- AFP | Crée le 19.06.2026 à 10h38 | Mis à jour le 19.06.2026 à 10h42ImprimerDes panneaux d’information affichant l’alerte canicule, incitent à adopter les bons gestes et à rester au frais, alors que les températures atteignent 40 °C par endroits. Photo AFP / Olivier ChassignoleLa canicule s’est installée jeudi 18 juin sur une large partie de la France, de Paris au centre-est, avec des températures qui ont localement atteint 40 °C, poussant les autorités à suspendre les cours dans des établissements scolaires et à annuler des festivités.
Alors que l’été ne commence officiellement que dimanche, cinquante-trois départements sont placés en vigilance orange canicule, de la région parisienne à l’est, en passant par le centre. L’épisode de chaleur s’annonce "étendu, durable et intense", avertit Météo France, et le pic de chaleur est prévu pour dimanche ou lundi. Les 40 °C ont été atteints à Montmorillon (ouest), un record pour cette station ouverte en 1990.
Ces épisodes de chaleur intense se multiplient sous l’influence du changement climatique alimenté par l’utilisation massive des énergies fossiles. En Europe, l’Espagne et le Royaume-Uni sont aussi sous la menace de très fortes températures.
Devant une pharmacie qui affiche 36 °C dans le quartier très minéral de la Part-Dieu à Lyon (sud-est), deux jeunes salariées cherchent de l’ombre pour une pause cigarettes. "Même en jean, ça brûle les fesses", plaisante Morgane, après avoir testé un banc au soleil.
La flambée des températures est aussi aggravée par le solstice d’été, le 21 juin, le jour le plus long de l’année, qui compte donc le plus d’heures d’ensoleillement. Le solstice est aussi le jour de la Fête de la musique, et des concerts ont d’ores et déjà été annulés dans plusieurs villes en raison des fortes chaleurs attendues.
Un mort en banlieue parisienne
Les épisodes caniculaires, qui surviennent "de plus en plus tôt" et coïncident avec des périodes d’examens ou des événements culturels et sportifs comme le Mondial de football, ont "un effet immédiat sur l’organisme, quel que soit son âge", note Santé publique France dans un communiqué.
Un homme de 30 ans est mort jeudi 18 juin sur une piste d’athlétisme en banlieue parisienne. Des témoins l’ont retrouvé en arrêt cardio-respiratoire et les secours n’ont pas pu le ranimer.
Les maires, eux, se retrouvent face à un dilemme : fermer les écoles au risque d’interrompre les enseignements, ou les maintenir ouvertes, parfois au détriment du bien-être des enfants. Plusieurs établissements scolaires – des collèges principalement – ont ainsi annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi à cause de la canicule, notamment à Paris et Toulouse (sud-ouest).
La touffeur met également à rude épreuve les lycéens planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, le diplôme national de fin d’études secondaires, qui se terminent jeudi. Dans le centre du pays, le rectorat de Poitiers a annoncé le report d’une semaine des épreuves de grand oral du bac, prévues lundi et mardi.
Annulation de trains et "logements bouilloires"
Sur les rails, la SNCF a supprimé 71 trains qui devaient circuler de jeudi à lundi, en prévision de pannes potentielles de climatisation. Une panne d’électricité sur le réseau Paris-Est, dont la cause n’a pas encore été déterminée, a par ailleurs affecté pendant près de deux heures le trafic ferroviaire au départ d’une gare parisienne.
Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d’été et au phénomène des "logements bouilloires". "On étouffe", explique Léria, 32 ans, femme au foyer vivant dans une tour à Nanterre, près de Paris. "Avant, c’était l’hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j’ai peur quand l’été approche."
Il s’agit du deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois.
Le pays est confronté à "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
Critiqué par l’opposition pour son "impréparation" lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation. "La France se place comme l’un des pays pionniers en matière d’adaptation", a assuré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
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