- Alexandra Perrini / Radio 1 Tahiti | Crée le 01.07.2026 à 13h39 | Mis à jour le 01.07.2026 à 13h39ImprimerÀ gauche, Jacques Pakeso, originaire de Nouvelle-Calédonie, a disparu en 2022, après avoir échoué dans sa formation à l’école des mousses près de Toulon. Mike Gineste, originaire de Tahiti, est quant à lui considéré comme déserteur de la Légion étrangère depuis 2023. Photos Var Matin / Facebook et Tik TokLes membres d’une famille de Toulon ont été mis en examen pour traite d’êtres humains en bande organisée, violences et séquestrations, a révélé, mardi 30 juin, le quotidien Var Matin. Les enquêteurs s’intéressent notamment à la disparition de deux engagés depuis la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, qui ont fréquenté la famille et n’ont plus donné signe de vie depuis 2022 et 2023, reprend notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Une famille de Toulon "originaire des îles du Pacifique" décrit le journal Var Matin, dans une enquête menée par les journalistes Éric Marmottans et Laura Gatti publiée le mardi 30 juin, a été mise en examen fin mai, pour traite d’êtres humains en bande organisée, violences et séquestrations sur des militaires ultramarins. La justice s’intéresse notamment à la disparition de deux militaires, Jacques Pakeso et Mike Gineste, qui n’ont plus donné signe de vie depuis 2022 et 2023. Le premier est originaire de Nouvelle-Calédonie et le second s’est engagé à Tahiti, indique le quotidien local.
Pourquoi une famille originaire du Pacifique s’en serait-elle prise à d’autres militaires issus de cette même région ? C’est l’une des nombreuses questions auxquelles les enquêteurs devront répondre au fil de leurs investigations. D’après nos confrères, les faits se sont déroulés entre 2011 et 2025, à Fréjus et à Toulon, dans le Var. Lors de "soirées tahitiennes", la famille aurait dépouillé les victimes de leurs papiers d’identité, téléphones, cartes de crédit et argent, et l’une des filles aurait servi d’appât pour attirer les militaires.
Des ossements découverts dans les Bouches-du-Rhône
C’est la disparition de Jacques Pakeso, alors âgé de 28 ans, qui a permis de remonter jusqu’aux mis en cause. D’après le groupe Facebook "Être militaire", le jeune homme était arrivé de Nouvelle-Calédonie pour rejoindre la Marine nationale. Il avait été hébergé par cette famille avant d’être mis à la rue. Mike Gineste était lui légionnaire au 1er régiment étranger de cavalerie de Carpiagne, engagé en 2018 depuis Tahiti. Il a disparu en 2023, peu après avoir déposé plainte contre les suspects.
Les deux hommes ont en commun d’avoir fréquenté la même famille, précise Var Matin. Lors d’une perquisition à leur domicile, les enquêteurs ont découvert de nombreux effets personnels appartenant à différentes victimes : passeports, permis de conduire, cartes bancaires, ainsi que des chéquiers et divers documents administratifs, dont ceux de Mike Gineste.
L’enquête a permis de recueillir les témoignages "d’au moins sept personnes dénonçant des faits de violences, d’extorsions et de séquestrations". Lors de leurs auditions, les suspects ont nié ou minimisé les faits lorsqu’ils ont été entendus. L’un des fils a toutefois "affirmé que Jacques Pakeso et Mike Gineste auraient été assassinés à l’instigation de la mère de famille", détaillent nos confrères.
"J’avais peur qu’elle me tue"
"Elle avait la haine dans les yeux, elle disait qu’il fallait qu’on s’en débarrasse", a-t-il expliqué aux enquêteurs. Le fils décrit la scène ayant conduit au décès de la victime, évoquant un étranglement suivi d’une fracture du cou. Après avoir mis le corps de la victime dans le coffre d’un véhicule, ils auraient abandonné le militaire dans un ravin dans les Bouches-du-Rhône, et la mère aurait ordonné à son fils de garder le silence. "J’avais peur qu’elle me tue", confie-t-il encore, avant d’ajouter qu’elle serait également à l’origine de l’assassinat de Mike Gineste, détaille Var Matin.
Des recherches sur les lieux ont permis de découvrir des ossements humains dans l’une des zones indiquées. L’identification est en cours. La mère de famille, âgée de 52 ans, et l’un de ses fils désigné comme étant l’auteur des homicides, ont démenti toute implication. Ils ont tous les deux été placés en détention provisoire.
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