de ce tirage difficile, le staff a porté réclamation. En vain. Ce qui a eu le don d'agacer Michel Nehoune. « Ce n’est plus des couleuvres qu’on avale, c’est des anacondas ! »

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