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  • AFP avec LNC | Crée le 19.10.2026 à 09h26 | Mis à jour le 19.10.2026 à 09h26
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    Un manifestant tient une pancarte sur laquelle est inscrit « Les générations 6-7 refont Mai 68 », devant un brasier sur le boulevard des Capucines, à Paris. Photo : AFP / Kiran Ridley
    La mobilisation organisée le samedi 17 octobre à travers toute la France hexagonale, pour lutter notamment contre la vie chère, a réuni des centaines de milliers de personnes, mais les violences qui ont éclaté dans certaines villes, dont Paris, Lyon et Limoges, ont éclipsé les revendications. Ce dimanche 18 octobre, Emmanuel Macron a promis de la fermeté contre les casseurs, mais aussi "la transparence" sur le dispositif de maintien de l’ordre.

    "Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte", a déclaré le chef de l’État dans d’une allocution d’une dizaine de minutes, le dimanche 18 octobre.

    La veille, la journée de mobilisation nationale, qui a attiré plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues en France hexagonale, a tourné au fiasco, entachée par des violences qualifiées par certains médias et élus "d’émeutes". À Limoges, la mairie s’est embrasée et son beffroi s’est effondré. Dès le lendemain de cette destruction, plusieurs milliers d’habitants, aux côtés de nombreux élus, se sont réunis dans le centre-ville pour une marche dans le calme.

    À Lyon, c’est l’office de tourisme qui a été réduit en cendre. Sans parler des innombrables pillages et destructions dans les commerces. D’après la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), 1 500 enseignes ont été touchées pour un préjudice qui s’élèverait à plusieurs centaines de millions d’euros (soit plusieurs dizaines de milliards de francs). Le ministre du Commerce Serge Papin doit réunir ce lundi matin les fédérations représentant les commerçants et les distributeurs, les hôteliers et les restaurateurs, ainsi que les banques et les assurances.


    Des manifestants brisent les vitrines d’un magasin de l’enseigne alimentaire française « Picard » lors d’une manifestation contre la « vie chère », à Paris. Photo : AFP / Geoffroy Van Der Hasselt

    Ces violences ont éclipsé les nombreuses revendications de cette mobilisation organisée par un ensemble de collectifs, d’organisations de jeunesse (comme l’Union étudiante), de syndicats (dont la CGT) et de mouvements citoyens, dont les Gilets jaunes.

    "Violence débridée", "revendications légitimes"

    Dans une allocution donnée dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé "des factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants", qui "se sont livrés à une violence débridée dans nos villes". Mais, "jamais nous ne devons confondre" les manifestants aux "revendications légitimes" avec "ceux qui ont détruit, cassé, pillé".

    Emmanuel Macron a également promis "la transparence" quant à la stratégie controversée de maintien de l’ordre employée samedi. Il demande au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, dont plusieurs dirigeants d’opposition exigent la démission, de "tirer toutes les leçons" des évènements, disant attendre "des réponses claires". Dans les prochains jours, les préfets, pour "protéger nos villes", pourront "interdire" certains rassemblements, a annoncé le président.

    Emmanuel Macron a appelé les partis politiques mais aussi les organisations professionnelles et syndicales "à condamner sans ambiguïté" les violences et a insisté sur la proximité de la présidentielle, dans six mois exactement.

    Favorite de la présidentielle 2027, Marine Le Pen (RN, extrême droite) a dénoncé une "crise profonde" qui fait peser une "menace pour la démocratie", dans une vidéo au ton très solennel postée sur ses réseaux sociaux.

    Accusé par le gouvernement et ses adversaires d’attiser les violences, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, lui aussi candidat à cette élection, a appelé Emmanuel Macron à mettre fin au "pourrissement" et à donner une réponse à la jeunesse.

    2 397 interpellations et des blessés

    Ces violences ont donné lieu à 2 397 interpellations. 997 policiers et gendarmes ont été blessés dont sept grièvement, selon le ministère de l’Intérieur. Côté manifestants, si aucun décompte officiel n’a encore été diffusé, un jeune manifestant a notamment eu la main droite arrachée par une grenade lacrymogène ou de désencerclement lancée par les forces de l’ordre, un incident sur lequel l’IGPN a ouvert une enquête.

    Aucune annonce concernant ces revendications (lutte contre la vie chère, défense des services publics, etc.) n’a été faite pour l’instant par le chef de l’État. Mais le Premier ministre réunira prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires, a-t-il dit.

    Épicentre de la mobilisation parisienne et des heurts de samedi, la place de la République a de nouveau été le théâtre d’affrontements dimanche après-midi avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Des magasins ont en outre été pillés dans le quartier, où la CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée pour le deuxième jour d’affilée.

    Habituée des grandes mobilisations, la France a déjà connu des épisodes de violences avec les "gilets jaunes" en 2018-2019 ou les manifestations contre la réforme des retraites en 2023 Mais la journée de samedi marque, selon certains observateurs, un point de bascule.

    "Risque pour la Nation"

    À Paris, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a déploré son maire socialiste Emmanuel Grégoire. Celui de Limoges, Guillaume Guérin (LR, droite), a accusé l’État d’avoir "abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages". Le maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), avait dès samedi "demandé des comptes" pour comprendre comment "des gens ont pu impunément casser".

    Une commission d’enquête parlementaire sur les violences va être mise en place pour examiner la stratégie de maintien de l’ordre. En attendant, l’Association des maires de France (AMF) a appelé à des rassemblements lundi devant les mairies pour alarmer d’un "vrai risque pour toute la Nation".

    La crise française n’est pas passée inaperçue à l’étranger. "La France brûle", a écrit le président américain Donald Trump, estimant que ce pays était "brisé" par l’immigration. Cette journée constituera "sans doute une césure", selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung choqué par le niveau de violences à l’unisson du reste de la presse étrangère.

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