- Anne-Claire Pophillat | Crée le 28.04.2026 à 18h40 | Mis à jour le 28.04.2026 à 18h51ImprimerMaison Terra doit entraîner l'embauche de six personnes la première année, pour en atteindre dix à terme. "On estime que le même nombre sera créé dans l'agriculture", indique Marie Lafleur (en chemise blanche), lors de la pose de la première pierre, mardi 28 avril, en présence des producteurs partenaires. Photo Anne-Claire PophillatLa première usine de transformation agroalimentaire du territoire, en cours de construction à La Foa, doit entrer en service en novembre. Approvisionnée par les agriculteurs locaux, Maison Terra prévoit la production de 300 tonnes de fruits, légumes et tubercules, en sachets de frais ou surgelés, à destination de la restauration collective et commerciale, ainsi que des grandes surfaces.
À l’entrée de La Foa, s’élèvent les murs de ce qui va devenir la première unité de transformation agroalimentaire de Nouvelle-Calédonie. Maison Terra est le nom de cette future usine, qui vise à valoriser la production agricole locale, "un enjeu majeur d’autonomie alimentaire", introduit Chloé Lafleur, porteuse du projet avec sa sœur, Marie. La première pierre officielle du chantier a été posée ce mardi 28 avril. Un investissement de plus de 400 millions de francs bénéficiant de la double défiscalisation nationale et locale, "ce qui rend possible la création de cet outil industriel unique sur le territoire", indique Marie Lafleur.
Frais ou surgelés
Les locaux, de 1 000 m2, comprendront un laboratoire de transformation, une chambre froide et un espace de stockage. C’est là que seront traitées les 300 tonnes de fruits, légumes et tubercules prévues au départ, avec une montée en charge progressive en fonction de l’évolution de la demande. Courgettes, aubergines, concombres, ignames, mangue seront lavés, épluchés, découpés et conditionnés en frais ou en surgelés.
Dans un second temps, il est question de fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée, "comme des légumes précuits, des purées, des sauces, etc.", explique Marie Lafleur. Maison Terra regarde aussi plus loin, au-delà du seul marché calédonien, vers la région Pacifique, dont la Polynésie française et Wallis-et-Futuna, et même "le Japon et la Corée du Sud, déjà clients de produits agricoles locaux".

De nombreuses personnes, dont des représentants de l’État, du gouvernement et de la province Sud ont assisté à l’inauguration de Maison Terra, à La Foa. Photo Anne-Claire PophillatAinsi, l’usine entend proposer une alternative aux produits transformés importés, qui constituent 95 % de ce qui est consommé sur le territoire, grâce notamment à un partenariat noué avec des agriculteurs, sources d’approvisionnement. "On leur propose un nouveau débouché, sécurisé par des contrats sur les volumes et les prix, ce qui permet d’avoir un chiffre d’affaires prévisible, de favoriser la planification des cultures, et de réduire les pertes liées aux produits non standardisés", développe Chloé Lafleur.
La transformation répond également à la problématique de la saisonnalité des productions, relève le directeur de la Chambre d'agriculture et de la pêche, Guylain de Coudenhove. "L’agriculture s’étale d’avril-mai à novembre-décembre. Grâce à la transformation et au stockage, la mise sur le marché peut être étalée."

L’usine de transformation agroalimentaire compte acheter 400 tonnes de produits bruts aux agriculteurs, avec lesquels, les premiers contrats ont été signés ce mardi, comme ici Romain Veron, pour produire 300 tonnes de fruits et légumes transformés, sur une production totale en Nouvelle-Calédonie de 15 000 tonnes de produits bruts. Photo Anne-Claire PophillatPrêt à "mettre dans la marmite"
Une "opportunité", considère Romain Veron, agriculteur et éleveur à Ouatom, qui cultive notamment de l’igname. "Ce tubercule a une clientèle essentiellement mélanésienne et on a du mal à le rendre accessible et attrayant pour le reste de la population, témoigne le Lafoyen. Or, il a des valeurs nutritionnelles intéressantes, et c’est une culture pour laquelle on ne dépend pas de l’extérieur, on est autonome de la semence jusqu’à la commercialisation."
Romain Veron a signé un contrat, mardi matin, avec Maison Terra, qui va lui acheter dix tonnes d’ignames cette année. "L’avantage, c’est qu’on se met d’accord sur un volume et un prix fixe, donc je sais ce que je vais toucher." L’agriculteur espère que la vente en poche sous vide prête à "mettre dans la marmite", plus facile à utiliser, élargisse la clientèle.
Des prix "compétitifs"
De l’autre côté de la chaîne, les restaurations commerciale et collective se montre intéressées. C’est le cas de Newrest, présent ce mardi, qui assure notamment le repas des enfants dans les cantines de Nouméa, Dumbéa et Païta. L’entreprise sera cliente de Maison Terra, assure Loïc Martin, directeur des achats. "Cela va nous permettre d’augmenter notre part de produits locaux dans les assiettes, et d’avoir accès à de l’agriculture responsable et bio. L’autre aspect concernant pour nous est la proximité avec les agriculteurs."

Le projet vise à limiter son empreinte carbone. L’usine devrait être autonome en énergie, grâce à l’utilisation de panneaux photovoltaïques et de batteries de stockage. Photo Anne-Claire PophillatEn termes de tarif, Chloé et Marie Lafleur assurent pouvoir proposer des "produits compétitifs par rapport à l’import". Il s’agit, pour l’instant, simplement "d’étoffer cette offre". "On estime que ce qu’on va mettre sur le marché représente 2 % des produits transformés consommés, donc on vient vraiment en complément, on ne substitue pas à ce qui existe aujourd’hui."
La fin des travaux est prévue en octobre. Les Calédoniens devraient pouvoir découvrir les légumes et fruits transformés par Maison Terra dès la fin de l’année, et les écoliers dès la rentrée prochaine.
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